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The Austrasian Goat - "Principles Of Disillusion"

The Austrasian Goat - "Principles Of Disillusion"
chronique The Austrasian Goat - Principles Of Disillusion
8,5/10 0

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CD album CD album (86:00)

 

Style musical : 

Noir.

 

Année : 

2013

 

Tracklist :

CD1
1. War: The New Shapes Of Yeperit
2. War: Devotion To The Void
3. War: The Brown Imprint
4. In the Arms Of The Wind
5. Where Love Should Spread
6. Errare Humanum Est
7. From Chaos We'll Rise
8. More Tunnels
9. Putrid Hopes
10. Amenorrhea
11. Celebration
CD2
1. Ab Irato
2. AFBM
3. An Nauseam
4. Nailed Down
5. Interlude
6. Hikikomori
7. Moon
8. The Gracious Fall Of The Mourning Lights

 

Label : 

Music Fear Satan
Dans le même style :
Swans - To be kind

Un premier principe.

Tu fais de la musique pour toi. Même, pire : tu fais pour faire.

Il n'y a rien à attendre des autres. L'aide vient, il faut la remercier. L'aide ne vient pas, tu te démerdes.

Obstination malade, pas loin du non-sens, mais le sens, mon pote, il va devant, là. Juste là : le pas d'après. Marche. Crève.

« Ce qui est à l'origine de quelque chose, qui en est la cause première : Dieu est le principe de toute chose. » La rousse te le dit.

Sacrée la rousse.

« Sentiment de quelqu'un qui constate que la réalité est différente de celle qui était imaginée ; désenchantement, déception, mécompte. »

Désillusion des mots manquants aux définitions. Fais toi-même tes propres définitions.

Un travelo à barbe nommé Conchita Saucisse gagne l'eurovision. Ça aurait pu être Dave Navarro, ils se ressemblent tant, et ce dernier participe bien à une minable émission de téléréalité sur les tatouages. Ma copine est une grande zappeuse. Je souffre.

Les collectionneurs de vinyles sont des snobs. Il ne faut pas leur en vouloir. The Austrasian Goat a sorti avec Music Fear Satan une discographie des splits en CD. Double, le CD. Une compilation labyrinthique de morceaux grisonnants, moches, beaux.

Âpres et durs.

Qu'il est bon de vieillir.

D'écouter cette musique avec un recul involontaire et une bonne bouteille de whisky qu'on réussit à garder plus d'un mois.

Pas étonnant, plus grand monde ne passe à la maison.

Pas le temps. Trop fatigués.

Trop crevé et trop occupé pour pondre dans la laborieuse douleur une chronique de disques titre par titre.

Trop crevé et trop occupé pour écouter de la musique.

Quand t'as un moment, tu choppes cette guitare censée violer la mort. « Il est temps de grandir, mon vieux ! » Grandir ? Je ne le fais plus depuis mes 14 ans, et un mètre quatre-vingt deux suffit amplement.

Par contre, que de désillusions depuis : la vie n'est pas si pourrie, elle n'est juste pas comme tu l'imaginais. C'est toi qui la fait, mais pas seulement. C'est pas toi qui a chié Conchita Saucisse, par exemple.

Le monde est une charogne amusante, non ? Shoote dedans, ça grouille. Shoote dedans, ça urge. Shoote dedans, ça purge. Éclabousse ! On s'habitue à tout, même à l'odeur.

Allez, il est temps de partir faire une ballade, seul, dans la ville ou la campagne. Regarder les voitures passer sur les ponts, regarder sous les ponts, passer dans les tunnels, écouter le phasing tubulaire, prendre des clichés mentaux qui s'effacent l'un après l'autre. Comme cette succession de titres maladifs qui célèbrent, à leur manière, l'instant. Ancrés dans la terre ou le ciment, tourbillonnants vers l'au-delà. Ici, l'un ne va pas sans l'autre.

La pluie tombe, dégueulasse. La pluie tombe, elle lave. Le goudron sent la pisse, l'humus remonte dans les narines. Délectable. Les mains dans les poches, tu te marres, tu ne sais pas pourquoi.

