Ancst - Abolitionist

Ancst - "Abolitionist"
chronique Ancst - Abolitionist

Prolifique. Tel pourrait être le premier qualificatif concernant le collectif Ancst. Depuis 2012, ils sont effectivement à l'origine de 5 splits, 3 albums et 9 EP et il y a de fortes chances pour que ce décompte évolue avant que vous n'ayez fini de lire cette chronique. 17 galettes en 6 ans. Je vous laisse calculer le ratio vous-même. Le deuxième pourrait être engagé. Malgré quelques tentatives pour rentrer dans des circuits de productions, ils en reviennent systématiquement au DIY. Chassez le naturel et il reviendra au galop. Cette dynamique galopante les amène même à monter leur propre festival : le Solitude Fest dont la troisième édition aura lieu en juin, à Berlin. Ces anciens d'Henry Fonda et AfterLife Kids (entre autres) se posent donc sur la scène berlinoise en opérant un blackened/crust bien maîtrisé, notamment avec Abolitionist, sorti en novembre 2018. Analyse.

 

L'entrée en matière est pour ainsi dire radicale. On se retrouve projeté dans le tumulte de ces tourbillons boueux dont on se sort difficilement, sans avoir pu inspirer préalablement. Ça blaste évidemment de tous les côtés, le tout soutenu par des riffs propres et efficaces. Le chant grave mais dynamique (pour ne pas dire nerveux) vient compléter l'ensemble et exprimer une rage inconditionnelle de la société moderne. « Inclinez-vous et priez pour un but, lié par des chaînes, obéissant jusqu'au bout. Contemplez la fin de la liberté, regardez-nous accepter le sort de l'esclavage moderne » et autres joyeusetés font partie du corpus d'Abolitionist. Il y a ici pléthore d'exemples et d'arguments permettant aisément de tenir tête à n'importe quel hippie chevronné. Et c'est peut-être ici que réside mon intérêt pour Ancst. Au-delà de leurs compositions et prestations somme toute efficaces, il y a en eux une sorte d'urgence et de sincérité. On retrouve chez eux, et de manière constante, cette angoisse (Angst en allemand) du nihiliste convaincu qui trouve refuge dans l'acte de création.

 

Au final, Abolitionist reste dans la lignée de ces prédécesseurs. Concrètement de qualité mais sans chercher à réinventer le genre, on l'écoutera donc pour se faire plaisir tout en souhaitant l'abolition... d'un paquet de chose. Enjoy!

photo de Vincent Bouvier
le 30/04/2019

4 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 30/04/2019 à 12:23:11

M'a jamais passionné ce groupe: entre Néo et Blackened, il a les miches entre deux chaises.

Vincent Bouvier

Vincent Bouvier le 30/04/2019 à 13:08:26

Pour le coup, c'est ce qui m'intéresse. Sortir un peu du trve, et proposer un mélange qui s'écoute...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 30/04/2019 à 16:37:33

Faut pas abuser des mélanges cependant: ça file parfois la gueule de bois !

cglaume

cglaume le 30/04/2019 à 20:41:15

Je m'insurge face à cette défiance envers les mélanges !!!! Nawak attaaaaaaaaaack !!

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