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Les interviews Hardcore Anal Hydrogen - Interview du 03/04/2014

Hardcore Anal Hydrogen - Interview du 03/04/2014 | COREandCO

Membre(s) interviewé(s) :
Martyn & Sacha

Les interviews Hardcore Anal Hydrogen
Hardcore Anal Hydrogen

Sur The Talas of Satan, Hardcore Anal Hydrogen entreprend un périple mouvementé sur la route des Indes. Pas chien, le groupe embarque les CoreAndCoto-stoppeurs que nous sommes à bord de sa car-à-vannes pour suivre avec lui les traces de Marco de Gama et Vasco Polo réunis, direction là où le vent souffle plus fort, plus brûlant - 'de dieu: c'est que ça pardonne pas la bouffe indienne ! Carnets de bord d'une drôle d'expe[r]dition musicale en Terre Inconnue...

Initialement, le nouvel album était censé s'intituler Skeuomorphism - The Talas Of Satan… Il est passé où le « Skeuomorphism » ? C’était trop long à écrire sur la tranche du CD ?

Sacha : Le skeuomorphisme est "un terme définissant un élément de design dont la forme n'est pas directement liée à la fonction, mais qui reproduit de manière ornementale un élément qui était nécessaire dans l'objet d'origine". On avait choisi d'appeler l'album de cette manière pour appuyer le fait que notre musique s'inspire d'éléments de la musique traditionnelle indienne, sans pour autant en respecter les règles. Après on a trouvé ça trop long, trop compliqué, trop chiant.

Martyn : Quand on fait de la MAO, on est entouré de Skeuomorphismes, et quand on a commencé à écrire des morceaux, on a utilisé une boîte à tablas électronique, un objet qui n'a rien à voir avec le Skeuomorphisme. Au final, le lien entre les deux est aussi subtile que relou à expliquer. Avec HAH, quand ça ne fonctionne pas, on jette, et c'est ce qu'on a fait.

 

Toujours à propos du titre : c’est vrai ou non, finalement, ces rumeurs comme quoi vous auriez initialement imaginé nommer l’opus The Tarte à l’Ananas et Safran, puis The Rectal Ass of Saddam, puis Off The Tatanes Salaces ?

Sacha: Oui. On a aussi hésité avec Ta mère la grosse pute qui suce des clochards sidaïques mais c'était un peu vulgaire.

 

Les caractères exotiques qui lévitent dans l’étoile, au-dessus de la divinité trônant sur la pochette de l’album, rappellent étrangement l’iconographie mystique abondamment utilisée par Secret Chiefs 3. D’autant qu’on pourrait y lire un ‘3’, un ‘S’ et… Non pas de ‘C’, ma théorie s’écroule ! Sauf que certains se rappelleront peut-être que « L’Ouest » et « Verole » lorgnaient pas mal vers les univers de Mr Spruance. Alors, clin d’œil ou utilisation parallèle des mêmes idéogrammes orientaux ?

Martyn : Quand on écrit des morceaux, on fait de temps en temps des clins d'œil (pour ne pas s'en cacher : Beastie Boys, Beatles, Ligeti, In Other Climes, Gianna Michaels...). On est très probablement influencé par SC3 parce qu'on en écoute, mais je ne me rappelle pas y avoir fait référence sciemment.

Sacha : Le signe dont tu parles est le Om. Il s'agit d'un des symboles les plus sacrés de l'hindouisme. Cette syllabe représente le son originel, primordial, à partir duquel l'Univers se serait structuré. Il fait donc référence à la culture indienne, mais je ne suis pas certain que les symboles utilisés par SC3 incluent celui-ci.

 

Toujours à propos de la pochette : ces excréments qui sortent d’un œil/nombril entouré d’un triangle divin, c’est l’affirmation de vos convictions scato-nawako-satanistes (en clair « On chie dans l’œil de Dieu, ouais, on est comme ça nous ! ») ?

Martyn : Sacha est un grand fan de caca et moi, comme je suis un métaleux, je suis obligé d'égorger des chatons et de boire leur sang, sinon tous les fantasmes de notre divinité Christine Boutin feront chou blanc.

Sacha : Oui, c'est quelque chose comme ça. L'idée, c'est la perversion de la culture indienne par nos esprits perturbés. Et pour être parfaitement clair, oui, on chie dans l'oeil de Dieu. De plus, ayant prêté allégeance à Cobra, nous sommes unis dans la haine de Jesus Christ.

 

Qu’est-ce donc que cette complainte que l’on peut entendre sur « 한오백년 » ? Est-ce, comme notre petit doigt nous l’a soufflé à l’oreille, l’expression de la douloureuse solitude d’une jeune coréenne souffrant de constipation ?

Sacha : « 한오백년 » est le nom d'une chanson coréenne que nous avons remaniée.

Martyn : Pour moi c'est le morceau le plus étonnant de l'album, vraiment. Je crois que tu devrais l'écouter encore une fois, la première écoute doit être étrange au milieu de tout ce bruit que font les autres morceaux.

