1980 - 1980

Chronique CD album (33 minutes)

chronique 1980 - 1980

Ce 7 titres n'est qu'une première production, et pourtant, on pourrait écrire beaucoup de pages sur 1980 ! Tout commencerait par une intense réflexion sur ce nom de groupe énigmatique, ou encore sur ce visuel que l'on attend pas dans un bac étiqueté métal... Et même si ces questions mériteraient d'être soulevées, une seule sera l'objet de cette chronique : la musique.

 

Ce 1980 ce sont 33 minutes à décortiquer, pour un 7 titres sorti il y a prés de 2 ans... Une fois les chiffres étalés, essayons nous à une analyse, et là, la tâche devient rapidement plus complexe. Si la consanguinité n'a jamais engendré l'élite de la nation, lorsqu'il s'agit de musique la question est tout autre.

Prenons Cynic, qui ne jouit pas d'une popularité à la hauteur de son talent, mais dont la richesse et la puissance permettent souvent une accroche directe. Un brin de finesse, de profondeur, de recherche, bref une patte rare.

Prenons Meshuggah, et là, il suffit d'évoquer de prés ou de loin les suédois pour voir l'œil du metalleux s'illuminer, se rappeler que les meilleurs riffs nous viennent de Scandinavie, que la brutalité est aussi une affaire de talent. Les deux groupes cités sont cousins, et pourtant oublions tout moyen de contraception. Laissons leur devenir une nouvelle entité forte qui va même se développer et évoluer en une nouvelle espèce : 1980.

 

Évidemment on retrouve quelques traces familiales avec le titre "Meshuggahreich", qui étrangement est le plus éloigné de ce que les géants du Nord auraient crées. Mais le nom est là, et la musique encore plus. Certains aspects sont particulièrement marquants, à commencer par cette mise en bouche sur "Sagaie". Ça taperait presque (et c'est déjà un énorme compliment) comme Tomas Haake, sans compter que chaque riff nous plonge dans une ambiance différente et agressive...

 

Mais là où 1980 construit son œuvre c'est dans une cassure à 1min30 qui va progressivement modeler une nouvelle..."créature". On achève les 5 premières minutes (en comptant l'intro déjà mystérieuse) en fronçant les sourcils, et finalement, ce son, cette personnalité, le groupe va continuer à la façonner. Sur "O me oh" la question s'inverse : ça tient plus du Cynic dans la deuxième partie du morceau, la première étape étant une phase ambiante avec des sons rappelant presque les cris abyssiens.

Puis il y a ce "Meshuggahreich" qui propose cinq minutes troublantes qui se jouent de nous avec des contretemps : ça tournerait presque au math-rock, ça prend des allures jazzy, la guitare s'amuse de nouveau avec ces ambiances énigmatiques, la basse fait un show alors que le batteur tapote, monte la pression et joue à modifier les rythmes. Quand on sort de là on reprend avec Amicalement vôtre, et on découvre enfin toutes les facettes de la personnalité de 1980. C'est complexe mais..."farouche". C'est progressif, brutal, à la moitié du titre on pense à Scale the Summit (qui sont eux-même les enfants de Cynic), mais on ne s'endort pas une seconde sur un rythme parce que rapidement le clavier propose des sons eux même bousculés par un nouveau tempo mené par un nouveau riff. Si le morceau 1980 est un quasi-jumeau du morceau précédent, il tire plus ses ambiances dans le côté jazzy durant la 3e minute. La 4e minute retord le titre avec un clavier, puis une guitare s'incruste en soutien pour finalement prendre temporairement les rênes et on termine sur un bijou de construction...à l'image du dernier titre "Il se fait tard mon ami, il faut rentrer" : tout un périple.

 

Tout s'achève alors avec une certaine douceur. On croit alors que c'est la fin...mais les français tendent le bâton pour se faire battre en collant plusieurs passages de cet ep : particulièrement agaçant. Un peu de tempérance dans cet article permet également de souligner que la complexité de l'œuvre touchera les oreilles les plus averties ou du moins les plus attentives. On ne se retrouve pas face à une démonstration technique ennuyeuse mais bien face à une création fine et réfléchie.

photo de Tookie
le 11/11/2009

1 COMMENTAIRE

vkng jzz

vkng jzz le 18/11/2009 à 15:52:52

super skeud, inspiré et très frais, même si on est un peu en terrain connu

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