Bone Dance - s/t

Chronique Vinyle 12" (36:07)

chronique Bone Dance - s/t

Du riffing tarabiscoté maladroitement caché derrière des gros bourriers à deux accords, des relents de crises épileptiques entrelacés autour de patterns rythmiques ultra-frontaux et des beuglements rageurs monocordes. Voilà comment commence la fournée 2012 des énervés de Bone Dance. Comme aux heures les plus hargneuses de Burnt By The Sun, les ricains défendent un hardcore infecté jusqu’à la moelle par les aspects les plus extrêmes du metal. Zéro surprise ici, on est juste là pour goûter, une fois encore, à une plâtré dont on connaît très bien les saveurs habituelles mais dont on ne se lasse pas. En effet, quand je dois chroniquer un disque comme celui-ci, je n’ai aucun mal à m’imaginer catapulté dans le rôle d’un juge de Top Chef qui a pour taf de sélectionner la meilleure sauce bolognaise : je sais très bien quel en est le goût pour en avoir ingurgité quarante-douze fois mais rien à faire, je suis toujours friand de cette connerie.

Et pour le coup, les ricains ont l’air bien décidé à m’en foutre ras la gueule pour pas un rond.

 

Monolythique, pachydermique, dense, etc. Bien des adjectifs collent au tumulte qui se profile sur chaque piste de ce disque et, malgré les nombreux changements de tempos et les rares accalmies, il semble que nos gusses n’ont pas grand chose d’autre à fourguer que de la colère,  de la violence et du malaise. Sur « Comfort », « Childen having children » ou encore « Conniver » (déjà présent sur le triple split avec Plebeian Grandstand  et Divider), ça défouraille à tout va, ça breake dans tout les sens et si ça finit par plaquer un accord plus d’une seconde, c’est pour mieux nous envoyer au tapis la mesure suivante. Autre aspect du lynchage sur « Writing in extasy »,  « White guilt » et « West » qui plongent le centre du disque dans des contrées plus sludgy et inquiétantes mais néanmoins servies avec cette inextinguible colère. La fin du disque voit le groupe se vautrer de plus belle dans la violence aveugle (mais maîtrisée) qui les caractérise. Par ailleurs le fond ne semble pas trop nuancer la forme car, comme les titres l’indiquent souvent, les sujets traités par le groupe servent à merveille la rage développée par le chanteur tout en restant pertinents.

 

Cependant, à coup de 20 riffs et autant de breaks par piste, autant dire que le festin commence sérieusement à peser. On finit par zapper fromage et dessert pour embrayer au plus vite sur l’addition histoire de courir chez soi pour taper une bonne sieste digestive. Puisqu’on est dans ce registre, il est évident que la musique de Bone Dance a quelque chose d’assez indigeste tant elle ne semble jamais s’ouvrir que sur de nouvelles bourrasques toujours plus violentes. Il est évident qu’au milieu de l’incroyable savoir faire du groupe et de sa prodigieuse propension à nous coller gnon sur gnon, il manque pas mal de choses pour faire de ce disque éponyme un album équilibré. On aurait presque l’impression que les américains ont volontairement écarté tout ce qui pourrait nuancer la frontalité, la violence et l’urgence de leur compo. A ce titre, les dernières secondes du disque sont tout à fait représentative de cette pathologie : « Feral », le titre conclusif, semble s’interrompre au beau milieu d’un break, un peu comme si le groupe était arrivé au bout de la bande sans avoir pensé à composer un truc un peu troussé pour mettre un joli point final à leur troisième album. A l’image de ce rectangle noir qui surplombe le ciel sur la pochette du disque, la musique qui nous y est catapultée à travers les feuilles est sombre, anguleuse, précise mais inlassablement en suspend au dessus de nos petites têtes. Espérons juste que la prochaine fois qu’elle nous tombera dessus, le quintet aura réussi à y incorporer les petites choses qui font la différence entre un excellent lp et quelques très bons titres disséminés sur un split.

photo de Swarm
le 04/01/2013

5 COMMENTAIRES

Crousty Boy

Crousty Boy le 04/01/2013 à 09:16:23

D'accord avec le côté un peu indigeste de la chose. J'ai eu du mal à rentrer dedans malgré un bon nombre d'écoutes. Trop de violence tue la violence...

pidji

pidji le 04/01/2013 à 11:29:08

En effet, pas simple à assimiler, dommage parce qu'il y a vraiment de bonnes choses là dedans.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 04/01/2013 à 11:30:58

Un poil trop chaotique pour moi mais hautement écotable tout de même

daminoux

daminoux le 05/01/2013 à 10:25:18

Je le trouve plus digeste et meilleur que le dernier Gaza..

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 05/01/2013 à 14:05:48

Idem, y'a pas photo daminoux.

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