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Hangman's Chair - "A lament for... (the addicts)"

Hangman's Chair - "A lament for... (the addicts)"
chronique Hangman's Chair - A lament for... (the addicts)
9/10 0
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CD album CD album (47:22)

 

Style musical : 

Southern Doom

 

Année : 

2006

 

Tracklist :

1 - Sad but drunk
2 - Dancing under the noose
3 - Neurotic disorder (part 1)
4 - No rest i've found
5 - Deep in the bottle
6 - Neurotic disorder (part 2)
7 - I am proud to destroy myself
8 - The snow is back in town
9 - White fits me well

 

Label : 

Bones brigade records

 

Lieu d'enregistrement : 

Studio Sainte Marthe
Dans le même style :
Hangman's chair - Leaving paris

En recevant ce disque, je ne m'attendais pas à la claque qu'il allait m'apporter. Cela fait bien 4 ans maintenant, mais il tourne encore régulièrement dans mon mange disque. Il s'agit là du projet succédant au split d'Es la Guerilla, du sludge stoner Français, qui déjà pouvait se targuer d'une musique franchement réussie. C'est juste que Hangman's Chair s'est paré d'une voix magnifique, et qu'il s'inspire plus profondément d'un rock sudiste sans complexe, ce qui leur a permis de donner de la personnalité à leur musique comme rarement le genre Stoner Doom n'a pu en voir autant. Il s'agit d'une musique aux racines américaines, certes, mais pourtant elle sonne très urbaine, très Parisienne précisément.

 

Car on pourrait parler de Down, histoire de vous donner une vague idée du registre metal sudiste du groupe, de cette voix atypique de Phil Anselmo, mais s'il vous plaît ne mélangeons pas les serviettes avec les serviettes de luxe. Rien ne laisserait penser qu'un gars qui s'apelle Keo puisse débouler sur scène et imposer une voix aussi puissante sans que cela ne paraîsse superficiel. Pour être plus précis, il faut remonter aux riffs de Lynyrd Skynyrd, moins metal, plus rock, et de là viendrait la référence de Hangman's Chair. De là, on peut citer Corrosion of conformity, Crowbar, mais attention ! Nos frenchies n'ont absolument rien à envier à ceux du bayou, tenez vous le pour dit.

 

Rendez-vous au siècle industriel, dans les tréfonds d'une cité ouvrière, à une époque où l'exploitation de l'homme était telle que son imagination n'allait même plus jusqu'à l'espoir. Où aller ? Dans une autre cité ouvrière pour se ruiner les reins ? A quoi bon... Une seule chose à l'époque avait pu maintenir tant bien que mal en vie cette sous humanité écrasée par la fatalité d'un destin merdique : la drogue.

 

La drogue. Pas celle qui vous fait exprérimenter des choses psychédéliques, pas celle qui vous fait découvrir un nouveau sens de la réalité. Non, la drogue sale, n'importe laquelle, pourvu que tu puisses tomber dans un coma et ne plus rien sentir. C'est la drogue de l'échappatoire, celle que tu cherches si avidement que tu en deviens une bête sauvage. L'alcool frelaté, l'opium, les pillules du bonheur, tout est bon pour y passer. C'est dans les bas fonds de ces rues que certains laissés pour compte pillaient les autres afin de subsister à leur sevrage. Quand ils arrivaient à trouver suffisamment d'argent, ils allaient se terrer au fond d'un bar pour se finir avec la première drogue qui leur passait sous le nez, et là commençait la seule partie à peu près acceptable de leur misérable vie. Où aller ? Au fond de la bouteille.

 

Triste, mais saoul. Bonheur insolent devant la ruine. Il ne s'agit pas là d'une complainte mélancolique, pas plus qu'un manifeste politique contre la misère sociale. Hangman's chair, c'est simplement l'image de cette réalité noire, de ce désespoir extrême tout en gardant ce côté "festif" de l'exutoire, même s'il n'est pas moins brutal. En somme, c'est exactement à l'image du blues, cette musique où l'on raconte ses malheurs sans pour autant pleurer sur sa guitare, car la vie est bien trop dure pour qu'on puisse se permettre l'appitoiement sur soi-même. Et si parfois on se laisse aller à une douce mélopée rêveuse comme "The snow is back in town", ce n'est pas sans rapeller à chaque seconde que rien ne va plus pour le pauvre bonhomme. Tout au long de l'album, on oscille entre cuites et overdoses, du "Neurotic disorder", qu'on retrouve en deux parties. Il ne s'agit pas d'accompagner la misère durant une simple soirée et de l'oublier comme un mauvais souvenir, A lament for... se vit au quotidien, un quotidien délabré et dégeulasse comme du cambouis.

 

Ce disque nous emmène dans une relation très complexe entre la faiblesse, l'addiction, la tristesse et la rage. La musique qui en ressort est d'une touchante simplicité qui tiendrait du Cajun de louisianne. Les riffs font penser à du Alice in Chains mais en plus lent, la voix aussi tient du même groupe, tout en donnant une profondeur nouvelle au sens du mot "blues". Le tout est tellement brut de pomme, et si finement ciselé à la fois, que c'en est bluffant. La prise de son est live, le batteur est bourré, et pourtant il n'en renverse pas une goutte. Hangman's Chair est composé de musiciens hors pair, cela va de soi, même si le studio Sainte Marthe a su lui aussi participer en faisant des merveilles, rendant ce son de guitare à la fois abrasif et purement rock, un véritable travail d'orfèvre.

 

La fin de l'album nous laisse là, complètement dévastés après l'entrée en coma éthylique éternel de "White fits me well". A lament for... frappe un grand coup dans les genoux de ceux qui se contentent d'une grosse production et de musiciens de session super balèzes. Ce disque respire la mauvaise absinthe, la fumée d'opium, et laisse un creux à l'estomac de par son atmosphère malsaine.

 

 

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photo de Carcinos
le 17/02/2011

Note des commentateurs : 6/10 (sur 1 votes)

Commentaires

sepulturastaman

Sa note : 6/10

sepulturastaman le 17/02/2011 à 19:06:40

IP : 80.119.112.192

J'accroche beaucoup moins que les deux autres, pour moi il est trop simple pas assez sophistiqué. Je pense qu'il est trop directe je ne sens pas l'ambiance que tu retranscris. Et définitivement je préfère le chanteur actuel à Keo.

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