A storm of light - Anthroscene

A storm of light - "Anthroscene"
chronique A storm of light - Anthroscene

Après avoir été déçue 3 fois par A storm of light, la team CoreandCo avait fait l'impasse sur Nations to Flames en 2013. Ce quatrième album des américains avait durci le ton, notamment dans le riffing et une atmosphère à la Ministry...sans en avoir le talent.
Le groupe semblait tout de même parti pour avoir une poussée burnesque, même si ce n'était pas encore abouti. D'ailleurs, on s'était tellement fait chié que nous avions préféré ne pas en parler.

 

Cinq ans après, pour un cinquième album, nous nous sommes dits que donner des nouvelles du groupe ne serait pas une mauvaise idée vu, qu'en plus, le label nous a tanné avec des mails promos pour écouter un stream puis des MP3 watercodés.

Bon ben, bilan, tu peux faire l'économie de 20€ : A storm of light est toujours aussi chiant.

 

Comme d'habitude, A storm of light ne vaut que pour son univers graphique. Affaire de goûts, certes, mais dont le travail et la précision sont salutaires puisqu'ils arrivent à donner un sens à des albums qui, musicalement, n'en ont pas.
Graham s'entête à être musicien lui qui est excellent dans les arts visuels. Dommage.

On notera tout de même une légère amélioration avec Anthroscene comparé à ses aînés.
Pas dans les paroles.

Il semble y avoir une fixette chez le bonhomme sur une forme d'apocalypse sociale / sociétale, une critique de l'Amérique Trumpienne dans laquelle le chaos sera bientôt maître.
Cette instabilité ressort sur plusieurs titres après avoir été mise en image par une colombe en envol dans les mains d'une policière fringuée pour aller taper du zadiste.
Le sujet est hyper intéressant, mais son traitement est du niveau d'un élève de seconde qui demande à sa mère de coudre des patchs Slipknot sur son sac Eastpak (#autocritiquesurletard)

Musicalement : toujours la même soupe molle. Sludge atmo indus-like, du sous-Ministry bourré de Valium. A storm of light fait à chaque fois le pari de garder à peu près le même tempo de bout en bout et se casse la gueule à chaque fois.
Sa longévité dans la médiocrité est tout de même remarquable tout comme sa capacité à provoquer des baillements pendant 51 minutes sans nous faire hyper-ventiler.


Et pourtant, c'est dommage : depuis plus de 10 ans, ASOL a la chance d'avoir un énorme réseau de diffusion, de faire de belles scènes avec de très bons groupes, d'avoir un entourage excellent (la production est encore réussie), un line-up plus que respectable...mais ça ne décolle vraiment pas.


Se souligne tout de même une certaine réussite dans la mise en ambiance. Rien de bien triquant, ou simplement trippant, ni même original, mais une lourde chape de plomb est lâchée sur "Prime time" pour accompagner jusqu'à "Rosebud" les courageux qui seront allés jusqu'au bout de l'ennui. Ce point positif dans la musicalité de la bande de Graham ne suffit hélas pas à sauver un album dont le souvenir est, au mieux, périssable.

photo de Tookie
le 13/11/2018

5 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 13/11/2018 à 12:34:17

Placer "XXX est toujours aussi chiant." dans une chronique. Il n'y a pas de petits plaisirs :D

gulo gulo

gulo gulo le 14/11/2018 à 13:32:38

C'est marrant, autant visuellement je trouve que ça n'a pas bougé (aka : à vomir du sang par les yeux), autant musicalement je trouve que le fameux "virage indus" (foiré sur le précédent) est cette fois très réussi ; à condition, peut-être, de ne pas attendre du Ministry (ce qui d'ailleurs me concernait, je crois, avec le précédent), auquel cas évidemment c'est du Ministry très mou. Mais en l'occurrence je trouve le disque plus proche de l'influence majeure de Ministry, à savoir Killing Joke ; en encore un peu plus tarte, en plus metal, en ricain, mais du Killing Joke. Et aussi une version futuriste d'Amebix, avec un peu de Prong.
Bref, que des dérivés de Killing Joke.

el gep

el gep le 15/11/2018 à 12:38:16

Et c'est vrai que "visuellement" je ne vois pas trop le génie. Non plus...

Tookie

Tookie le 15/11/2018 à 17:00:49

Non en effet, pas de génie, mais un certain sens du détail, le travail est au moins fini et surtout, il a un sens.
En revanche, je trouve qu'il se renouvelle à ce niveau-là.

Concernant l'influence Killing Joke...Oui c'est juste !

gulo gulo

gulo gulo le 15/11/2018 à 18:17:16

Oui, c'est vrai qu'il y a renouvellement, les animaux de fans de Johnny sont partis :'(

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