Un split réunissant
Envy et
Jesu, c’est plutôt alléchant, ne trouvez-vous pas ? Généralement avec les splits on s’attend à entendre des morceaux de secondes zones, des titres pas assez bons pour figurer sur les albums, alors récupérés pour l’occasion. Mais ce n’est pas toujours le cas, en tout cas en ce qui concerne
Envy. Car avec eux je me méfie, ces japonais ont sortis de véritables petits bijoux, comme par exemple le titre "
A Chacun De Tes Pas" présent sur le split avec
Iscariote, ou le morceau "
A Far-Off Reason" qui figure quant à lui sur le split réunissant
Envy,
Yaphet Kotto &
This Machine Kills (tous 2 présents notamment sur la compilation "
Compiled Fragments 1997-2003"). Quant à
Jesu je pourrai être tout aussi enthousiaste. Ces derniers temps Justin Broadrick, prolifique à souhait, nous a servit des titres de plutôt bonnes factures, et ce avec une constance fort salutaire. Et en parlant de split, le très récent disque partagé avec
Eluvium est fort bien réussi lui-aussi.
Ce split anglo-japonais bénéficie d'une distribution par
Daymare pour le Japon et
HydraHead pour les US. Donc sur le papier, il y a plutôt de quoi se réjouir, surtout sachant que le tout a été emballé par sir Aaron Turner, qui certes ne fait pas que des visuels exceptionnels, mais il fallait tout de même le signaler.
On lance l’écoute et on s’évade sur les nappes brumeuse de
Jesu avec cette petite rythmique qui frétille au loin… ha, soudain ça parle japonais, aurait-on droit à un featuring de Tetsuya, l’hurleur d’
Envy ? Nan nan, c’est pire que ça, ce premier morceau n’est pas de
Jesu, mais bel et bien d’
Envy. C’est pas moche en soit, mais que cherchent-ils à nous démontrer ? Que eux aussi savent manier les machines comme Justin Broadrick ? Qu’ils savent aussi faire dans la guimauve ? Oui, c’est peut-être vrai… à notre grand regret. On fini le morceau avec des violons, ça sent un peu l’eau de rose tout ça… premier essai raté, on passe à la suivante: on retombe directe dans la mollesse d’"
Insomniac Doze", là ça me séduit largement moins. C’est mignon tout plein, tout le monde est gentil (et ce durant 5 min quand-même), puis c’est l’explosion à peine prévisible, comme pour dire "
hahaha oui nous sommes toujours là ! ". Mais non, ça fait un moment que vous n'êtes plus là. Pas mauvais en soit, mais pas franchement indispensable, et ça reste malgré tout le meilleur morceau des 3 titres proposés ici par les japonais. Hé oui, le dernier titre ne viendra pas rehausser le niveau : c’est charmant, mais loin d’être captivant. Je ne me ferai pas un album entier à ce rythme. Dommage.
Même si l’ep "
Abyssal" qui suivait "
Insomniac Doze" n’était pas franchement plus fougueux, il avait au moins le mérite d’être un tantinet passionné, voir touchant. Là
Envy se trouve dans la même situation, le cul entre 2 chaises, mais a bien plus de peine à s’en démettre. "
Abyssal" à côté est une perle. Le seul point réellement positif est la voix de Tetsuya Fukagawa mixée comme elle aurait du l’être depuis bien longtemps, c'est-à-dire un peu plus proche de ses compères et de leurs instruments. Il était temps, car ça devenait franchement excessif et insupportable.
Envy ont perdu quelque chose entre "
Dead Sinking Story" et "
Insomniac Dose", et le cherchent en vain, en nous traînant avec. Mais nous on a mieux à faire…
On change de registre et on passe à
Jesu (pour de vrai cette fois). Un premier titre, 14 minutes (ça ne surprendra personne), et c’est plutôt réussi. Ça défile gentiment, en toute innocence, et nous on se laisse embarquer dans le flot de ces nappes longilignes. Pas de quoi regretter le voyage. Et pas grand-chose à dire de plus d’ailleurs, sa musique se suffit à elle-même. Le 2ème titre, "
The Stars That Hang Above You", déboule à tâtons, et peine à trouver ses marques. Je passe un peu à côté du morceau, ou c’est lui qui me passe à côté, j’en sais rien, mais soudain il me happe à mi-course et me montre ce qu’il a dans le bide. Et là le morceau prend une toute autre ampleur. Le petit coquin voulait nous faire patienter, mais il savait exactement où il voulait nous emmener…
…à l’inverse d’
Envy.
mat(taw) le 08/08/2008 à 10:17:29
ok, sam tu confirmes mes craintes depuis Insomniac Doze: Envy devient un groupe de post-rock mielleux.... dommage.