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David Bowie - "Aladdin Sane"

David Bowie - "Aladdin Sane"
chronique David Bowie - Aladdin Sane
8,5/10 0

écouter "Cracked Actor"


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CD album CD album (40:47)

 

Style musical : 

Cabaret Rock Glam

 

Année : 

1973

 

Tracklist :

1. Watch That Man 4:25
2. Aladdin Sane (1913-1938-197?) 5:06
3. Drive-In Saturday 4:29
4. Panic in Detroit 4:25
5. Cracked Actor 2:56
6. Time 5:09
7. The Prettiest Star 3:26
8. Let's Spend the Night Together (Jagger, Richards) 3:03
9. The Jean Genie 4:02
10. Lady Grinning Soul

 

Label : 

RCA Records

 

Lieu d'enregistrement : 

Londres et Nashville
Dans le même style :
Obszön Geschöpf - The Vault of Nightmares

Quoi qu’on en dise et qu’on puisse entendre, Ziggy Stardust (The Rise And Fall Of Ziggy Stardust and The Spiders From Mars plus exactement) est l’album le plus souvent cité comme référence. Il serait bien dommage de ne pas en évoquer bien d’autres, car, plusieurs d’entre eux se révèlent bien plus intéressants. Alors si, certes, Ziggy est un album – faux concept – blindé de tubes, il n’en garde pas moins un petit côté « Elton John » avec la majorité des morceaux composés, à la base, au piano. Peut-être seul "Moonage Daydream" fera exception dans le lot, bien rock, au solo écorché par un chouette solo de Mick Ronson (RIP, une grosse perte…). On pourra même dire que cet album dans la discographie de l’anglais fait miroir au Transformer du Lou Reed, lui aussi un patchwork de tubes, auquel, aux côtés de Ronson, il a grandement participé et sorti la même année.

 

Ce qui était plutôt fort, et qui peut paraître aujourd’hui - mais moins qu’hier -  incroyable, c’est que son succès il se l’est fait à bout de bras, de musique (normal vous me direz), d’intelligence, mais aussi et donc, de paillettes mensongères. Merci l’équipe technique, les imprésarios, le manager Tony De Fries... Étant donné le résultat, le produit David Bowie, on pourra dire que tous ces gars étaient bien malins. Après, je ne sais pas qui était le plus malin de tous, ne sachant pas qui de Bowie, l'homme, ou de son manager d’époque a véritablement « gagné » le procès qui les opposait. Un procès de droits assez classique vous me direz, tous les groupes ayant officiés dans les 70’s, et dont on connaît les noms, ayant dû passer par là. "Here comes success" chantera Iggy dans les mots et les bras de David sur Lust For Life.

 

Oui aujourd’hui on sait bien que Bowie est une « star ». On a tous entendu parler du bonhomme et de son Ziggy Stardust multi-présent dans les « best of 70’s », les « meilleurs albums 4ever », ou dans les nombreux « top rock » de Philippe Manœuvre et de ses copains. Mais, à l’époque, quand Internet et Facebook n’occupaient pas la place qu’ils occupent aujourd’hui - et que le chroniqueur fou Lester Bangs se battait bec et ongles et bouteille contre Bowie, et d’autres, mais beaucoup Bowie, bien qu’un peu moins que Lou Reed – les States d’Amérique avaient déjà leurs hymnes et leurs Dylans, leurs campagnes à carreaux et leurs Neil Young, etc, etc. Ils en avaient peanuts à carrer d’un gars comme Bowie. Alors, quand se pointe un gars, tendance holé holé, cheveux rouges, ne laissant planer aucun doute pour qui pourrait encore en avoir ( ?) quant à une possible sexualité entre hommes et body-body mouillés… là fallait quand même pas déconner. D’abord ils n’en n’avaient jamais entendu parlé du british, c’est loin quand même l’Angleterre, et ils avaient de quoi se mettre sous la dent, mais une fois arrivé sur le territoire, il allait en prendre pour son grade notre gaillard Bowie. M’enfin bon, les Stooges, les Pistols et bien d’autres sont passés par là, goûtant eux aussi au « don’t mess with texas » et des états du sud lors de concerts… Au final on considéra ça comme une réaction « normale » de leur part et l’on prendra en considération le fait que ces redneck ne soient pas restés insensibles à cet art et à cette musique ! Au passage cela nous donnera une incroyable pochette censurée de l’album The Man Who Sold The World (1970), d’un David Bowie allongé, en robe, cheveux longs, bouclés, sur un canapé type psychologue/canap’ à orgies du temps où la Grèce dominait l’Europe ( !), en train de jouer le monde aux carte, contre une pochette type « cartoon » avec un bonhomme à chapeau de cow-boy carabine sous l’épaule. Je rigole des américains, mais elle sera aussi censurée pour l’Europe… En plus on n’aura même pas le droit à une pochette aussi drôle et ridicule, juste une belle photo de Bowie en live…  Bref, cette longue tirade pour rien si ce n’est simplement dire qu’à part un peu au Royaume Uni, dans le reste du monde Bowie, en 72, n’était RIEN. Ou pas tant que ça. Ah ah ah… C’est bon, les commentaires ont été faits ? Merci, je reprends.

