Bangladeafy - Narcopaloma

Chronique Maxi-cd / EP (15:00)

chronique Bangladeafy - Narcopaloma

Le trépidant quart d’heure que constituait The Briefcase, le précédent EP de Bangladeafy, nous avait sacrément impressionnés. Un batteur et un bassiste / clavier affublé de problèmes d’audition (le Beethoven du metal, parfaitement!) générant d’incessantes cascades de gratouillis compulsifs de très haut niveau technique, entre Zvoyn et Animals As Leaders, ça avait de quoi laisser la mâchoire inférieure béante. Et ladite mandibule ne se privait d'ailleurs pas de béer! L’arrivée de Narcopaloma, EP jumeau de 3 ans plus vieux, nous a donc naturellement forcés – ou pas loin – à cliquer sur le lien « Buy Digital Album » de la page afférente. Et on peut dire que ce nouveau quart d’heure de trampoline n’a pas déçu nos attentes.

 

Le « Narco- » du titre n’est a priori pas destiné à faire référence au royaume des songes où règne Morphée. Car une narcolepsie induite par son écoute est physiquement impossible. Hormis sur le plus posé (loungy? N’exagérons pas) « Tundra Suntan », Bangladeafy propose ce qui peut se rapprocher le plus de la mise en musique d’une crise d’hystérie vécue par un Zébulon avec quelques rails dans le nez. Du coup ce « Narco »-là penche plus du côté des narcotrafiquants que du marchand de sable. Et pour ce qui est de « -paloma », quelques accents légèrement latino sur « Say It With Your Chest » et surtout « Trillionaire » semblent confirmer que le groupe s’est légèrement ouvert sur ces régions, loin dans le sud, de l’autre côté du mur de Trump, où l’on parle la langue de Cervantes.

 

Hormis cette touche légèrement ensoleillée qui apporte donc un vrai supplément d’accroche à la fin de l’opus, pas de franche nouveauté ici, si ce n’est un ajustement bienvenu: Bangladeafy est en effet repassé en mode 100% instrumental, les aboiements occasionnels et approximatifs de The Briefcase n’étant aujourd’hui plus qu’un mauvais souvenir. Par contre l’autre petit défaut jadis reproché au groupe reste cette fois encore valable – un « Crimes At Sea » particulièrement agité (« irréfléchi » pourrait-on croire, si l’on était naïf) péchant à nouveau par excès de technico-bordélisme aigu. N’empêche, on reste pantois devant l’exercice, et on se laisse entraîner avec plaisir non seulement dans les deux derniers morceaux, mais également sur la plupart des autres, avec une mention spéciale pour « Act Like An Adult » qui, profitant du cap de la minute, ouvre un horizon grandiose fait de tension juteuse, d’agitation foisonnante et de pertinence mélodique courte mais extrême. A noter également de rapides mais récurrentes incursions de sonorités cheaptune sur quasi tous les morceaux, histoire d’ajouter quelques couches supplémentaires au mille-feuille sonore, des fois que les synapses de l’auditeur ne soient pas déjà submergés d’information.

 

Alors oui, c’est vrai, il en aura fallu du temps pour que cet EP s’extirpe de notre TO-REVIEW list. Et ce retard à l’allumage est d’ailleurs encore plus cruellement vrai pour Ribboncutter, le 2e album, sorti en septembre 2018. Mais ce n’est pas pour cause de flemme chronique – quoique ce type de musique remue fort les boulons du dedans de la tête – ou d’un éventuel manque d’intérêt que CoreAndCo est à la bourre sur le sujet. Le problème de fond reste ces 24 pauvres petites heures de rien du tout chichement mise à disposition par chacun des jours qui passent, et la fainéantise de cet organisme qui, tout flasque au bout des oreilles, réclame un blackout quotidien de plusieurs heures. Alors ne restez pas bêtement dans la hype des sorties du moment et allez vous faire claquer la basse lors de cette impressionnante séance de haute voltige carrément ba[da]ss!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Toujours aussi foisonnant, virevoltant et techniquement impressionnant que sur The Briefcase, Bangladeafy profite de Narcopaloma pour glisser quelques occasionnelles saveurs latines et 8bitesques (les unes et les autres n’ayant rien à voir entre elles, on est d’accord) à sa bouillonnante popote instrumentalo-métallique essentiellement faite de basse, de batterie et de clavier. Un mélange explosif que les fans de Zvoyn, d’Animals As Leaders et de Math Metal en tous genres devraient tout particulièrement apprécier.

photo de Cglaume
le 13/09/2019

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