La première fois j’ai fais comme vous: je me demandais bien ce qui pouvait se cacher derrière ce nom pas bien folichon. Bien mal m’en a pris, ce n’est pas une baffe mais bel et bien un destroyer que je me suis pris dans la tronche.
Ok, autant le dire tout de suite, dès le premier souffle de "
Love process failure" on entend
Dillinger Escape Plan, dès la première seconde de "
Mouth full of shit cannot bite"
Converge, à la fin de "
Dark bliss"
Meshuggah, mais ces références sont envoyées avec tant de parcimonie qu’on s’en bat les boules! Et quand je dis que c’est envoyé, c’est que c’est envoyé propre en ordre, et ils n’y vont pas de mains mortes. Pas besoin d’une écoute approfondie pour juger de la déxtérité des Suisses, c’est totalement bluffant, à tel point que l’on se demande si les grosses pointures de math-core actuelles n’ont pas été influencées par ce disque… Bon c’est vrai, chronologiquement c’est pas possible, donc… quoique… Aller, dites-moi que ce n’est pas une blague hein… ne s’agit-il pas d’une réédition d’un album déjà sortit 10 ans auparavant sous un autre nom?
On me confirme à l’instant que non. bon…
Alors oui c’est vrai, ça ne révolutionne pas le style, et certaines langues diront que la brèche amorcée il y a de cela déjà quelques années commence à déborder. Alors oui, en effet, c’est peut-être le cas, mais alors commençons à virer les albums superflus (et la liste est longue) pour les placer en bonne place sur le podium aux côtés de groupes comme
Crowpath et
Converge. Car oui, malgré mon immense respect pour ces groupes, "
Miss machin" des
Dillinger sent un peu l’eau de rose, le douteux "
Elementary" de
The End ne fait transparaitre que trop peu de chose et
Ion Dissonance avec son "
Minus The (m)Herd", malgré un niveau technique indiscutable, s’acharne à balancer sans nuancer ses propos. Assez de délit de salle gueule, comme dit plus haut j’adore ces groupes (enfin, la plupart…), mais il faut aussi savoir faire le tri.
Yog, lui, filtre toutes ces influences pour en faire ressortir le meilleur. On sent la technique, la hargne et la transpiration.
La prod quant à elle leur va comme un gant. Même si mon seul reproche serait qu’elle est un peu trop proprette à mon goût, leur son clair (façon de parler… hein) n’est pas des plus désagréable.
Au niveau des morceaux eux-mêmes difficile d’en parler en les distinguant, ça balance 15 riffs à la minute, et pourtant le tout reste tellement homogène. On peut même avoir en primeur quelques relents old-school du plus bel effet ("
Nice and easy") juste au moment opportun, avec le tact approprié, fait plaisir. Chaque titre s’écoute à la suite, quasiment pas de temps mort et de remplissage inutile (et ho mon dieu pas d’intro au disque!). Et après 25 bonnes minutes en 12 titres, survient "
Death by silent tyrants" le titre que je n’attendais plus : après ce face-à-face tonitruant entre Yog est mes oreilles fatiguées, un ersatz de
Knut de 9 minutes fait son apparition. Et là où normalement j’aurais applaudis des 2 mains, la magie ne s’opère pas. A première vue c’est est certainement du au son qui, pour ce titre qui officie dans un registre bien différent, est peut-être justement pas assez lourdaud et crasseux. "
A quoi bon ressembler à ce que l’on à l’habitude d’entendre" me direz-vous, et vous avez parfaitement raison, mais voilà malgré tout la sauce ne prend pas. Bon, ne dramatisons pas, c’est un morceau qui vaut quand-même son pesant de cacahouètes, mais qui dépareille trop avec la qualité des précédents titres. Heureusement pour moi, il se trouve à la fin, et ces quelques 9 minutes concluent, certes avec ambigüité, cet album de haut vol!
Vous me direz peut-être qu’il n’y a rien de neuf ici. Peu importe.
Efficace, varié, maitrisé et intelligent, ce "
Years Of Nowhere" fait du bien là où ça fait mal! Moins pop que
Dillinger Escape Plan, plus virulent que
Pig Destroyer, plus hargneux que
Ion Dissonance, plus pêchu que
Psyopus, plus rapide que
Converge et plus Neuchâtelois que
Messuggagh (je m’emballe?),
YOG te secoue ta pulpe à toi, et prend en otage avec culot un style pourtant déjà bien répandu. A noter que le disque sort sur l’excellent label Suisse (et c’est pas du bœuf)
Get A Life! Records (
Ventura, Zatokrev, Berserk For Tea Time, Disco Doom, Cortez, etc…). Respect.
Annorexorcist le 25/12/2007 à 21:46:20
Tiiiiishhhhhh, tishhhhh, et re-tishhhh
Une destruction, tout simplement.