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Pestilence - "Obsideo"

Pestilence - "Obsideo"
chronique Pestilence - Obsideo
3/10 0
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CD album CD album (35:16)

 

Style musical : 

Death metal

 

Année : 

2013

 

Tracklist :

01. Obsideo
02. Soulrot
03. Transition
04. Necromorph
05. Laniatus
06. Distress
07. Superconcious
08. Aura Negative
09. Saturation
10. Displaced

 

Label : 

Candlelight Records
Dans le même style :
Withdrawn + Demented - Things change, other remains

Il y en a qui aiment tuer le père – si si, j’ai des noms. Du genre qui savourent ces moments où leur est donnée l’occasion de ch… de vider un trop plein de noirs sentiments sur ceux qui pourtant, jadis, leur apportaient repères, énergie et félicité musicale. Car il y a un sadique qui sommeille en nombre d’entre nous, et une déception un peu cuisante peut devenir l’occasion de réveiller celui-ci afin de transformer une ex-idole en cible d'une haine brulante. J’avoue que – mon petit cœur de lapin jaune ne m’y prédisposant pas vraiment – ce n’est pas trop mon cas. Et même s’il est toujours amusant, pour changer un peu, de puiser dans le réservoir des métaphores mordantes pour évoquer les travers de ces bouses discographiques que l’on croise parfois sur notre chemin, c’est néanmoins sans enthousiasme que je m’apprête à vous dire à quel point Obsidio est décevant – et dans la même foulée à inscrire ce 7e album de Pestilence tout en haut de mon « Top of the Flop 2013 »…

 

Bordel, il y a des reformations qui riment salement avec « déformation » quand même! Déjà que Resurrection Macabre et Doctrine avaient bien attaqué l’émail (pas "email": "émail"!) en faisant grincer nombre de dents, mais il faut croire que ça ne leur suffisait pas. Et les hollandais de profiter donc d’Obsidio pour balancer eux-mêmes les dernières pelletées de terre sur ce nouveau (…et ultime?) cercueil discographique…

 

En même temps, c'est vrai que l'intro d’« Obsideo » – mise en abyme s’il en est  annonce clairement la couleur. Respiration mécaniquement assistée, derniers battements d’un cœur hésitant, cette introduction semble annoncer plus ou moins consciemment  que l’on assiste là au dernier tour de piste des artistes. OK, à la limite pourquoi pas... N’empêche que ceux-ci auraient pu faire preuve de panache, voire manifester un dernier regain d’orgueil. Alors qu’en l’occurrence, on a plutôt l’impression ici que Patrick Mameli et ses boys souhaitent se suicider en s’étouffant dans leur vomi.

 

"M'enfin quand même", vous exclamerez-vous, "pourquoi diable des propos si uniformement négatifs? C’est vraiment si grave que ça Docteur? Ça pique à ce point?" Eh bien pour tout vous dire, oui: la coloration du bestiau – gris pâle –, l’homogène et morne platitude de ces 10 morceaux et l’inconfortable effet « un caillou dans la chaussure » à la fois désespèrent et agacent. Et Mr Mameli d’appliquer avec un systématisme borné une formule qui réussit à nous hérisser le poil aussi sûrement que la craie crissant sur le tableau noir non consentant. Mais détaillons plus avant ce sombre stratagème fanocide... 1) Le plan consiste tout d'abord à démarrer (presque) chaque morceau sur un riff répétitif en demi-teinte, avec éventuellement un brin de dissonance pouvant évoquer de loin la evil attitude d’un Morbid Angel fatigué. 2) Pour ne pas que la léthargie gagne trop vite son combat, on enchaîne avec un bon vieux déchaînement de blasts furieux (c’est bien là l’un des rares aspects qui ne déçoivent pas – merci à la comète David Haley from Psycropic / Blood Duster / The Amenta). 3) Puis arrivée des grunts arides – monocordes, mais de nouveaux potables – du Mameli en chef 4) Enfin rupture de la monotonie ambiante par un break sombrement pessimiste qui conduit à un plan visqueusement moshy  évoquant la démarche mal assurée du vieux pachyderme blindé de métastases. Pour bien s'assurer que personne ne réussisse à y trouver du plaisir, tout ceci est sciemment agencé de guingois selon des schémas peu avenants qui – quand l’heure n’est plus à s’abandonner à la furie de blasts bien furieux – misent sur l’attaque de biais. Là-dessus le groupe plaque des soli dissonants, déconnectés de la réalité du morceau à un point qui frise l’autisme. Au final on a un peu l’impression d’écouter une version death poisseuse et dépressive d’un Meshuggah qui aurait loupé la 1ere marche de l’ascension vers le succès…

