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Himinbjorg - "Wyrd"

Himinbjorg - "Wyrd"
chronique Himinbjorg - Wyrd
8,75/10 0

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CD album CD album

 

Style musical : 

Pagan Black Metal

 

Année : 

2015

 

Tracklist :

1. Intro - Call to the Being -
2. The Sword of Dignity
3. The world of men without virtue - The Circle of Disillusion -
4. The Circle of Warriors
5. Initiation
6. The Mirror of Suffering - The Circle of Ghosts-
7. The Shamanic Whisper
8. Another Shore
9. The Eternal Light

 

Label : 

European Tribes / Vegvisir

 

Lieu d'enregistrement : 

WSL Studio

groupe Himinbjorg
Himinbjorg

Chroniques :

Wyrd (2015)
Dans le même style :
Kampfar - Djevelmakt

Double chronique pour cet album, signées Crom-cruach et Margoth !

 

 

La chronique de Crom-Cruach :

 

Cinq ans que les Savoyards de Himinbjorg (patronyme signifiant « Montagne du ciel « et nom de la cabane de Heimdall, le gardien pas drôle de Bifröst) n'avaient pas fait sonner nos esgourdes.

Et là, la vache euh la Audhumla !

Quel retour.

Que de changements depuis Chants d'hier, Chants de Guerre, Chants de La Terre !

Bon, les Chambériens n'ont jamais été des des rigolos mais derrière la pochette féerique de Wyrd se cache un méchant monstre. Mortecouille !

 

En effet, Himinbjorg a laissé une partie de sa mélancolie au placard et les textes un poil cryptico – bouffeurs de champottes, en français, qui faisaient sa spécificité mais amenuisaient quelque peu la puissance de sa musique.

Le son de la plaque nous claque le casque d'entrée, après l'intro incantatoire/nature et découverte de rigueur. Faisant la part belle à un chant black toujours très reconnaissable et à une section rythmique belliqueuse, la prod de Wyrd (ou Örlog, le destin chez les Vikings, associé à la Norne du passé), apparente l'album à une charge d'aurochs malpensifs.

Les riffs rapides et agressifs, omniprésents sur le début de la plaque, participent également grandement à la force des compos.

L'aspect folk et contemplatif n'est pourtant pas remisé dans les buissons comme sur "The World Of Men Without Virtue - The Circle Of Disillusion" (avec son message de tolérance) et "Initiation". Okay, le clavier prend la place des instruments anciens mais pour un peu, on croirait vraiment à l'utilisation d'une bombarde et autre boha. Mais quel sottard je fais, car GastonBaptiste Labenne (Boisson Divine) est bien en charge de l'aspect trad pour de vrai. Christophe Morvan (Try Yann et... Soldat Louis) y ajoute même sa contrib.

 

Les païens ne sacrifient ainsi pas tout sur l'autel sanglant du raid guerrier, en témoigne le break ambiancé et sinistre de "The Mirror Of Suffering - The Circle Of Ghosts" et une bonne moitié de "The Shamanic Whisper". L'utilisation judicieux de chœurs ("The Circle Of Warriors") rajoute aussi une couche évocatrice.

Après tous ces châtiments, "Another Shore" apparaît, alors, presque anachronique. Qu'importe,"The Eternal Light", aux forts relents heavys et Bathoryens conclue le skeud avec brio.

J'ai eu du mal à éviter le quasi track by track pour parler de Wyd tellement chaque titre recèle son identité propre, d'une cohérence parfaite avec l'ensemble, loin du style de coquebert propre à certaines bandes de maroufles.

 

De bon roncin, Himinbjorg s'est ainsi mué en maître étalon, à huit pattes, forcément.

 

Sa note : 9/10

 

 

La chronique de Margoth :

 

 

Quelle ne fut pas ma surprise de voir un beau soir le nom Himinbjorg apparaître dans les nouvelles parutions Bandcamp. Parce que je ne cacherai pas que ce groupe savoyard m'aura fait passé de bons via Europa, leur cinquième album sorti en 2005. Une époque où j'étais bien jeune, bien naïve et surtout d'une culture metallique bien limitée tant ces temps marquaient mes premiers plongeons dans la marmite. Ce qui explique que c'est en partie avec cette galette – avec d'autres, j'avais beau être pauvre et inculte, je n'étais pas monomaniaque pour autant – que j'ai découvert ce que pouvait être le pagan metal. Et de cet Europa, ses rainures conservent encore en elles de vifs souvenirs qui m'auront marqué ces esgourdes. Au hasard, je citerais ces intermèdes minimalistes où les mecs arrivaient à sortir des ambiances que je n'aurais jamais cru possible à faire avec le simple combo gratte/pédale d'effets. En même temps, des rugissements plaintifs de loups dans l'introduction d'un disque, ça plante quand même le décor d'emblée. Et puis ce refrain imparable de « It Was In Europe »... Bref, Europa avait beau me laisser de bien beaux souvenirs, j'ai pourtant perdu le combo de vue, pensant honnêtement qu'il avait coulé en même temps que le label qui se chargeait de lui à l'époque, Adipocere Records.

