Abominant - Napalm Reign

Abominant - "Napalm Reign"
chronique Abominant - Napalm Reign

Attaque en piquée puis – BLAM! – largage de bombes façon Dresde les P[a]ins. Dans la foulée: BEUÂÂÂÂRHH!, gros blasts virulents et torrents de lave guitaristique comme dans le plus méchant des War Death Metal champêtre. Faites voir… Napalm Reign par Abominant? Un groupe de Death du Kentucky qui écrit son logo tout en racines de mangrove boueuses sur fond de partie de Bingo infernale? Vu que Cobra Commander a repris la plume, ‘z’auriez pas par zazard refilé le promo du dernier Psycho Mambo Bigoudi au gros reptile et la dernière livraison du label Deathgasm Records au lapin jaune des fois, confondant pour l'occasion appendice lingual fourchu et appendice caudal touffu?

 

Mais dans les faits, bien qu’il aime avec passion le mode « distributeur de baffes », le vétéran américain (23 ans à abominer quand même!) n’est en fait pas uniquement ce digne rejeton d’un Immolation presque mélodique et d’un Angel Corpse ayant un peu calmé le jeu. Car s’il vomit beaucoup et blaste tout autant, et d’un: il n’oublie jamais d’insuffler un peu de mélodie dans la tempête de soufre, et de deux: il ne reste pas sagement assis à riffer sur des rails trop étriquées. Car non seulement parfois l’animal va invoquer les démons scandinaves de la mélodie démoniaque (on croirait entendre Decameron et ses potos sur « Reborn Through Bloodshed » et « Out of the Shadows »), tandis qu’à d’autres moments (« The Watchers ») ça drague méchamment Fenriz et autres Hibernatus à cartouchière aux commandes d’un Metal extrême Heavy’n’Roll carburant à la même came que les Demoniac, Bewitched and co.

 

… Et attendez, c'est pô fini: nos zoziaux sont loin de s’en tenir là dans le registre « Pompélop Metal Fiesta »!

 

Car nos abominables trve undergroundeux américains n’hésitent pas à pousser le grand écart stylistique carrément plus loin, au risque de froisser les brûleurs d’églises les moins souples des adducteurs. Parce qu’au moment où votre lecteur affiche les titres « Iron Clad » ou « Scream in the Night » sur son écran digital, ce qui sort de vos écouteurs ce n’est plus un hymne de porteur de mitrailleuse à pieds de bouc, mais bien du bon vieux Heavy Speed rétro plein de suppliques suraiguës. Alors certes, sur le 2e titre cité ci-dessus ce n’est pas trop étonnant vu qu’il s’agit d’une reprise d’Exciter. Par contre le 1er, lui, est carrément une compo’ originale! Autant vous dire que quand on enchaîne cette piste avec la grosse blastance from hell qu’est « Hordes of Desolation », on se demande si on n’aurait pas collé le dernier sampler de Metallian (… pub!) dans le mange-disque, plutôt que le 11e opus d’Abominant. Sauf que non: les Américains pratiquent la Fuck You attitude, ils se brossent carrément les omoplates de l'usage qui veut qu'on ne mélange pas les torchons extrêmes avec les serviettes Heavy, et rien que pour cela on leur doit un profond respect.

 

Maintenant, pour tempérer un peu ce début d’enthousiasme fiévreux, on assènera quand même que – bien que franchement varié sur la forme et sympathiquement mélodique – Napalm Reign offre des morceaux très classiques sur le fond, dont aucun ne devrait a priori devenir un hymne incontournable. Bref: très sympa (vraiment), mais pas de quoi braquer une banque pour se l’offrir.

 

... M’enfin le Cobra devrait bien kiffer!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: une lichette d’Angel Corpse tout vénère mais pas trop, des incantations Immolationniennes, de la mélodie Death/Black, du Metal Extrême’n’Roll crasseux ainsi que du vieux Heavy Speed fielleux d’époque (attention hein, on ne mélange pas le tout: on alterne, bien sagement, à la queue-leu-leu, au sein de morceaux différents)… C’est ça Napalm Reign: une bonne petite compil de Metal extrême vilain, tous styles confondus, au sein de laquelle ne sévit qu’un seul et même groupe: Abominant.

photo de Cglaume
le 19/09/2016

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