 

Le gimmick du morceau court et violemment dément (« KRR », qui semble cligner de l’œil en direction de « Rah » et « DoWhatTheFuckYouWant ») est-il consciemment et systématiquement amené sur chaque sortie, comme un clin d’œil aux fidèles qui attendent de retrouver leurs repères, ou bien est-ce un hasard relativement facile à expliquer quand on sait que les problèmes d’infection urinaire combinés à l’éjaculation précoce peuvent inspirer des morceaux courts et furieux aux artistes écorchés ?

Sacha : Oui, le morceau fait référence à « Rah ».

Martyn : Tu l'as remarqué, on aime bien quand ça va vite. On aimerait même que ça aille plus vite, plus fort. Sur le prochain album on le fera certainement encore. C'est plus généralement une référence au grindcore, alors ça peut frustrer, parce que pas le temps d'éjaculer, mais c'est vachement plus long que « You Suffer ».

 

Le mélange hiphop / black metal qui illumine « Release The Crackhead » est tout simplement monstrueux (ici, l’utilisation du qualificatif est méliorative). D’où vous avez-nous sorti cette fusion improbable et pourtant carrément excellente ?

Sacha : Ben on essaye toujours d'être originaux, hein, donc ça semblait une bonne idée ce mélange improbable. Après il y avait aussi le défi technique d'arriver à mixer les deux styles pour arriver à quelque chose de cohérent. Je pense que le pari est assez réussi (chevilles qui enflent).

Martyn : J'avais très envie de détourner l'ambiance malsaine et sombre du black, de m'en servir comme d'un sample, d'une boucle (qui, visuellement, ressemble à un gros rectangle bien plein). On empile des couches de guitares extrêmement saturées sur un gros blast beat, on réduit tout ça, et voilà: on a notre boucle hip hop. Yo.

 

Bien que plus long que d’habitude, The Talas of Satan est encore une fois bien court (plus court que Reign in Blood… T’as qu’à voir) ! Pourquoi-c’est-donc-faire-que-argh-mais-euh cette excessive et récurrente brièveté de vos albums ? Des morceaux courts : très bien. Des albums courts : mais, euuuuuuh !

Sacha : Faut pas oublier que cet album est entièrement DIY. On a composé, interprété, enregistré, mixé cet album à deux. La quantité de travail est assez volumineuse. En plus, avec Martyn, on est séparé géographiquement, on est donc limité en temps pour travailler. Enfin je pars toujours du principe qu'il vaut mieux quelque chose de trop court mais de bon, que l'inverse. On a donc favorisé la qualité à la quantité. Néanmoins tu auras remarqué notre effort pour rallonger de quelques minutes cet album. Le prochain opus devrait être plus long encore.

Martyn : comme ma ...

 

Les idées exploitées sur le clip de « COI » – comme sur celui, moins officiel, de « 23-09 » – sont carrément originales. Qu'est-ce qui vous inspire des concepts aussi farfelus ? L’ivresse euphorique provoquée par un visionnage intensif des programmes de Gulli ? Ah et puis tiens : comment avez-vous réussi à convaincre C. Boutin et Ben Laden de venir faire des apparitions dans le clip de « COI » ? Il a dû falloir parlementer pendant des heures avec leurs agents non ?

Sacha : l'idée de programmer des servomoteurs et de les synchroniser à la musique me vient de mes expériences avec le groupe Musique Rythmique et Sportive. C'est un collectif expérimental dans lequel on travaille sur le temps réel, l'interaction, le détournement des technologies. On travaille au Logoscope (http://lelogoscope.com) qui est un lieu de recherche et d'expérimentation, dans lequel nos initiatives sont largement soutenues.

 

Aux beaux jours, vous allez tourner avec Pryapisme dans les moiteurs de notre beau pays (…ainsi qu’aux alentours). On aura rarement vu affiche aussi cohérente stylistiquement et patronymiquement parlant ! Le nom et le visuel de cette tournée vont-ils réussir à passer à travers les mailles de la très prude censure ?

Sacha : Ouais, ça promet ! Les idées de noms pour la tournée ont déjà fusées... Mais honnêtement, ils sont à tendance scatophile.

Martyn : Je suis très content qu'on ait pu concrétiser cette tournée. J'adore Pryapisme et je suis très impatient de partager ma sueur et l'odeur de mes pieds avec les leurs. Je crois qu'on n'arrivera pas à se décider pour un nom de tournée: commercialement toutes les propositions sont trop innovantes.

 

Question qui me tarabuste : au final, qui a l’humour le plus débile entre vous et les mecs de Pryapisme. Jehan (le boss d’Apathia Records) a-t-il rendu un verdict à ce sujet ?

Sacha : Faut pas oublier qu'on a une longueur d'avance, vu qu'à côté de HAH, les Joe La Mouk c'est nous!

Martyn : Ils ont l'air d'être assez discrets et sages ces petits, finalement. Sinon j'ai entendu parler de Heart Attack et du fait que Apathia ne signera plus aucun groupe dont le nom commence par H et A.

... C'est Hugues Aufray qui va faire la gueule !

photo de Cglaume
le 22/04/2014

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