Ad Patres - A Brief Introduction to Human Experiments

Ad Patres - "A Brief Introduction to Human Experiments "
chronique Ad Patres - A Brief Introduction to Human Experiments

Sept ans après la sortie de leur album Scorn Aesthetics, déjà excellent et fort bien accueilli par la critique, Ad Patres nous revient avec une nouvelle création musicale, A Brief Introduction to Human Experiments, sortie en février 2019 chez Xenokorp Records (né deux ans auparavant des cendres de Kaotoxin et de Kaoskult Records). C’est un doux euphémisme que de dire qu’Ad Patres était attendu au tournant ! L’attente a été longue, et d’abord pour le groupe lui-même, qui a dû s’adapter au départ de leur second guitariste, Canard, remplacé par Pierre-Yves Marani (également au mastering). L’album porte la marque du double travail effectué sur la musique par le lead guitarist Olivier Bousquet et sur les lyrics par le bassiste Arnaud Pecoste. Mais c’est bien l’ensemble du line-up, relativement stable malgré la décennie d’existence, qui est parvenu à mettre en forme un album particulièrement abouti, techniquement très maîtrisé, souvent impressionnant et, au total, meilleur que celui de 2012.

Cette musique hyper-agressive animée de paroles tourmentées se resserre autour de 34 mn et de 10 pistes, dont 8 pures compos musicales très, très denses. L’écoute ne laisse aucun répit et pourtant elle me frustre un tout p’tit peu. Cette grosse demi-heure passe à une vitesse inouïe, mais, par pure gourmandise sans doute, j’aurais aimé un ou deux morceaux supplémentaires (que justifient peut-être les sept années séparant les deux albums). Mais, en fait, c’est un compliment que je fais là, car je remercie Ad Patres : cela fait bien des années maintenant que je me désespère de faire admettre aux potes – y compris des métalleux purs et durs – les qualités de ce que j’appelle tendrement « le gros gros vilain », avec des poètes comme Benighted, Impureza et consorts. A Brief Introduction to Human Experiments me permet à nouveau d’affirmer à quel point le Brutal Death metal, lorsqu’il est bien orchestré, est une musique éminemment complexe qui nécessite une maitrise technique absolument remarquable. Y compris au chant ! Celui d’Axel Doussaud est certes classique, mais très en place. Il propose même – oui, oui, c’est possible – quelques passages plus gras dans « The Disappearance Of I » et « Symbiosick ». De son côté, la batterie d’Alsvid est une tuerie absolue. Ce n’est pas une surprise : ses performances à la double représentent ici un apport décisif, à l’exemple des entames irrésistibles de « Spellbound » et de « Enclosing Terror ». C’est lorsque cette double est combinée aux riffs ravageurs des guitares, qu’Ad Patres est le meilleur pour titiller notre nuque et agresser nos conduits auditifs : prenez « Led by Flesh » (mon morceau préféré n°1), le segment le plus court et peut-être le plus intense de l’album, qui rappelle leurs premières productions. Les tabassages en bonne et due forme sont la règle (notamment « The Disappearance Of I », « Symbiosock », « Verses Void »). Du très lourd.

Attention, ce Brutal Death est loin d’être linéaire, puisqu’il contient à la fois plusieurs solos Death très classiques, presque old school, parfois un peu brefs (« Mechanical Enlightenment »), un dosage Tech bien pensé, ainsi que des variations rythmiques constantes, voire de véritables « pauses », comme en plein cœur de « Symbiosick » ou au début de l’excellent « The Floating Point » (mon morceau préféré n°2, le meilleur condensé de ce nouveau Ad Patres). Outre les interludes « Shock Therapy » et « Sermon », qui habilleront à coup sûr l’ambiance sonore angoissante des prestations live à venir, ces respirations, rares, seront peut-être une pause bienvenue pour des oreilles non averties, mais elles offrent, me semble-t-il, l’opportunité aux lignes de basse de s’exprimer pleinement.

J’en suis convaincu : A Brief Introduction to Human Experiments doit être un marchepied décisif dans la carrière musicale des Girondins. En effet, les gars d’Ad Patres se (re)placent très solidement avec leur album, dans la mêlée des défenseurs de la musique extrême d’un Grand Sud-Ouest, aux côtés des intouchables Gorod, des impressionnants Exocrine, des confirmés Breakdust, Can of Worms, Fall of Seraphs et Stillborn Slave ou des outsiders Anaxagor, Pottiin et Tempt Fate. Sans doute voient-ils au-delà de cet étroit périmètre régional et, vous savez quoi, ils ont bien raison !

photo de Seisachtheion
le 29/03/2019

5 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 29/03/2019 à 18:32:26

Voilàààààà: la kro qui te fais vraiment rentrer dans la team, pour moi.

(N'écoute pas les autres foies jaunes: only Brutality survive)

Seisachtheion

Seisachtheion le 29/03/2019 à 19:49:04

Hé, hé, hé ;)

cglaume

cglaume le 29/03/2019 à 23:34:14

C'est vrai : ça mérite un 2e "Welcoooome !!" :)

Seisachtheion

Seisachtheion le 30/03/2019 à 08:32:24

Et moi un 2e "Hé hé hé ;) ''

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 19/06/2019 à 10:07:44

Je commence à le rider pour de vrai: et c'est un gros monstre cet album.

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