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Kids Eat Crayons - "Kids Eat Crayons is for Lovers"

Kids Eat Crayons - "Kids Eat Crayons is for Lovers"
chronique Kids Eat Crayons - Kids Eat Crayons is for Lovers
6/10 0

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mp3 mp3 (54:24)

 

Style musical : 

Nawak jazz metal

 

Année : 

2007

 

Tracklist :

01. Eat it or Wear It
02. Masturbation Day Parade
03. Dull
04. The Dying at Home Song
05. Fish Don't Swim
06. Best Friend Clio
07. You Are All Dead to Me
08. The Shape of the Sound
09. Boil My Bones
10. Conversations With a Firstling
11. Sleep, Can, Apple (An Ovary)
12. Truck Date

 

Label : 

Autoproduction
Dans le même style :
Panzerballett - Breaking Brain

« ... c'est comme j'vous dis ma bonne dame: tout change, rien n’est p’us comme avant. Ah ça, à mon époque au moins, on savait s’amuser: au fond de la classe, ça ricanait dur, et ça sniffait de la colle Cléopatra, oui Madame! Alors que maintenant, avec les femmes à barbe qui gagnent l’Eurovision, leurs drones et la bombe à Tom Hic, ça devient n’importe quoi. Et avec c'te crise économique tiens: les mômes en sont réduits à manger des crayons! Si si: je l’ai lu dans CoreAndCo. Même que le phénomène commencerait à sévir sérieusement au Canada! »

 

Mais non M’ame Ginette: Kids Eat Crayons c’est rien d’autre qu’un groupe de Nawak jazz metal sévissant dans les environs de Montréal, pas une nouvelle tendance à la noix genre « Binge Drinking ».

 

Et avec ces drôles de zazous, ce sont les fans de galipettes expérimentalo-barrées pleines de saxo et de piano foldingos qui vont être aux anges. Car les Kids Eat Crayons sont des rejetons de Zorn qui seraient restés bloqués sur les moments les moins digestes de Disco Volante (de Mr Bungle, hé, ignare!), mais qui manœuvreraient de manière à ne pas s’interdire de pouvoir jouer un jour au Caveau de la Huchette. C’est que sur Kids Eat Crayons Is For Lovers, on en passe de longues minutes à écouter de douces berceuses (« The Dying At Home Song », ZZZZZZZZ…), ainsi que des palanquées de soli – jamais très loin de la pure impro, qu’on dirait – exécutés par les 2 saxophonistes de service, ainsi que par le pianiste. Plus sympa déjà, le groupe aime également se la jouer Broadway’s Badaboum Big Band avec crooner de série, ce genre de passages évoquant, outre les frasques de Mike Patton, les méfaits de Capillary Action.

 

Bon, t’avais pas évoqué du « metal » aussi?

 

Don’t worry, be happy: la guitare d’Angelo n’est jamais bien loin. Sauf que – merde, on est déjà dans le paragraphe « sauf que »? – celle-ci est malheureusement mixée bien trop en arrière, à tel point que lors de certains soli, on entend bien plus la section rythmique que les cordes électriques censées être à l’honneur (tiens, par exemple sur « Conversations With a Firstling », vers 3:40). Hé les gars, ‘faut pas en avoir honte de Mme Guitare, hein! Quand on farfouille sur le net et qu’on tombe sur la liste des références revendiquées par le groupe, ‘de dieu, on se dit que ça va meuler sévère. Jugez plutôt: Total Fucking Destruction, Gorgasm, Cannibal Corpse, The Locust… Bon là évidemment, vous n'avez qu'un extrait hyper sélectif de la liste en question. M’enfin s’il est vrai que de temps à autre le ton se durcit et que J.Phil abandonne ses crooneries et ses nawakeries toonesques pour du pseudo-growl (comme sur le très sympa « Best Friend Clio », après le gros  passage de scat), ça ne vous retourne jamais non plus le slip par-dessus les sourcils. Limite publicité mensongère moi j’dis…

 

Donc entre légèreté lounge-jazz anesthésiante, expérimentations poil-à-gratter et parties metal étouffées, on a un peu du mal à se laisser pleinement aller à de gros éclats d’un enthousiasme débridé. Heureusement la touche nawak Bunglienne est ici très marquée (on pense également pas mal aux Vladimir Bozar), et certains titres tirent assez bien leur épingle du jeu. Comme le « Best Friend Clio » précédemment évoqué, entre piano enjoué, tooneries Pattonniennes et accès metal relativement poilus. « Masturbation Day Parade » est également une bonne pioche, tout comme « TruckDate », morceau plus « fusion » au sens où on l’entend quand on parle de Fishbone. Mais le morceau le plus entraînant, le plus cohérent, le plus lumineux – et en définitive celui qui correspond le plus à la définition communément admise de ce qu’est une « chanson » – est encore « The Shape Of The Sound »… Mais pour le coup, il n’est pas franchement très métôôl.

 

C'est clair, Kids Eat Crayons Is For Lovers ne parlera pas à tout le monde. Y compris aux amants, 'faut pas croire tout ce qu'on vous raconte. D'ailleurs, malgré mon amour immodéré pour tout ce qui nawakise dans les coins, le groupe – trop jazzy, trop foutraque – n’aura pas réussi à me convaincre totalement. Le 2e album, Dogs at Play Among the Ruins, sorti en début d’année, aurait pu être celui de la conversion. Sauf que ce que j’ai pu en entendre sur Bandcamp semble indiquer que le groupe garde le même cap, celui des expérimentations qui font mal au crâne et du jazz pour festivaliers en vadrouille à Montreux. Donc, bouh le lâche, oui c'est vrai: je crois que je vais m’abstenir. Quant à vous, jetez quand même une oreille aux 4 morceaux cités un peu plus haut via le player situé à votre gauche. Qui sait: si ça se trouve, ça va faire Youpla! au niveau de vos oreilles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: fils de Zorn, cousin de Capillary Action, adorateur de Mr Bungle, Kids Eat Crayons fait salement de l’œil à l’amateur de nawak. Mais soyez prévenus: Kids Eat Crayons Is For Lovers est très jazz, et les divagations expérimentales qu’on y entend sont parfois très peu digestes. Un album sympa par intermittence, that’s all.

photo de Cglaume
le 01/06/2014

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