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Nine Million Witches - "9MW"
chronique Nine Million Witches - 9MW
8/10 0
 

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Maxi-cd / EP Maxi-cd / EP

 

Style musical : 

Stoner/heavy blues rock

 

Année : 

2014

 

Tracklist :

1. The Rascal Twist
2. Dazzle All Around
3. Brooklyn Jazz Orchestra
4. Last Century On Earth
5. Smoking Cigars In New Orleans

 

Label : 

Dirty motel records
Dans le même style :
The Hub - A sleepless night

Selon Elisabeth Kübler-Ross, arriver à surpasser un deuil se fait selon un cycle en cinq étapes : le choc/déni, la colère, le marchandage, la dépression et l'acceptation. Certes, voilà un schéma qui n'a jamais été prouvé de façon scientifique mais ce cycle théorique est tant diffusé qu'il est certainement préférable de l'admettre bêtement. Vous avez bien compris la leçon ? Bien, passons à l'application pratique maintenant.

 

« Last Bärons est mort. »

 

  • Étape 1 : « Quoi ? Non mais c'est vous rigolez là ? »
  • Étape 2 : « Pourquoi ? Non mais franchement, quels gros connards de gâcher ainsi un tel talent qu'ils ont prouvé le temps de deux excellents albums... »
  • Étape 3 : « Non mais sérieusement ? Vous êtes sûrs que cette annonce n'est pas tombé un 1er avril ? »
  • Étape 4 : « Snif, pourquoi m'ont-ils fait ça, moi qui m'étais toujours appliquée de prêcher leur bonne parole dans la mesure de mes modestes moyens ? Pourquoi continuer à m'investir pour la cause des jeunes pousses pour arriver à ce genre de remerciements à grands coups de crissements de plume – faisant aussi mal aux dents que des ongles contre le tableau de noir de notre sadique instituteur de cours primaire – contre le chêne poli et ciré d'un cercueil ? »
  • Étape 5 : « Bwarf, c'est comme ça, tant pis... Il y a bien d'autres groupes prometteurs sur cette Terre... Tiens, Nine Million Witches, c'est quoi ça ? »

 

Nine Million Witches, c'est un groupe normand de stoner/heavy blues rock mené de front par les frères Landeau. Normands paumés au find fond de la Manche profonde, Landeau, rock... Rock rutilant, Landeau, Normands... Hé mais c'est là que se planquent des vieilles têtes rescapées des défunts Last Bärons. Mais c'est qu'ils se sont bien gardés de faire de grands numéros de cabrioles à grands coups de saltos arrières ces petits canaillous pour que l'on coince le viseur de notre discover-gun dessus.

 

Espiègles par le fait que Damien (guitare/chant) et Ludovic (Batterie) – le poste de bassiste ayant été assuré en studio par Laurent Tostain, l'ex-bassiste de Last Barons venu jouer les dépanneurs – semblent avoir bien du mal à garder la cible fixe pour que l'on puisse gentiment les mettre en joue, il n'empêche que si l'on arrive à équiper l'arme d'une lunette de visée typée sniper, il y a fort à parier que Nine Million Witches arrive à rester une bonne fois pour toute dans le collimateur.

 

Parce que la carte de visite que nous livre le combo via l'EP 5 titres nommé le plus sobrement du monde 9MW s'avère être du lourd. L'héritage Last Barons s'avère omniprésent. On sent que Damien Landeau en était un des principaux compositeurs et prouve une fois de plus que les excellents Elephantyasis et Cheval De Troie n'étaient pas que des coups de bol insolents, que le savoir-faire était vraiment là. On retrouve donc dans 9MW ce même feeling chaleureux, à mi-chemin entre stoner Kyussien et grunge Soundgardenien que l'on aimait tant. Sans que l'on ne parte non plus vers l'hommage d'enterrement de mauvais goût caricatural. Car Nine Million Witches arrive à revoir sa recette et s'éloigner assez de ses racines pour que ce nouveau groupe s'octroie toute crédibilité. Et que nullement qu'on se dise ne serait-ce qu'un moment qu'il s'agit là d'un nouveau projet monté pour perpétuer Last Bärons sous un nouveau patronyme, histoire d'éviter les pinailleries internes et personnelles qui amèneraient les ex-membres sur le parquet juridique de la SACEM. Non, il faut voir en Nine Million Witches un vrai nouveau groupe qui arrive à faire la différence via une autre approche et de nouveaux éléments qui font clairement toute la différence. Les influences Faith No More sont clairement absentes ici au profit d'influences blues rock tirant parfois vers le boogie-woogie. La modernité de Last Bärons a donc été contrebalancée par l'exact opposé, procurant ainsi à 9MW une saveur old-school fort savoureuse car gorgée de feeling, preuve d'une musique livrée avec une sincérité palpable. La voix de Damien arrive également à éloigner Nine Million Witches de son précédent groupe, le faisant limite passer pour un adolescent par rapport à la voix grave et profonde de Julien Soler, l'ex-vocaliste des Derniers Barons. La voix de ce dernier qui aurait tendance à nous manquer à la première écoute, preuve que le cycle mis en place par notre chère Elisabeth n'est pas d'une vérité stricte. Par chance, petits relents de déni mal placés qui ont tôt fait de disparaître tant le bougre tient sa barre comme un maître, juste, touchant, en restant dans une simplicité toute modeste à l'image de la musique déployée le long de ces cinq titres. Car 9MW reste simple et efficace mais arrive à se pourvoir d'une identité fort marquée.

 

Pas besoin d'y aller par quatre chemins, ni de partir vers de longues descriptions imagées : Nine Million Witches, c'est de la bonne came qu'on attend maintenant de voir gravée avec une certaine fébrilité dans une galette long format. Cessez de lire et allez écouter, vous m'en direz des nouvelles. Et vous pourrez répéter en chœur avec moi le poing levé : « Last Barons est mort, vive Nine Million Witches ! ».

photo de Margoth
le 23/03/2015

Note des commentateurs : 7/10 (sur 1 votes)

Commentaires

toukene

Sa note : 7/10

toukene le 23/03/2015 à 14:16:07

Mais pourquoi donc ces trémas sur Last Barons ?
Un EP sympa, qui manque toutefois d'un peu de..."chaleur". (Et je ne détaillerai pas cet avis parfaitement personnel).

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 23/03/2015 à 18:15:47

Les trémas, ça fait cooooooool : tu n'as lu l'Evangile selon St Lemmy ??

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 23/03/2015 à 19:12:27

PAS, pas lu...

Margoth

Margoth le 23/03/2015 à 22:55:09

IP : 93.22.163.50

Pourquoi les trémas ? Peut-être parce que sur les pochettes de leurs deux albums, ces fameux trémas apparaissent. Et j'ai beau avoir pris dix grammes d'alcool dans le sang tout comme une loupe en étant sobre, je le vois très clairement. Par contre, ce que je vois et me choque tout autant dans cette chronique, c'est qu'ils ne soient pas toujours là (alors qu'il me semblait les avoir tous mis, même si je ne garantis rien)

pidji

pidji le 23/03/2015 à 22:58:00

En fait, c'est moi qui ait enlevé certains trémas pour que le lien se fasse avec le groupe enregistré ; mais je ne vois pas ces trémas sur les pochettes ? ^^

toukene

toukene le 24/03/2015 à 08:05:21

En effet il y en a...mais eux-mêmes ne les faisaient pas apparaître sur leurs différents docs dans mon souvenir (dossier de presse / bios etc.)
Enfin, en dehors de l'enregistrement sur le site, ça n'a pas une grande importance...

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