Anika - Anika

Chronique CD album (36.36)

chronique Anika - Anika

Une rencontre a suffi -celle entre Anika, journaliste et organisatrice de concerts, et Geoff Barrow, membre de Portishead et Beak- pour qu'un album de haute volée voie le jour.

 

Suite à cela, et en s'appuyant sur le label de ce même Geoff Barrow, Invada Records, Beak et la belle allemande allaient livrer neuf titres souterrains, impeccables, sombres et évoquant l'excellent Queen of noise de Bettina Koster, autre allemande à l'univers passionnant. A la différence près qu'ici, l'équipe ainsi constituée fait le choix de reprises...de choix; de Dylan à Yoko Ono en passant par Lyn Ripley, pour faire court, qui, associées aux compos émanant d'Anika, forment un ensemble séduisant, à comptabiliser dans les plus belles surprises de cette année 2010.

 

L'opus s'achève même sur une version dub hallucinante de "Masters of war" de Dylan, dark et sulfureuse, précédée par les huit autres compos que la voix d'Anika, grave et déterminante, enjolive tout en les assombrissant, accompagnée par une instrumentation assez minimale, vive (Terry) et réminiscente des late 70's ou early 80's, porteuse de sons aux boucles obsédantes ("Yang yang", imparable) et animées par des basses au relief saisissant. "

End of the world" reflète aussi très bien ce côté alerte ici plus enjoué, si l'on peut dire, et la première cover de "Masters of war", aussi leste qu'aquatique, à la voix étouffée, complète l'œuvre de ce groupe déjà plus que recommandé.

 

Plus loin, un "Officer officer" implacable, rythmé et muni de guitares claires, proche de la protégée du Son du Maquis évoquée plus haut, apporte sa contribution, loin d'être négligeable, à cet album éponyme, avant que les claviers de "Sadness hides the sun" n'imposent des nappes significatives sur un tempo aussi discret que présent. Rien n'est à négliger, la collaboration singulière et plus qu'aboutie, et "No one's there", aux grattes torturées, cold et post à la fois, au rythme métronomique mais changeant, vient lui aussi nous régaler de son atmosphère prenante, déviante, qui fait tout le charme, et la force, de ce disque.

"I go to sleep", plus "clair", ou plutôt dans un clair obscur élégant mais loin d'être conventionnel, précédent le "Masters of war (dub)" décrit en début d'article et parachevant l'œuvre, splendide, de cette journaliste et de ce défricheur décidément hautement talentueux, épaulés par un groupe dont la dextérité ne surprend guère et qui livre ici le plus parfait des enrobages sonores.

 

Grand disque donc, froid et groovy, grandement inspiré et aucunement imputable à tout mouvement déjà connu.

photo de Refuse to keep silent
le 27/10/2010

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