202 Project - House of the 4 Vilains

Chronique CD album (33")

chronique 202 Project - House of the 4 Vilains

Le hasard, l’oisiveté fait parfois bien les choses. Vous avez remarqué comme la démocratisation d’internet aura considérablement modifié notre approche de la découverte, aiguisé notre curiosité dans les meilleurs des cas.  Pour peu que l’on soit musicien ou amateur de musique, nous sommes servis.  Ces derniers jours la franchise Myspace a subi un lifting horrible qui coïncide à l’explosion des groupes (quidams ?) qui mettent leur production en ligne.  Causes et effets.  Jeunisme affiché avec du bleu électrique et du rose fuchsia dans la page « Accueil ». Mise en forme sans fond des milliers de groupes qui jettent  3 titres sans âme sur la toile. Consommation jetable, zapping à outrance.  Ca va être coton de chroniquer les nouveautés dans les années à venir. Comment donner du sens, décrire la salle vide sur-éclairée. Néanmoins c’est par ce biais que je suis entré dans l’univers de JP Marsal, il y’a déjà quelques années maintenant.

 

 Pour l’histoire, le bonhomme a, en 2008, composé déjà 280 chansons à travers son projet solo ou ses différents groupes comme l’international Viva Geneva ou les décisifs The Insiders.  De kilomètres en maux de dos à décharger le camion, de cordes cassées à d’invraisemblables lieux de diffusion ; JP Marsal (en route depuis 1996) est sans doute l’un des secrets les mieux gardés dans le microcosme underground français.

The House of the 4 Vilains est donc la cinquième sortie de son alter-égo principal 202 Project.  On y retrouve tout l’esprit lynchien qui accompagne ses productions.  C’est l’un des constats quelles que soient les eaux dans  lesquelles a baigné l’artiste, on retrouve immanquablement cette griffe hallucinée, ce regard sombre sur la nature humaine. Si les images du natif de Missoula (Montana) semblent à chaque fois extirpées de rêves ou de cauchemars, il en est de même pour les espaces sonores créés par le stéphanois. « Crevi ho,no » et « Embourbé (sans sucre) » - ! - qui ouvrent ce volet en sont des exemples sans concession. En 5’32 ‘’ pour les deux titres,  la trame happe littéralement l’auditeur vers son irréel. Clairement c’est la force de 202 Project.  « Run » et son piano malin qui repose sur une rythmique famélique  joue sur l’émotion pure pour un blues du 21eme siècle.

C’est que l’homme a des références. « Theme from St-Etienne » apparaît dès lors comme la respiration salutaire du disque, un relâchement sautillant et frais. « Toutime », en mode démonstration, est apaisé. « Quand tu seras dans la terre », en format minimaliste et décisif est sans doute le titre le plus cinématographique de l’album.  Le battement d’un cœur « robotique » vient, subtilement, nous surprendre dans nos rêveries, instaurant un malaise, une fièvre.  Malaise qui perdure jusqu’à l’improbable reprise de Donna Summer. Pépite de l’album car inattendue et toute « habitée ». « Craquements » est certainement le titre le plus  -202- dans la forme et rappelle en partie les sorties précédentes.

 

Après différents labels, c’est Le Son du Maquis (Bettina Koestter, James Chance, Alan Vega, a Certain General) qui édite son album Total Eclipse (implacable !) paru en ce début 2010.

A découvrir absolument…

photo de Eric D-Toorop
le 03/12/2010

1 COMMENTAIRE

 jany marsal

jany marsal le 05/12/2010 à 06:17:16

félicitations pour ce très bel album

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