Archspire - Relentless Mutation

Archspire - "Relentless Mutation"
chronique Archspire - Relentless Mutation

Nom de Zeus, ça fait un bail qu’un album aussi brutal ne m’avait pas remué aussi profond la tripaille! Depuis le Evidence of Iniquity de Beneath the Massacre je crois. Ou le Onset of Putrefaction de Necrophagist. Ou le Colossal Titan Strife de Kronos. ‘fin bref, on s’en carre. Vous avez compris l’essentiel du message contenu dans ces toutes premières lignes (... qui suffisent finalement: pourquoi écrire une chro complète dans le cas présent?): Relentless Mutation est un monstre comme il n’en surgit que rarement du fond des abysses de la zic à canon sciée. Entre la modernité spasmodique de Beneath the Massacre, le blindage de l’école polonaise (ou de Kronos, justement, qui a cette même largeur d’épaule), et une technicité qui évoque aussi bien Theory In Practice que DragonForce (ça shred dur et rapide ici, mais en version non gavante), le 3e album d’Archspire est une tuerie aussi inhumaine qu’orgasmique (bref: on n’est pas chez Lex Talionis!).

 

Mais dites-moi: qu’est-ce qui fait-y qu’Archspire culmine aussi haut au-dessus de la foultitude des poulains estampillés Unique Leader et autres dealers de Brutal’n’Tech? Eh bien trois atouts discriminants, livrés ici dans l’ordre croissant de rareté, parce que les montées en puissance c’est aussi bon en lecture qu’en musique:

* un batteur monumental, impitoyable, Spencer Prewett, qui te claque des gravity blasts comme d’autres snapent leurs fingers. Alors ok, c’est sûr: il n’est pas le seul poulpoïde mutant de la planète Metal, et il perd en groove ce qu’il gagne en vitesse et en précision. Mais ce qui est sûr c'est que la performance du zig nous explose à la tronche dès les premières secondes, et ‘de dieu que c’est bon!

* un chanteur mitraillette, Oli Peters, dont le débit a de quoi faire flasher les radars automatisés comme des guirlandes de noël. Pour voir l’animal à l’œuvre, rien de tel que cette vidéo Karaoké pastiche qui calmera les ardeurs des wannabimitateurs. Par ailleurs le zigoto a un growl légèrement étranglé, subtilement parcheminé, et une élocution étonnamment claire pour le style et les vitesses pratiquées. Ce qui n’empêche pas quelques gruikeries de ci de là, parce que tout est bon dans le cochon, Raymond! Une vraie marque de fabrique, qui évite l’écueil du borborygme de fond d’espace sonore

* un savoir-faire rare en termes de composition. Car les 7 morceaux de Relentless Mutation ne sont pas que des successions indigestes de passages époustouflants destinés à épater la jolie petite groupie qui vient de se mettre à la guitare. Non non: le metalhead qui s’y connait autant en solfège que Trump en géopolitique se voit ici offerts 7 titres à la personnalité bien trempée et à l’accroche indiscutable. C’est assez affolant de voir comment, au milieu de ces déferlantes colossales, se dessinent des mélodies majestueuses, des enchaînements qui collent la pression et des pirouettes qui mettent le palpitant sens dessus dessous.

 

Alors c’est vrai, je ne mentionne pas explicitement la basse (qui a ses moments de gloire), ni les gratteux (mais n’ai-je pas déjà mentionné DragonForce et autres groupes qui ne seraient rien sans des escrimeurs de compète?)... Mais vous imaginez bien qu’on évolue ici dans ce qui se fait de plus hallucinant en terme de gratouille from Outer Space.

 

Pour autant, dans la merveilleuse tourmente qui nous refait la déco pendant une grosse demi-heure, l’allure n’est pas toujours celle du panzer en phase d’accélération supraluminique. Cette parenthèse, par exemple, qui s’ouvre à 2:24 sur « Involuntary Doppelgänger » aurait pu être écrite par un Devin Townsend période Terria. Et toute la première minute du morceau-titre est délivrée avec gants blancs, souliers cirés et plateau d’argent. C’est qu’à côté de la destruction de blocs de granit à main nues, les cyborg-logers canadiens savent constituer de magnifiques bouquets de roses. Bon, à partir d'ici j’avais prévu de vous faire un petit tour d’horizon des passages et morceaux les plus exceptionnels de l’album, mais ça m’obligerait à décrire la quasi-totalité des 7 morceaux. Et puis je vous ai déjà suffisamment gavés (… et convaincus, j’espère) comme ça, alors passons plutôt à la conclusion.

 

Réussir à ce point à nous accrocher, à nous déchausser les molaires et nous écarquiller les mirettes, c’est phénoménal! Comme si Gorod s’était installé derrière les manettes de ces robots-combattants utilisés par Ripley dans Aliens, le Retour, ou par les défenseurs de Sion dans Matrix Revolutions. Atteindre d’aussi près les points de rupture de la capacité humaine tout en gardant parfaitement le contrôle et en réalisant de telles merveilles… Archspire ne serait pas un peu le pilote d’essai du Tech Death brutal? En tous cas il s’est fait retourner comme rarement le lapin cglaumesque! En de pareilles circonstances d’autres que moi vous auraient dit à raison BUY OR DIE!!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: la brutale et moderne précision de Beneath The Massacre, la force de frappe militaire du Death polonais, la technicité d’un mélange de Theory in Practice et DragonForce, l’accroche d’un Gorod: ce Relentless Mutation est une tuerie sans nom!

photo de Cglaume
le 11/12/2017

4 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 11/12/2017 à 20:33:02

Pas fan du son mais la perf est assez hallucinante. J'y reviendrai probablement plus tard.

cglaume

cglaume le 11/12/2017 à 22:05:47

Tu feras bien :)

Ander

Ander le 30/12/2017 à 15:41:24

Généreux le lapin! :o Je l'aime bien cet album, mais je le trouve en tout point inférieur à Lucid Collective même si ça reste de la bonne came.

cglaume

cglaume le 30/12/2017 à 19:36:51

Toi, tu essaies de me faire explorer leur back catalogue ;) Et je compte bien le faire d'ailleurs !

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