Bad Brains - Rise

Chronique CD album (41:16)

chronique Bad Brains - Rise

Bad Brains est considéré comme l’un des pionniers du punk hardcore. Si si. Notez que l’une des marques de fabrique de ce groupe fondé en 1977 est le chant si particulier de son frontman H.R. (c'est forcément vrai vu que c'est Mr W. Ikipedia qui le dit). Et le cglaume ne trouve rien de mieux que de nous parler d'un 5e album nettement typé fusion, premier de leur discographie à bénéficier du soutien d'une major (Epic. Autant pour la punk attitude…), avec en plus – pompon sur le gâteau à la cerise – un parfait inconnu dénommé Israel Joseph I derrière le micro… Pour la pertinence et les gages de sérieux, on repassera! Autant parler de Massacra en ne chroniquant que Sick (hop, grand écart osé entre les lectorats!). En même temps il est très bon dans son genre, le Sick. Tout comme ce Rise en fait, qui n'est rien de moins qu'une juteuse tranche de soleil métallique toute blindée de protest songs groovy, de castagne en bermuda et d’anarcho-surfers dreadlockés.

 

Bon, resituons un peu le contexte à présent: Rise est sorti en pleine effervescence grunge (OOooohhh …) et par la même occasion au cœur de l'"âge d'or" de la fusion funk/rap metal (ouaaaiiIISSS!!). Même qu'à l'époque, la seule émission de metal captée sur les ondes de la FM beauceronne – M40 Rock pour les étudiants en archéologie – se terminait sur l’outro de cette rondelle magique. Forcément ça marque. D’autant que le morceau « Rise » figurait en bonne place au sein de la playlist de l’émission, au milieu des « Truth », « Killing in the Name » et autres « Body Count's In The House ». Ça explique en partie les picotements au palpitant éprouvés par le chroniqueur...

 

Maintenant s’il fallait vous décrire l’album en mode accroche courte et flashy, je vous donnerais du « Bob Marley troque ses dreads contre une crête et va s’acheter un son de guitare chez les petits cousins Rage Against The Machine et Infectious Grooves ». Ouuuuh yeaaah donc! Bref, on parle ici de fusion reggae’n’groove’n’punk metal parfaitement en phase avec son époque, le tarpé au coin du bec et le cocktail Molotov à la main, qui brûle de la gomme en mode thrash quand vient l'heure de montrer les crocs, mais qui peut tout aussi bien aller de hip en hop ("Miss Freedom") ou s'offrir un trip raggamuffin (cf. le final de "Rise"). Avec en plus par là-dessus une petite touche expérimenthàleau (50% sur les néologismes débiles aujourd'hui, on en profilte!) pas crado apportée par Dr Know, un gratteux dont on sent la proximité spirituelle avec Tom Morello, Jimmy Hendrix et surtout Vernon Reid – Mr Living Coloür, d’ailleurs remercié dans le livret – dans une veine toutefois plus contrôlée et plus bluesy, comme en attestent les nombreux soli de l'album.

 

Mais Rise c’est surtout et avant tout une usine à tubes dont l’impact est d’autant plus fort que le groupe joue expertement des contrastes, que ce soit au sein des morceaux (par exemple sur l’exceptionnel « Coming In Numbers », ses couplets thrash/punk agressifs D-beatés à fond la caisse, versus son refrain superbe qui vous emmène batifoler au milieu des petits zoziaux) comme au sein même de la tracklist. Et afin d'y faire régulièrement monter et redescendre la pression, les Bad Brains intercalent au milieu de leurs brûlots groove'n'speed des parenthèses plus flowers'n'tongs, notamment à l’aide de la ballade-obligée-tu-comprends-coco-t’es-sur-une-major « Without You » – mouaif – ainsi que de 2 pures pépites reggae: « Love is the Answer » (épique, grand et ensoleillé comme un saut en parachute au-dessus de la Jamaïque) et « Yes Jah » (ballade insouciante sous le ciel bleu, vent léger dans la crinière). Vous énumérer toutes les poussées d'endorphine qui jalonnent cet album serait un peu fastidieux, je me contenterai donc de quelques coups de projecteurs ciblés, notamment sur l’écrasement d’accélérateur sauvage de « Unidientified » – frère jumeau de « Coming In Numbers » –, sur le groove irrésistible de « Take Your Time » tout droit sorti des meilleurs moments de la discographie d’Infectious Grooves ou encore sur le refrain larger-than-life de « Free ». Alors si l’on souhaite à tout prix égratigner l’album, en dehors de la ballade précédemment évoquée – pas foncièrement mauvaise mais trop chamallow pour atteindre son public –, vous pourrez vous faire les griffes sur « Hair » dont les backing vocals féminins sont clairement en trop – bien que par ailleurs cette basse Trujilienne et cette montée grandiose vers le refrain soient un vrai bonheur!

 

Rise se trouve donc être un candidat de choix pour squatter l’autoradio chargé d’alimenter en décibels ensoleillés les oreilles de l'homo metallus sur la route des festoches estivaux. Ça tombe bien d’ailleurs: Bad Brains sera présent au Hellfest 2011 …

 

 

 

PS: pour les ceusses à qui ça parle, le batteur enrôlé pour l'occasion n'est autre que Mackie Jayson, ex-batteur de Cro-Mags.

photo de Cglaume
le 20/03/2011

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