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Unexpect - "Fables of the Sleepless Empire"

Unexpect - "Fables of the Sleepless Empire"
chronique Unexpect - Fables of the Sleepless Empire
9/10 0
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CD album CD album (55:46)

 

Style musical : 

Metal extrême d'avant-garde ultra-dense

 

Année : 

2011

 

Tracklist :

01. Unsolved Ideas of a Distorted Guest
02. Words
03. Orange Vigilantes
04. Mechanical Phoenix
05. The Quantum Symphony
06. Unfed Pendulum
07. In the Mind of the Last Whale
08. Silence this Parasite
09. A Fading Stance
10. When the Joyful Dead Are Dancing
11. Until Yet a Few More Deaths Do Us Part

 

Label : 

Autoproduction

 

Lieu d'enregistrement : 

Badass Studio
Dans le même style :
Solefald - Neonism

Fou. Exceptionnellement dense. Grand. Magique. Théâtral. Orchestral, mais également légèrement technoïde. En alternance caressant et hyper violent, selon une succession d'états à la logique frénético-quantique. Fourmillant et ultra-alambiqué. Extrêmement changeant, voire complètement intenable… A vrai dire on aurait vite fait de se noyer dans un déluge de qualificatifs si l’on essayait d’évoquer la personnalité de ces québécois par le seul truchement de ce type de petites étiquettes descriptives. Car Unexpect est Légion. Unexpect est profusions instrumentale, vocale et émotionnelle. Unexpect est une Tour de Babel musicale aussi magnifique que fantasque, aussi difficile à appréhender que passionnante.

 

Oui, je sais: ça sent un peu l’envolée lyrique incontrôlée tout ça… Que voulez-vous, on essaie tant bien que mal de se mettre au diapason. Mais laissons un peu refroidir le moteur et évitons de nous laisser enivrer par les capiteux effluves dégagés par cet impressionnant Fables of the Sleepless Empire, sans quoi ce papier ne sera plus bon qu’à être roulé, puis fumé…

 

Ce nouvel album - donc - est seulement le 3e opus sorti par Unexpect. Il fait suite à un In A Flesh Aquarium fabuleux sorti quant à lui en 2006. Ça fait un bail, oui… En même temps je ne serais pas étonné que la composition d’un seul de ces nouveaux morceaux requiert autant de temps qu’il n’en faut pour écrire 2 albums entiers d’Hammerfall. C’est que la plupart de ceux-ci sont des pièces affichant de 5 à 8 minutes au compteur, et cette durée est systématiquement mise à profit pour confectionner d’improbables mille-feuilles de violon virevoltant, de grattes aussi bavardes qu'acérées, de batterie crépitante, de piano volubile et d’une chorale démente constituée de la plus improbable Cour des Miracles.

 

Décrire la musique de ce Cirque Barnum d’horlogers tarés est un vrai défi, le flot d’informations délivrées étant de nature tsunamiesque. Pour contourner cette tâche titanesque tout en restant pertinent, le chroniqueur malicieux affirmera que le groupe est resté exactement là où il avait dressé le campement lors de son album précédent. On retrouve en effet les mêmes éléments et la même démarche que ce qui avait fait le succès de In A Flesh Aquarium - en même temps, avec une personnalité aussi forte, et étant parti d’un tel niveau de complexité et de richesse, on voit mal comment le groupe aurait pu améliorer notablement une formule déjà aussi aboutie. A vrai dire le seul point qui me semble avoir progressé, c’est l’aptitude à faire converger leur musique vers des schémas compréhensibles par l'homo metallus vulgaris (dont l’oreille devra néanmoins être un poil exercée).

S'il tente de s’attaquer à la tâche plus frontalement, le chroniqueur pourra être tenté de comparer ce maelstrom baroque à un essaim bourdonnant de sons et de notes s’entrechoquant follement, celui-ci (l'essaim, pas le chroniqueur!) concentrant régulièrement son énergie selon des schémas fabuleux et étrangers à ce monde, afin de prendre des formes merveilleuses et de s'embarquer dans des directions inattendues. Ainsi le tourbillon de violon, de double et de shrieks black metal va-t-il subitement s’épanouir dans des proportions cinématographiques et faire fleurir pour l'occasion paillettes et orchestrations grandioses. L’instant suivant, l’auditeur sera conduit dans un cabaret sauvage dirigé par une diva soul foldingo. Puis une puissante coulée métallique dévastera tout sur son passage avant qu’un groove monstrueux ne vienne décoller l'auditeur précédemment évoqué de son fauteuil pour l’entraîner dans un mambo frénétique.

