Armageddon - Crossing the Rubicon - Revisited

Chronique CD album (41:17)

chronique Armageddon - Crossing the Rubicon - Revisited

Christopher Amott est quelqu’un de très organisé. Ainsi, afin de simplifier la vie de ses fans, il s’est arrangé pour nommer ses 2 bébés – Arch Enemy et Armageddon – de telle manière que, chez les revendeurs de musique officiant ailleurs que sur la toile, l’ensemble de sa production se retrouve rangée au sein du même bac. Dans le même ordre idée, pour ne pas perturber ses chéris, il s'évertue à ce que ses 2 formations proposent exactement le même type de Death extrêmement mélodique mais néanmoins viril, truffé de leads qu’on croirait sortis de chez Maiden ou Rage, mais aussi de bon vieux coups de semelle sur le champignon histoire que le 35 tonnes fauche au passage quelques mamies aventurées trop avant sur la chaussée. M’enfin en enfilant Crossing The Rubicon – Revisited dans votre platine, ne vous imaginez pas qu'une Angela ou une Alissa tout en bouclettes bleues va surgir de vos enceintes: comme son nom l’indique, il s’agit du réenregistrement du 1er album de la formation, effectué à l’occasion du 20e anniversaire de celui-ci. C’est donc du Arch Enemy des origines qui semble jaillir de l’opus en question. Vous savez, ce fantôme des noëls passés qui portait un nom encore confidentiel, qui ne jouait pas de la plastique avantageuse de sa chanteuse pour éditer des posters double pages dans « Myckey Metal Mag », et qui ne cherchait pas à capter absolument l’attention du public le plus jeune de Gojira et Avenged Sevenfold.

 

C’est bien simple: par moment on aurait presque l’impression d’entendre grogner Johan Liiva! Du coup c’est le genre de rondelle que l'on se passe vêtu d'un grand sweat XXL, histoire de masquer autant que faire se peut la présence du gourdin qui vient involontairement saluer ce magnifique effort!

 

Dès l’intro « 2022 » – à 100% dans l’esprit, classique mais parfaite – on sent que ça va être l’orgie dans la nostalg'-confiserie suédoise. Et les « Godforsaken », « The Juggernaut Divine » et « Astral Adventure (The Escape) » de confirmer cette conjecture de la plus magistrale des façons! Dosant subtilement torgnoles et caresses, enfilant les leads affutés, enchaînant des plans qu’on se demande où ils s'étaient cachés pendant toutes ces années passées à écouter du Melodeath, l'album invite à l'abandon hédoniste, vécu un sourire niais sur les lèvres et un tic nerveux secouant la nuque.

 

Petite coquetterie supplémentaire: les grands élans de bravoure mélodique qui constituent les fondations de la tracklist de Crossing The Rubicon – Revisited sont parsemés de petits interludes bienvenus. Et malgré leur nature bien souvent singulière – l’électroacoustique « Funeral in Space » invite flûte et violon à la fête, « Galaxies Away » se la joue 100% percussif, « Children of the New Sun » lâche les baleines en plein espace, qu’on croirait From Mars To Sirius… –, malgré leur nature bien souvent singulière disais-je, ceux-ci n’ont jamais l’air décalé, déplacé ou déconnant tant la magie opère à plein. Autre coquetterie: la thématique spatiale adoptée sur cet opus se manifeste tout en subtilité, par l’intermédiaire de discrètes nappes de clavier, ou encore via l’adoption d’une voix légèrement déshumanisée rappelant le Menace de Mitch Harris (sur le superbe morceau inédit « Nothing Is Nothing »).

 

Alors c’est vrai, n’ayant pas eu l’heur d’entendre Crossing the Rubicon du temps de sa fougueuse jeunesse, je ne saurais vous dire si cette récente cure de jouvence en trahit l’esprit, ou si au contraire elle permet de transcender un potentiel qui jusque-là était seulement resté latent. Mais réceptionné par l’oreille ravie d’un quadra’ ayant encore des étoiles dans les yeux à l’évocation de Burning Bridges, Hatebreeder, The Chainheart Machine ou Colony, je peux vous assurer que cette galette est une petite bénédiction. Alors n’hésitez pas à relever le bas de votre jeans pour passer à pied ce Rubicon-ci: s’il est profond et que vous risquez-donc d’y mouiller la chemise, sachez que l’onde y est pure, la température bonne, et les courants amicaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: réenregistrement d’un album ayant tout juste 20 ans, Crossing The Rubicon – Revisited propose tout ce qui faisait frémir de bonheur le métalleux des 90s, quand sortaient coup sur coup les Burning Bridges, The Chainheart Machine, Colony et consorts. Venez donc redécouvrir pourquoi, il fut un temps, vous frissonniez à chaque nouvelle sortie d’un grand nom du Death mélodique suédois!

photo de Cglaume
le 01/12/2016

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