Aluk Todolo - Occult Rock

Chronique Vinyle 12" (42:56 & 41:37)

chronique Aluk Todolo - Occult Rock

C’est dans un capharnaüm - tel un brouhaha de fin de chanson - qui semble étiré à l’infini où tous les musiciens tapent sur leurs instruments dans tous les sens que commence ce Occult Rock. S’il n’y avait cette guitare « schizoïdesque », comme venue de l’espace et perdue au milieu de tout ça, on pourrait se croire sur les terres d’un groupe black metal de 92, en plein forêt « transylvanienne ». De ce voile sonore, épais, en mouvement, s’échappent donc des dissonances et les musiciens font crier leurs cordes à la mort, guitare et basse alternativement, absolument pas rythmées sur les coups de marteaux du batteur. Metal, expérimental, psychédélique, répétitif, voilà les bases du rock occulte qui se rependra tout au long des 4 faces de ce troisième album.

 

Basé sur des motifs rythmiques à la batterie et à la basse, d’ensemble assez simples - ceux à la basse ne dépassant jamais les 4 notes, motif hypnotique quand tu nous tiens ! Et là ils nous tiennent -, chaque ponctuation dans l’évolution des morceaux manquera, de peu, de nous faire basculer. Il y a une réelle prise physique de leur musique sur l’auditeur. Sur ces motifs, c’est la guitare qui semble être la seule à se permettre de ne pas être en rythme, et qui du coup crie de partout, voir s’énerve contre nos tympans. Et quand ils nous lâchent, par-ci par-là, pour des motifs plus lent aux notes étirées, c’est pour se retrouver hagard sans se douter de la suite des événements. Forcément quand ils augmentent la vitesse à nouveau, on se retrouve avec la méchante impression qu’il y a quelque chose ou quelqu’un qui est en train de nous courir après. Là, juste derrière. Sachant qu’à la reprise de rythme, ils renforcent la pression en augmentant les dissonances guitare sorties de nul part. Bam, baisse de rythme et de son à nouveau et ce n’est plus qu’un battement de cœur qui nous parviens. Les salauds sur ce premier disque se sont clairement positionnés en tant que prédateurs, et c’est bien nous qu’ils sont en train de traquer.

 

Sous cet aspect plus ou moins bruitiste, instrumental, peut-être expérimental, on se rend compte que l’ensemble, en plus d’être sacrément bien joué, est sacrément bien pensé et qu’ils veulent aller quelque part. En gros, ils ne sont pas en train d’astiquer leurs manches, et on ne gardera au final le terme d’ « expérimental » que pour exprimer notre inhabitude à écouter ce genre d’album et pour le côté progressif de leurs compos. Parce que oui ces compos, et ces motifs, sont mélodiques - et c’est bien là la différence avec l’ « expérimental » - et les 3 instruments, guitare, basse batterie, avancent ensemble. Nous ne sommes pas dans le cas où chacun part faire sa démonstration de son côté. Ce sont de « vrai » morceaux (!) et pas du « déglinguage »  de mélodie - avec du bruit fait simplement en tant que tel - que  l’on pourra catégorisé comme « metal-rock » et pas du tout à rapprocher de ceux étiquetés purement « expérimental ».

Au delà de se sentir traqué (surtout sur le premier disque), comme je le disais, on se sent happé par leur musique et le corps ne peut que réagir avec au minimum un headbanging. Et il y a moyen ici - notamment avec ces ponctuations de morceaux dont je vous parlais qui stoppent net un motif répété depuis plusieurs minutes – de se rompre la nuque, et de tomber dans le côté obscure de la transe, chose qui semble être ici leur motif premier.

 

À ce très bon album il faut préciser que le groupe est encore meilleur sur scène, et que, en première partie de Stephen O’Malley ou pas, il ne faut surtout pas les rater !

photo de R.Savary
le 03/04/2013

3 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 03/04/2013 à 11:04:39

Intéressant mais pas de quoi de relever la nuit.

daminoux

daminoux le 03/04/2013 à 13:37:34

plutot sympa mais pas ma came...

R.Savary

R.Savary le 04/04/2013 à 00:56:16

et bien mes amis, en concert cet album dépote sévère !

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