SEPULTURA - Roots
Séquence émotion, séquence nostalgie, avec "Roots" j’évoque l’année 96 marquée par de bons gros hits : "The Great Southern Trenkill" (Pantera), "Undisputed Attitude" (Slayer), "October Rust" (Type O Negative), "Through Silver In Blood" (Neurosis), "Aenima" (Tool),... Il y a eu aussi pas mal de navets dont la troisième blague de Metallica ("Load"), ainsi que Cradle of filth qui nous cassait déjà les burnes. Et pourtant à cette époque nous avions l’impression que seulement 4 groupes existaient, tellement Metallica, Sepultura, Pantera et Slayer s’accaparaient les couvertures des magazines (plus nombreux et mieux représentés que de nos jours). C’est dans ce contexte que le groupe Brésilien sort ce qui sera leur dernier album avec le deuxième line-up (le meilleur diront certains) qui deviendra un classique, et avec le temps je me demande bien pourquoi ?
- Pour Max ! Poussant ses vocaux dans les derniers retranchements : son chant n'a jamais été aussi viril, bourru, éructé tel un vieil ours cherchant à effrayer son monde. Son timbre est rauque et chaud, même dans les passages les plus alternatifs et expérimentaux (remarquez dés que Max ne gueule plus cela devient vite "alternatif et expérimental", tellement nous avons l’habitude de l’entendre gueuler), biens aidés par Mike Patton et Jonathan Davis sur "Lookway", ou Carlinhos Brown sur "Ratamahatta", où Max fait preuve d'un excellent phrasé. En plus des différents invités faisant le côté exotique de l’album, nous retrouvons Andreas Kisser assurant de bien belle manière des rappels vocaux (mais moins puissant que ceux de Max).
- Pour la musique, c'est un peu moins vrai : Il y a beaucoup trop de morceaux, dont deux qui auraient plus leur place à la fin de l’album comme "Itsari" (morceau acoustico- tribal/world titre parfait pour conclure le disque), et "Jasco" bien planqué en hidden track ; ces deux titres ont beau être sympathiques, ils n'ont rien à faire aux 2/3 tiers d'un album comme celui-ci. Certains titres contrastent : prenons "ambush" avec sa richesse musicale (sitar, percus additionnelles, bérimbau), ses riffs impeccables, sa longue montée en puissance, son refrain facile à reprendre, suivi d'un interlude musical tribal finissant sur une explosion metal ; ou encore " Dictatorshit " est ses roulements de batterie en guise d'intro suivie par un Sepultura toutes crêtes sorties pour un morceau de punk largement plus inspiré par la mouvance punk à clous que west-coast. Malgré que tout oppose ces morceaux, ils ne se désunissent pas, contrairement à "Dusted" qui malgré l’accélération de mi-morceau n'arrive pas à se sortir de ses riffs bateau ; pareil pour "Attitude", malgré son refrain où Max explose tout. Pire, le Morceaux "Roots bloody roots" me semble creux : lead guitare pas inspiré, musicalement pas minimaliste mais pas loin ; enfin les frangins par la voix de l’un et la batterie de l’autre sauvent ce morceau (et peut être une partie de l’album). Si je trouve que certains riffs sont inefficaces (un comble chez Sepultura), Igor Cavalera nous sort le grand jeu avec un jeu tribal (non sans déconner) jamais surdosé, envoyant là où il faut, (presque) quand il faut. Le gros et énorme reproche que je fais à cet album c’est sa lenteur : putain heureusement que c'est pas trop mou, car ce serait une véritable catastrophe et un réel gâchis. Mais bon dieu de merde, il fallait enregistrer les morceaux à un tempo plus relevé (ils savent le faire, écoutez certains live) ; car ici, entre d'excellents morceaux ("Born Stuborn", "Dictator Shit", "Ratamahatta", "Straighthate", "Endangered Species", l'halluciné "Lookway", et "Cut Throat") et pas mal de riffs creux, on se fait chier.
Pour la prod Ross Robinson a concocté un son puissant et propre, mais pas chirurgical ; un propre naturel, aidé par la mode du désaccordage massif des instruments. Enfin je trouve que ça manque légèrement de gras et de saturation (qui de toute façon n'aurait apporté qu'une bouillie à la mixture metal du combo) et de vitesse.
Un album mi-figue mi-raisin (où les figues sont savoureuses et le raisin n'a pas atteint la maturité escomptée), que l’on se doit malgré tout de posséder pour la puissance qu’il dégage.
Les autres chroniques du groupe Sepultura : - Sepultura - Morbid Vision (1986) - Sepultura - Beneath The Remains (1989) - Sepultura - Arise (1991) - Sepultura - Chaos A.D. (1993) - Sepultura - Against (1998) - Sepultura - Nation (2001) - Sepultura - Under a pale grey sky (2002) - Sepultura - Live in Sao Paulo (2005) - Sepultura - Dante XXI (2006) - Sepultura - The Besf of (2006) - Sepultura - A-Lex (2009)
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7/10
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Support : CD album
Tracklist :
1. Roots bloody roots 2. Attitude 3. Cut throat 4. Ratamahatta 5. Breed apart 6. Straighthate 7. Spit 8. Lookaway 9. Dusted 10. Born stubborn 11. Jasco 12. Itsari 13. Ambush 14. Endangered species 15. Dictatorshit 16. Little wood-music Année : 1996
Label :RoadRunner
Durée : 72 : 08
Lieu d'enregistrement :
Indigo Ranch par Ross Robinson, mixage par Andy Wallace
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