
Discographie :

Ça commence par une petite musique, douce, qui nous fait penser à un début d’hiver froid, pluvieux, et pendant que l’on regarde par la fenêtre, on s’imagine dehors, à marcher, marcher, marcher, la tête enfoncée dans la capuche, les mains dans les poches, le froid qui gèle la gueule... Le feu stoppe la marche, la pluie bat son plein, les voitures éclaboussent en roulant proche du trottoir, les insultes pleuvent à l'égard des conducteurs, la Rage monte doucement, une Rage d’Or, malgré une tentative d'apaisement. Poursuivant le chemin, la pluie semble perdre de l'intensité, mais les éclairs illuminent un peu plus le ciel et le tonnerre martèle les oreilles telle une voix roque et envoûtante, le Sang n’est pas une Excuse, les mains en sont pourtant recouvertes mais les pas aident à s'éloigner et à oublier. [...]

C'est toujours une certaine fébrilité qui accompagne la première écoute d'un album aussi attendu que peut l'être celui-ci. On ne présente plus un groupe comme NEUROSIS, si vous êtes habitué au zine vous savez ce qu'il représente, ce qu'il a fait pour toute une scène et vous savez également à quel point ses précédents opus sont magistraux. C'est donc avec une pointe d'excitation et une bonne dose d'appréhension – la même que l'on peut ressentir avant un saut dans le vide, et ce même si c'est la cinquantième fois qu'on le refait – que j'ai joué pour la première fois « Given to the Rising » sur mon lecteur. Très stupidement, avant même de l'écouter, j'avais virtuellement tracé la continuité de la route passant par « Times of Grace », « A Sun that Never Sets » et, la dernière étape « The Eye of Every Storm ». Et bien quelle erreur! Car si l'oeil de chaque cyclone pouvoit laisser poindre une once de lumière qu'on aurait volontiers crû pouvoir s'étendre jusqu'au prochain opus et bien la [...]
On l´attendait depuis un bon moment et le voilà l´instant fatidique : il est entre mes mains ! ! Quoi ? Le beaujolais nouveau? Nan, le neurosis nouveau. Ou, devrais-je dire le nouveau volet météorologique des tribulations de nos 4 savants fous de frisco. Parce qu´après le soleil qui ne se cache jamais, steve von till et sa bande nous dévoile se qui se cache dans l´oeil du cyclone... Passé « burn » à l´intro assez péchue et son break qui peutsincèrement faire penser à du pink floyd du meilleur cru , on est en droit de se demander si « the eye of every storm » n´est pas le digne descendant de « A sun that never sets ». Le ton de l´album est résolument dans la lignée de son prédécesseur. Même si Steve Von Till paraît y mettre beaucoup plus d´émotions, parfois accompagnée de choeurs (et cloches sur « the eye of every storm ») on retrouve avec plaisir l´esprit neurosis. Pas de riff guilleret à l´horizon, la nature toujours au centre des débats (les samples de vents - des effets flanger [...]
San Francisco est reconnue pour être la ville la plus atypique des Etats-Unis de notre cher ami deubeuliou de par son côté ouvert, libre d´esprit et profondément mixe dans tous les sens du terme : héritage du « flower power » dont elle fût le berceau. C´est donc tout naturellement qu´elle donne naissance à des groupes comme NEUROSIS : sorte d´extra-terrestre complètement indéfinissable dans le milieu H*C (si on peut appeler ça du hardcore). Dès les premières sonorités (le mot « notes » mes semblerait inapproprié) on se demande dans quel espèce d´esprit tordu on vient d´arriver : il est vrai que l´intro fait plus penser à une B.O de film d´horreur qu´autre chose.... Mais la suite risque de vous surprendre : de H*C on peut ne garder qu´une voix certes assez rauque et des guitares parfois lourdes ; mais ce serait très (mais alors très très) réducteur de parler de simple « hardcore » pour définir cet album. Les rythmes sont extrêmement lents et volontairement répétitifs ainsi que [...]
Voilà un disque une fois de plus très difficile à chroniquer, et ce, à bien à des égards. D'une part, c'est sûrement le disque de Neurosis qui aura fait le plus couler d'encre : difficile de passer après tous ces journaleux érudits presque dix ans après. D'autre part, il se trouve que cet album se trouve être à la fois le plus frontal de Neurosis tout en étant celui qui introduira l'accalmie des albums suivants (on retrouve le fameux paradoxe cher à nos barbus). Pour parfaire le tableau il se trouve que c'est, à mon sens, leur disque le plus aboutit ou, plus subjectivement, mon préféré. Bon trève de blabla, pourquoi cet album de Neurosis serait finalement si particulier? Peut être déja parceque c'est le premier produit par Monsieur Steve Albini et que pour le coup, il s'est pas foutu de [...]

