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Vaz - "Visiting Hours"

Vaz - "Visiting Hours"
chronique Vaz - Visiting Hours
8/10 0

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Vinyle 12" Vinyle 12" (33:06)

 

Style musical : 

Rock de la Vaz

 

Année : 

2013

 

Tracklist :

1. Visiting Hours
2. Mutator
3. Black Paste
4. Armbone
5. Hyperslog
6. Plague Ship

 

Label : 

Sleeping Giant Glossolalia
Dans le même style :
Sunderfeet - Some Garage Stuff

Ah bah voilà, on parlera enfin de Vaz ici.

Je me dévoue, sous les applaudissements... ou les plus outrageants quolibets... pour ce que ça change.

Excellent groupe en activité depuis près de quinze ans comportant en son sein un ex-Dazzling Killmen, si j'n'm'abuse (mouahahahaah, complètement à côté : après vérif', ce sont des ex-Hammerhead en fait, ah mon ciboulot !), Vaz m'a été présenté par des amis, Cyril et Nono pour ne pas les citer, y'a un bon bout de temps déjà. Dix ans, merde ! Nostalgie d'une ère où je pouvais balancer ma tête dans des murs et parler de poussières d'étoiles à des petites filles... Parfaite époque pour découvrir Vaz.

Bref, la présentation était faite avec le vinyle du très grand Demonstrations In Micronesia. Et si je n'ai quasiment pas écouté le précédent, Chartreuse Bull, c'est sans raison particulière. Je m'étais arrêté à l'ignoblement glauque The Lie That Matches The Furniture, un disque accablant mais pourtant de qualité. D'ailleurs, eux aussi se seraient presque arrêtés là, avec un Pink Confetti jamais sorti en vrai. D'où peut-être le léger lâcher prise de ma part sur l'actualité de ce groupe torturé, dans le sens premier de romantique.

Pas de bleuettes ici.

 

En vrai, je vous le murmure au creux de l'oreille tant que les coupeurs de têtes coupent ailleurs, ce groupe m'a toujours fait penser à un Queens Of The Stone Age bruyant et (très) maladif, qui aurait oublié de faire de la Pop. Quoique, sur le très bon Dying To Meet You, leurs influences New-Wave explosaient sans prévenir, amenant parfois un côté tubesque à leur musique qui, chez eux, soyons honnêtes, n'a jamais cherché à l'être.

En fait, un groupe bien bien plus fou que les Reines, mais qui fait passer un feeling désenchanté, défoncé et un peu distant, qui peut se retrouver des deux côtés.

J'en vois déjà : « non mais quel con, quel rapport avec le stoner-rock !?! ». Eh bien ouvrez vos oreilles, les amis, je peux rien pour vous.

C'est parti.

 

Sauf que non. Visiting Hours n'est peut-être pas l'opus idéal de leur discographie pour appuyer mes dires. On s'en fout. Ce n'était qu'une comparaison une fois de plus à côté de la plaque.

Car, dès l'introductif conquérant, ce sont des guitares (pas de basse chez Vaz, jamais) rocambolesques qui crânent sans l'air d'y toucher, les jambes écartées, présentant leurs pubis coiffés corbeau chez les noisers rockers. Je vous laisse imaginer...

Chant scandé qui sait se faire mélodique et sombre sans sucer quoique ce soit, c'est un peu une constante chez Vaz. L'autre constante étant la classe, et... la qualité, madame !

Quelque chose aussi qui m'a marqué chez ce groupe, c'est sa propension à faire des disques supers, mais dont on peine à mémoriser les morceaux. C'est comme un grand tout un peu fourre-tout qui dégueule de partout son malaise. Et pourtant, tout tout tout est bon. Étonnant, non ? Le pire étant sur The Lie That Matches The Furniture. Je ne pourrais même pas citer un titre de morceau alors que je l'ai écouté des centaines de fois.

Comment font-ils ?