 

Tout compte fait, je ne vais pas m’allonger sur la partie mensonge, et le fait que le label ait cherché à duper le public, les médias et tous les américains, en 72, en communiquant, en réservant hôtels « deluxe », Cadillac, Champagne et bodyguards comme si Bowie était déjà une énorme star reconnue, alors que non (sacrebleu, les débuts de la com’ offensive avec réussite, chapeau bas messieurs dames), je préfère parler des bras et de la musique que j’évoquais premier paragraphe, deuxième ligne. De la réussite de David Bowie, et de l’album sujet de cet article. D’ailleurs avant de l’aborder, cet album, comme on entend parler de Bowie, de ses albums, par ci, par là, les années 80, "Let’s Dance", et patati et patata, pour ceux qui sont encore à me lire, je voudrais juste dire que, David Bowie, de 1970 à 1980, soit pendant 11 années, c’est : 1,22 albums sous son nom par an, plusieurs tournées, 2 maxis sous le pseudo d’Arnold Corn, 1 album avec les Stooges, 1 album avec Lou Reed, 2 albums et 1 tournée avec Iggy Pop, 1 album avec Mick Ronson, 1 album avec Mott The Hoople  et puis un super 2 titres avec la chanteuse écossaise Lulu dont il faudra qu’un jour je vous parle. Et puis sûrement d’autres collaborations/projets… Pas mal quand même. Si il a su s’entourer de bonnes personnes tout au long de ces années (Mick Ronson, Ken Scott, Tony Visconti, Brian Eno, Carlos Alomar, Earl Slick, notamment), il en a sûrement été de même concernant les produits stimulants de consommation courante. Du travail, des oreilles, un cerveau, et puis encore du travail pour cet homme éponge, ou homme vampire. Oui il s’abreuvait de tout ce qui l’entourait, jusqu’à, sûrement, piquer les - bonnes - idées des autres pour et se les réapproprier. Puis les déformer. Et nous manipuler.

 

Voilà, avec tout ça nous voilà donc en 1973 avec ce Aladdin Sane, un album qui reste trop injustement dans l’ombre de son prédécesseur Ziggy Stardust de 1972. À l’époque Ziggy veut conquérir le monde, et donc, les Etats-Unis. Problème, nous sommes un peu trop tôt dans le temps pour remplir des stades aux USA avec des poses et des paroles tendances « mariage pour tous » sur un album très Elton John (majoritairement composé au piano comme je le disais, même si un titre comme "Moonage Daydream" se rapproche davantage du hard rock que d’une ode à Lady Dy). Solution de Bowie : faire un « Ziggy goes to America » (oui j’ai piqué la formule quelque part) avec des chansons plus directes, un son plus agressif. Il choisie, ose, et réussi néanmoins à intégrer sur cet album des parties piano post-modernes-classieuses-entre genres comme nulles autres. Il est frontal, il ne l’est pas. Comme d’habitude, on croit qu’il est là mais il est en fait déjà ailleurs. L’album prendra ainsi davantage de puissance, de volume et je félicite Ken Scott à la prod’ sur l’original (ainsi que sur cette superbe réédition de 2003). Bowie s’est imprégné du son américain, parle des Etats Unis (chaque titre faisait référence à une ville américaine), et coup de génie, il a été récupérer dans un café-concert de New-York un pianiste jusqu’alors inconnu du grand public, Mike Garson. Son piano fera la différence sur trois des plus gros titres de l’album, "Lady Grinning Soul", le morceau éponyme et "Time", les posant d’emblée – et c’est aujourd’hui confirmé – comme des pièces maîtresses intemporelles. Sérieusement, avant de continuer la lecture, allez poser une oreille sur ces trois morceaux. Et puis écoutez-les au casque ou/et à fort volume pour profiter de ce son, cette basse, cette ambiance, cette production… goûtez à la magie. En gros, Aladdin Sane c’est David Bowie et les Spiders From Mars, à la fois plus burné et encore plus schizo.