« Mars sera-t-elle triste quand la terre sera morte ? », demandait un certain A.S.. Sûrement pas. Il n'y a pas à s'en faire. Tout va bien, comme il se doit.

Tu sens tes « liens sociaux » s'user, s’émécher, se briser ; ça a pris son temps mais ça se fait, tranquillement, ça se passe, ici, maintenant, tu le vois, tu t'en rends compte, c'est trop tard. Parfait.

Tu as traversé le stoïcisme ; tu y es. Bravo. Bienvenue.

L'Enfer, c'est toi-même. La lente décomposition du soi. La parfaite annihilation, la parfaite aliénation ; voici 19 cartes postales soniques auréolées de la gracieuse chute des lumières de l'étoile du matin. Au moins 19 ponts et tunnels, ellipses cruelles.

Peuh ! Qu'est-ce que je raconte comme conneries... J'essayais de parler du disque.

Je l'ai fait je crois. Et ça n'engage que moi. Pour toute réclamation, envoyez-moi une tête de cheval, je me contenterai de l'enterrer dans les bois. Ou de m'en servir pour la pêche aux anguilles

 

 

 

Ah, c'est de la plus haute importance : notons que ce double CD est en fait une version augmentée de la cassette du même nom sortie en 2010, exclusivement pour l'Amérique du Sud, lisais-je là-bas.

Alors, sérieusement (!), qu'en est-il, pour faire court ?

Du Black-Metal lointain à boîte à rythme d'il y a cinq ou six ans à la froideur folk plus récemment caressée, il y a du chemin de fait également en territoire doom et autres balafres darkos. Pas loin du Drone dans les bras du vent, de toute beauté – tout à partir de la quatrième plage du premier CD, exceptés les deux titres tirés de compilations, qui reviennent au tchac-poum haineux et putride – comme un Devilspeed Black Emperor dans la toundra. Le poignant "Celebration" préfigurant ce qui sera développé sur le magnifique Paved Intentions de 2012. Guitare sècheresse et émotions désenchantées comme sel sur les plaies. Voile de cellophane.

Deuxième CD, triptyque mortuaire : le Noir ambiant de "Ab Irato" appelle le bourrinage dans la brume – glaçant "AFBM" au son délité – puis le totalement déprimé "Ad Nauseam". L'un des meilleurs moments de la collection, même s'il s'agit des plus anciens morceaux, avec aussi l'harmonie étrange hantant "Hikikomori", les bizarreries ondulatoires de "Moon" ou le Blues glacé du précédemment cité "The Gracious Fall Of the Mourning Lights", qui rejaillit soudainement des entrailles du néant en tourbillons électriques réverbérés avant un final de chœurs répétitifs, mantra et lead de guitare ; superbe. Les meilleurs moments ? Ah ben ça fait presque tout le deuxième disque, ça, tiens !

Par contre, je ne sais pas ce qui est censé être la « surprise » contenue sur cette compilation et vantée par Music Fear Satan. Je cherche toujours. L'osé et intriguant "Moon", peut-être ?

Peu importe, cette musique est une surprise permanente en soi.

 

Ben voilà. Je suis revenu pour finir à une chronique de disque classique (la chro, pas le disque, uh-huh), t'es content maintenant ?

Froidement recommandé par mes plus hautes instances.

Sinon, une tête de Shetland suffira.

photo de El Gep
le 23/05/2014

Commentaires

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 23/05/2014 à 22:07:55

Tu m'étonnes que personne ne passe chez toi si tu ne fais pas tourner ton sky. Pff ces hippies. Sinon j'ai tout compris à part le coup du poney à la fin... Pff ces hippies.

The goat himself

The goat himself le 24/05/2014 à 16:47:10

IP : 86.218.207.75

La surprise est avant le premier titre du CD2.
Merci ElGep. ;-)

el gep

el gep le 27/05/2014 à 23:54:07

Ah d'accord... M'en irai voir ça. Les plages cachées des CD, j'avais perdu l’habitude de ces petites fantaisies.
Bah sinon, de rien voyons.
Crom, arrête ça, mais!, veux-tu!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 28/05/2014 à 12:34:29

Je sais, je t'émoustille...

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