 

Simple : ils te harassent. Ils te harassent la gueule à n'en plus finir. Toujours le même genre de son sale, toujours des détours scabreux et des contours floutés, toujours la nausée au ventre et la herse sonique qui lacère sans cesser.

Ainsi va "Hyperslog". Du vomi de musique. Yabon ! Ah la charge vers les 05:50, juste après le passage déprimant et la voix blanche de Paul Erickson, puis le manège maboule de la fin !

Ces guitares te collent la gueule dans la gadoue avec leurs godasses crades et se foutent de toi et font la roue sans nez rouge ; et pour cause : au beau milieu des visages c'est de becs dont il est question ; et de serres au bout des pattes.

Pas un groupe de corbeaux, je retire : un groupe de vautours.

Sans racisme, vise l'envergure. C'est autre chose ! Des grandes guitares déployées, folles, aventureuses, qui tâtent, qui tapent, qui dérapent. La classe, je vous dis.

Et aussi cette batterie de chasse à l'homme, toujours, qui court, encore, quoique un peu moins matheuse que par le passé. Avec ce charley insectoïde qui hachait sec déjà, direct, dans "They've Won", sur Dying To Meet You.

Chez Vaz, ça joue. Grave. A deux ou à trois (deux guitares désormais, en fait depuis The Lie That Matches The Furniture si je me souviens bien, j'ai pas le disque sous la main, l'est encore dans mes cartons).

 

Bon, "Armbone" présente quelques vagues similitudes rythmiques avec du vieux néo very bordélique, mais ça passe vite, et j'avais même pas remarqué aux premières écoutes... Peut-être une petite fixette personnelle de ma part.

Mais c'est le léger ternissage qui vient au fur et à mesure des passages à tabac, ce disque n'est pas vraiment leur meilleur. Plus frondeur que certains, plus direct que les vieux, aussi, mais du coup à peine plus facile (c'est relatif) par moments. Pas très grave : quand il y a un petit coup de mou, la mayo reprend comme par magie, et très vite.

Oh cette petite mini intro presque africaine pour "Plague Ship", avant le couplet Queens Of The Stone Wave ! Et le batteur qui frappe comme un dieu sur toute la fin du titre !

Et ces cons nous balancent des plans Delta Blues passés à la sur-moulinette disto rawctaver (copyright Karcavul, pardon les gars!), vumètre crevé dans l'au-delà du ciel sanglant ! « Black Paste », « Black Paste », bordel ! Transe vaudoue dans les strapontins ! Aïe-aïe-aïe les tibias !

 

Hum.

 

Six morceaux seulement, ça fait un album quand-même ; et qu'est-ce que ça peut foutre quand on se prend le tout en pleine face ? Z'êtes là à compter les secondes ou les dents qui manquent ?

Vaz est un groupe vaseux (hooooo ! Yeach ! Hoooo ! Yeach!), on s'y enfonce qu'on le veuille ou non, inexorablement. Des sables mouvants.

Découvrez ou redécouvrez leurs méandres marécageux et écoutez de la bonne musique, pour une fois. Ah-ha-ha !

Et bonnes nausées de fin d'année, tous à vos vomissoirs.

photo de El Gep
le 22/01/2014

Note des commentateurs : 8.5/10 (sur 2 votes)

Commentaires

pidji

Sa note : 8/10

pidji le 22/01/2014 à 10:17:19

Excellent disque ! J'avais déjà bcp aimé le précédent et je ne suis pas déçu par ce nouvel album. Je serais curieux de savoir ce qu'ils donnent en concert

Noisybear

Sa note : 9/10

Noisybear le 22/01/2014 à 16:45:11

balancer "des poussières d'étoiles à des petites filles" ça m'a fait rire ;)

en tout cas, c'est un superbe disque !

el gep

el gep le 22/01/2014 à 23:07:34

Tu te souviens de cette historiette? A Sélestat? T'étais là, je sais plus?

Noisybear

Noisybear le 23/01/2014 à 14:07:02

Ouais j'étais là... J'ai pas vu les étoiles dans leurs yeux, j'ai vu la peur :P

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