Le seul bémol sera peut-être le titre "The Prettiest Star" un peu gentillet par rapport au reste. Ce sera là, plus ou moins, le seul titre déjà composé avant la tournée Ziggy Stardust aux USA pendant laquelle les autres morceaux ont été écrits. "The Prettiest Star" ayant déjà été auparavant enregistré avec Marc Bolan (T.Rex) à la guitare.

 

Cette dualité rock direct / musique de cabaret (décadent ?) peut rendre l’album moins homogène que son prédécesseur, il rend compte de cette schizophrénie David Bowie / Ziggy Stardust, schizophrénie d’ailleurs déjà abordée par Bowie auparavant. Mais ici, définitivement, la méga-disto en intro de "Cracked Actor" écrase le piano de Ziggy et Aladdin trompe Ziggy avec des gens des bas fonds sur la mélodie d'une nouvelle ère. C’est bien avec cet album, accouplé à des « must » de ses précédents opus (jusqu’à une réinterprétation d’un morceau de Jacques Brel) qui permettra à ce nouvel homme – fort de 2 ans de tournée et de 167 concerts (j'ai compté, véridique) – de véritablement s’imposer au monde.

 

Dans tous les cas,  si la seule chose à retenir est que cet album est excellent et que tout le reste n’est, peut-être, que mensonges, il est une chouette porte d’entrée pour qui souhaite aborder la discographie de Bowie. Le superbe live de 1973 (mais sorti seulement en 1983) résume très bien cette période. Je vous le conseille aussi donc vivement.

 

 

PS : L’écriture de l’album aurait été consécutive/inspirée/accompagnée de la lecture du livre Vile Bodies de Evelyn Waugh.

P.P.S : Le titre "Lady Grinning Soul" aurait été écrit en hommage à Claudia Lennear, chanteuse soul américaine qui a collaboré avec Ike & Tina Turner, et de qui parlerait le "Brown Sugar" des Stones

P.P.P.S : Je vous conseille les écrits de Jérôme Soligny sur Bowie.

P.P.P.P.S : Je dis ça, je dis rien, « I had so many dreams, I had so many breakthroughs », "Time".

P.P.P.P.P.S : Je ne sais toujours pas si le titre "The Jean Genie" a un lien avec Jean Genet ou Iggy Pop.

photo de R.Savary
le 12/12/2015

Commentaires

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 12/12/2015 à 16:28:43

C'est pas le dimanche, les vieux trucs ?

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 12/12/2015 à 19:35:33

y'a une note à cet effet dans les news, mon Cromie ^^

pidji

pidji le 12/12/2015 à 23:01:09

yep, d'une pierre 2 coups ce week-end ;)

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 13/12/2015 à 10:05:29

Vous croyez tout de même pas que je vais lire une chro sur Bowie ? Vous êtes des fous vous.

pidji

pidji le 13/12/2015 à 10:55:05

Ahah et pourquoi pas ? :P

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 13/12/2015 à 11:27:56

homme-éponge ET homme-vampire. Toujours vu et attendu, Bowie a le chic pour surfer sur les flots tendances plus que d'apposer une patte et une modernité.
Belle chronique intéressante

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 13/12/2015 à 13:30:27

Chief : le seul truc que j'aimais de Bowie, il y a quelques années, c'était sa femme.

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