 

Et pourtant, Himinbjorg a toujours été présent, ayant sorti en 2010 un nouveau jet pourvu d'un nom à rallonge, Chant D'Hier, Chants de Guerre, Chants De La Terre... , cinq longues années de battement qui auront largement suffi à ce que je perde les Savoyards de vue et passe complètement à côté de ladite sortie. Mais à défaut de flagellation pour me punir de cette bévue, je reprends le train en marche aujourd'hui avec Wyrd, leur tout nouveau méfait sorti il n'y a pas si longtemps que ça.

 

Et dix ans plus tard, il serait vraiment de mauvaise foi de dire qu'Himinbjorg a perdu de son talent. Bien au contraire, il réussit à faire évoluer sa formule tout en ne perdant pas de vue ses racines. La première chose sautant aux oreilles reste sans nul doute un véritable effort dans la production, projetant ainsi le combo au-delà de l'underground. Et qui permet de mettre en valeur ces tendances folkloriques déployées çà et là au travers de leur musique. Une évolution qui, ne se le cachons pas, peut prêter à controverse : ce n'est pas parce qu'on apprécie le mouvement pagan black metal qu'on apprécie forcément le folk. Et je dois bien admettre n'être pas une grande dévouée à ce dernier style tant l'explosion qu'il a connu ces dernières années a fini par me lasser... Pire, certains combos majeurs me cassent carrément les cacahuètes alors que je n'avais aucun problèmes contre eux avant toute cette hype surfaite.

 

Et d'un côté, je pourrais jouer les vieilles nostalgiques et conservatrices en admettant que je préférais la modestie faussement simpliste et minimaliste d'antan – car même sans usage excessif de clavier ou autres instruments plus ou moins exotiques, leur propos était plus riche qu'il n'y paraissait lorsqu'on prenait la peine d'entendre plus loin que le bout de nos tympans – et c'est assurément le cas mais je ne cacherai pas que la formule 2015 est aussi valable qu'efficace. Car ils ne se sont pas décidés à muter en faisant fi du passé. Au contraire, on retrouve encore toutes les bases et l'authenticité qui ont fait leur identité : dualité entre chant black et chant clair aux consonances très druidiques, ainsi qu'une volonté de jouer sur les atmosphères et contrastes... Le tout dépeignant avec un regard d'une mélancolie certaine des paysages d'un temps révolu où les Hommes saccagés trouvent une étrange beauté via tous les arguments laissés par une Dame Nature à ces moments où les deux parties vivaient encore en harmonie. Voilà un peu où se trouvent les bases d'Himinbjorg : dépeindre en musique l'étendue des conséquences et non des actes eux-mêmes. Et il faut admettre que la production actuelle, plus claire, plus soignée et moins brouillonne apporte davantage de relief à toutes ces toiles.

 

De toute cette identité d'Himinbjorg viennent s'ajouter dans Wyrd des teintes folks suivant la personnalité du groupe avec beaucoup de cohérence. Christophe Morvan (Soldat Louis, Tri Yann) et Baptiste Labenne (Boisson Divine), invités de luxe en charge des instruments traditionnels restent à leur place en apportant une nouvelle dimension sonnant comme une sorte de communication d'Homme à la nature. Point de décadence héroïque en carton-pâte comme on en voit tant dans le folk/viking/pirate metal ici, le tout s'intègre comme un gant dans une volonté d'authenticité de vieilles valeurs celtiques. On pensera d'ailleurs beaucoup à Aes Dana dans cette volonté d'utiliser les instruments traditionnels comme une couleur supplémentaire à la palette d'atmosphères et non comme un élément central et prédominant.

 

Avec Wyrd, Himinbjorg nous prouve que son insolent talent est encore d'actualité. Cela fait des années qu'il développe son registre et cette nouvelle cuvée nous montre un groupe à l'aise dans ses baskets avec une identité affirmée quand bien même on sait pertinemment que des Primordial ou encore des Falkenbach doivent avoir des places de choix dans leurs influences . Et les Savoyards maîtrisent leurs bases qu'ils se payent même le luxe d'ajouter de nouvelles teintes à leur propos sans que celui n'altère leurs racines. Mieux encore, elles sont tellement équilibrées dans leur présence et intensité qu'elles s'intègrent parfaitement sans dénaturer l'ensemble. Après, il ne tient qu'aux goûts personnels de chacun de déterminer si la configuration plus minimaliste du passé était mieux bien entendu mais Wyrd confirme une fois encore qu'Himinbjorg, à l'instar d'un Belenos et ce, malgré les sorties espacées entre chaque offrande, reste une valeur sûre du paysage pagan black metal français.

 

Sa note : 8,5/10

 

 

Soit une note finale de : 8,75/10 !

 

photo de Crom-Cruach
le 26/03/2015

Commentaires

cglaume

cglaume le 26/03/2015 à 09:30:39

Non mais il n'arrête pas de chroniquer à 4 mains ces derniers temps le Cromy !

pidji

pidji le 26/03/2015 à 10:13:52

Haha !
J'aurai pu attendre pour la mettre en ligne mais j'ai fais ça pour être en lien avec mon émission de radio de ce soir ^^

Margoth

Margoth le 26/03/2015 à 10:33:53

IP : 93.22.163.50

Eh bien, au final, on arrive à trouver un sujet où s'accorder mon cher Crom ;)

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 26/03/2015 à 12:39:08

Profitons-en car ça dure pas longtemps en général, avec moi. :)

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 26/03/2015 à 19:33:13

Lire le nom de Soldat Louis en 2015 sur un zine de musiques bruyantes o0'
(+ 1 pour Margoth)

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