Bon, j’annonce une fois de plus : chronique plus que subjective. Première chose: cet album est celui qui m’a fait découvrir Neurosis en son temps (la belle affaire!). Deuxième chose qui reste corrélative à la première: impossible de ne pas se faire scotcher par les premières minutes du disque à cette époque (et encore maintenant)! Alors que les gros sons massifs et lisses de « Roots » ou de KORN sont de mises dans toutes les chaînes audio rebelles de 1996, Messieurs Kelly, Edwardson et Von Till nous réservent une surprise de taille: les guitares sont tout aussi massives et lourdes que dans les productions suscitées mais avec bien plus d'amplitude , de chaleur, d'énergie(et bien moins de compression). Quant à la basse, on peut presque dire qu'elle se cantonne à un rôle rythmique tant elle est saturée mais cela apporte également à cette rugosité du son. Bref, le premier clivage avec « enemy of the sun » est bien là: Neurosis a enfin le son de gratte qu'il mérite (pour la batterie, [...]
Bon... Gros fossé entre cet album et Soul at Zero malgré leur contiguité dans le temps (un an). Comme d'hab' me direz vous (et vous n'auriez pas tort) mais cette fois c'est la révélation. Je m'explique : cet album est un monument à tout point de vue et je vais lui mettre la note maximale. Dans leur album précédent, NEUROSIS affirmait son originalité, sa différence et son talent ; ici il n'est plus question d'affirmer quoi que ce soit tant le résultat est négatif, monolithique et univoque. Fini la variété, les plans un peu douteux et les tâtonnements : de la première seconde jusqu'à la dernière on se fait littéralement écraser, atomiser, désintégrer. Bon, je vais arrêter les énumérations à renforts d'adjectifs définitifs car je sens que je vais vous gonfler assez vite et on va plutôt rentrer un peu dans le détail. La première piste, « lost » donc, débute avec un sample répétant à l'envi « are you lost » (sur fond de Charles Trenet, hé! hé!) et introduit le premier basse/batterie du [...]
Deuxième album pour Neurosis et première véritable fessée déculotée. En cinq ans qui séparent « souls at zero » de « pain of mind », Dieu seul sait ce qu'il a pu se passer mais le résultat est là... Fini le punk crust des débuts et place à une musique hybride, originale, personnelle et surtout unique. En effet s'il est encore possible de ressentir les influences du groupe (BLACK SABBATH et JOY DIVISION en tête), il est impossible de trouver un équivalent musical de ce qu'est NEUROSIS en 1992; ni avant, ni après. Les quatre éléments inamovibles de NEUROSIS, Von Till, Roeder, Kelly et Edwardson, sont enfin réunis et avec eux apparaissent véritablement les éléments qui vont caractériser la musique de NEUROSIS sur les quinze ans à venir : les samples, les bidouillages électroniques, les synthés, la lourdeur, la noirceur, la puissance, les constructions à trois chants, les boucles hypnotiques, les symboliques religieuses (voire pantheïstes)... Oui, oui, tout ça. Et, chose [...]
Putain, pas facile de chroniquer un album de 1988! Moi, à l'époque, je devais être en CE2 et j'écoutais de Francis Cabrel et mes vinyles de Dorothée. Encore moins facile quand il s'agit du premier album d'un groupe qui a réellement marqué au fer rouge les visages du métal, du hardcore et de la musique expérimentale par la suite... Et puis merde! Du rock en général en fait. Bien plus difficile encore de chroniquer la rondelle quand on voit ce qui la sépare de ce que l'on peut entendre du groupe à ce jour. Donc, Pain of Mind, pour faire court, c'est quatorze chansons d'un anarcho punk hardcore brut de décoffrage bien influencé par DISCHARGE et consorts... A un premier degrés d'écoute, ça a sacrément vieilli : le son est très léger (mais pas dégueu du tout) et les compos sont bien en dessous de ce que des formations comme TRAGEDY ou FROM ASHES RISE nous ont habitué à entendre même si on ne peut nier que ça tatane sévère. Mais bordel, on est en 1988 quand même! Et pis c'est pas tout. [...]
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