 

"Bon, t’aurais pas quand même un peu de lest positif à mettre sur l’autre plateau de la balance, histoire que ça penche un peu moins violemment du côté de la grosse déception?" Eh bien hormis les quelques belles envolées blastantes de Mr Haley, on pourra évoquer l'utilisation, sur « Displaced » et « Transition », d'un synthé qui réveille plus ou moins les bons souvenirs de Spheres. Evoquons également « Soulrot », simple et relativement accrocheur, qui nous renvoie plutôt vers Consuming Impulse, ainsi que « Laniatus » – qui lui aussi ne se contente pas uniquement de nous brosser dans le sens inverse du poil, mais développe une certaine accroche et un groove un peu retors.

De bons points, il n'y en aura guère plus par contre, j'en ai peur…

 

C’est triste. S’il y a bien un jeu de mot foireux que je n’avais aucune envie de faire à la base – mais qui malheureusement s’impose de lui-même – c’est que malheureusement, pour Pestilence, ça pue de plus en plus… Snif.

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: apathique, revêche, poussif, tortueux… Bref: franchement peu ragoutant. Voilà les qualificatifs qui viennent à l’esprit suite aux écoutes répétées du 7e album de Pestilence... Comment a-t-on pu en arriver là? 

photo de Cglaume
le 03/01/2014

Note des commentateurs : 1/10 (sur 1 votes)

Commentaires

Cobra Commander

Sa note : 1/10

Cobra Commander le 03/01/2014 à 11:16:32

Lapin qui savate un groupe "tortueux"????
O_o
Hé bah dis donc!

Mais vu la bouse, c'est logique!

cglaume

cglaume le 03/01/2014 à 11:22:47

J'aime la barré, pas forcément le tortueux, ne pas confondre ! :)

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 03/01/2014 à 11:47:52

Commence par Freud et finir par Bigard : il est fort ce lapin.

cglaume

cglaume le 03/01/2014 à 12:14:04

Freud, c'était pas l'animateur de La Classe (avec Olivier Lejeune et Bézu, bande de jeunes !!) ?

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 03/01/2014 à 12:21:04

Tu confonds avec le copain de Jamy dans "C'est pas sorcier" peut-être ?

el gep

el gep le 03/01/2014 à 22:42:55

J'en ai rien à cirer du groupe mais tu écris bien mon lapin!

cglaume

cglaume le 04/01/2014 à 10:24:03

Ce webzine n'est qu'amour, caresses viriles, et endives braisées. Gouzilove à tous !!!!!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 04/01/2014 à 13:23:42

Ouais, ça manque de gonzesses tout ça.

sepulturastaman

sepulturastaman le 04/01/2014 à 14:12:29

Le manque de gonzesse est peut être à l'image du style : quand vous allez en concert vous compter combien de jeunes femmes qui viennent pour le plaisir de la musique ???

cglaume

cglaume le 04/01/2014 à 14:26:11

Au sein d'un public, il est assez dur de jauger quelle est la raison de la présence des gens. Même en leur mettant un doigt dans le fion. Et toi je suis sûr que tu n'accepterais pas ce genre de méthode (assez peu exacte, il est vrai)...

sepulturastaman

sepulturastaman le 04/01/2014 à 14:44:41

Le renouvellement de mon abonnement à God & Vaz'loche le journal de ta première... peut te guider vers une réponse.
Sincèrement quand une nana ou un mec reste accolé à "son" acolyte avec les yeux sans cesse en mouvement à la recherche "du putain qu'est-ce qui va encore m'arriver, ou au putain mais qu'est-ce que je fais là ???" y a pas besoin de s'appeler Fabien Hein pour ce rendre compte qu'il/elle ne vient pas principalement pour son plaisir musicale. Tu comprends ce que je veux dire ?

cglaume

cglaume le 04/01/2014 à 15:17:02

Yes. Tu devrais faire moins de concert de goregrind et plus de concert de nawak: tu verrais plein de jolies mademoiselles prendre leur pied sur la musique qu'elle écoute :)

sepulturastaman

sepulturastaman le 04/01/2014 à 15:19:15

Ni concert de goregrind, ni concert tout court.

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