Reste encore, pour le chroniqueur désemparé, le refuge du parallèle décalé. Et c’est vrai que si Fables of the Sleepless Empire était un film, il se situerait sans doute à la croisée de « Sweeney Todd », « Vol Au-dessus d’un Nid de Coucous » et le « Baron de Münchhausen », le tout coloré à la palette burlesquement macabre de « La Famille Adams ». 

 

Inutile de préciser que pour concrétiser une telle vision, le niveau technique de ces artistes côtoie les sommets. Personnellement, les plus gros coups de pied au train m'ont été infligés par le matelas aussi croustillant qu’effervescent constitué par la basse-trampoline de Chaoth, mais également par les tappings et les bourrasques riffées produites par Syriak et Artagoth, ainsi que par les merveilleuse cordes vocales de Leilindel dont la voix est à rapprocher de celles de Nehl (Akphaezya) et d’Asphodel (Pin-Up Went Down), aussi chaude et légère en mode clair que virulente dans les shrieks black. Mais les autres intervenants sont tout aussi brillants, aux claviers, à la batterie comme aux violons. Pas un pet de travers à l’horizon, et surtout pas au niveau du son, le groupe ayant réussi à assembler ces 1001 pistes les unes sur les autres dans la clarté sonore la plus irréprochable.

Bluffant.

 

Hormis In A Flesh Aquarium, il n’y a rien de comparable à Fables of the Sleepless Empire. Rien. Pas la peine de chercher. La folie, le génie, le fourmillement grotesque de la vie terrestre ainsi que la magie de myriades de vies imaginaires: tout est là, retranscrit en concepts presqu'humains par l’intermédiaire de la musique, seule langage suffisamment riche et universel pour nous toucher tous. Alors ne vous fermez pas à un monde nouveau: écoutez Fables of the Sleepless Empire. Ne restez pas enfermés dans le confort tiédasse de vos groupes favoris: tentez l’expérience Unexpect... Et attendez-vous au meilleur de l’inattendu!

 

PS: pour les feignants qui n'aiment pas chercher, vous pouvez dégoter l'album  ou .

 

 

 

 

La chronique, version courte: une chevauchée folle dans des montagnes russes baroques et extrêmes, une plongée inquiétante dans un train fantôme éprouvant et merveilleux, un baptême ébouriffant dans des auto-tamponneuses techniques et lumineuses. Bref, un album de metal extrême aussi improbable qu'enthousiasmant.

photo de Cglaume
le 30/09/2011

Note des commentateurs : 9.5/10 (sur 2 votes)

Commentaires

Frany

Sa note : 10/10

Frany le 30/09/2011 à 19:28:46

IP : 81.249.7.148

oula, ça c'est de la chronique ! aussi riche et dense que l'album chroniqué :)
Perso, j'ai du mal a trouver les mots pour décrire cet album tellement il est incroyable !
félicitations à Unexpect pour avoir pondu un tel chef -d'oeuvre !

cglaume

cglaume le 30/09/2011 à 19:55:07

IP : 83.157.57.25

Merci, ça c'est du compliment pour le coup ! Vivement le Hellfest qu'on voit ce que ça donne en live et en grand !

Eric

Sa note : 9/10

Eric le 23/01/2012 à 20:19:23

IP : 77.203.185.125

C'est pour moi l'album métal de l'année 2011. Riche, dense, incroyablement construit, tout y passe, classique, jazz, death... Et en live c'est au niveau de leurs albums !!
Pour la note je ne leur mettrai pas le maximum car je pense qu'ils sont encore capable de faire mieux !

cglaume

cglaume le 23/01/2012 à 21:18:13

IP : 83.157.57.25

Et pour la peine, l'un des dimanche qui vient, on mettra en ligne une chro de "We, Invaders", leur 2e production ... ;)

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