Chang Ffos - Trust This Arcane Device

Chronique CD album (46:41)

chronique Chang Ffos - Trust This Arcane Device
Le sludge. Voilà un bidule foutrement particulier. Comme le crust (par exemple) le sludge est un style de musique très sélectif caractérisé de manière hyper étroite. D’ailleurs, c’est pas forcément parce qu’un morceau sludge est inattendu ou original qu’on remue les cheveux hein ? C’est quand c’est bien joué, bien sous accordé, avec un riff de porc et batterie qui tape ultra fort. Pourtant, il y a toujours des groupes pour partir de là … Et faire un truc original et assez inattendu.

Chang Ffos (puisque c’est d’eux qu’il s’agit) pratiquent donc un sludge à tendance doom avec un son bien baveux, des rythmiques pachydermiques et des riffs rampants comme il se doit. Mais si l’on est en terrain complètement connu, force est de reconnaître que Trust this arcane device arrive à faire d’heureux détours dans des coins vachement sympa de l’univers du rock extrême. En effet, sans jamais vraiment renier le style de musique revendiqué, les gars de Chang Ffos arrivent néanmoins à insuffler des élans psychédéliques voire aériens à leur musique. De même ils n’hésitent pas à caler des accélérations bien senties, des mélodies très incantatoires (on frise le pur doom old school parfois). Tout en pratiquant le métal du diable, les croates arrivent à nous faire penser à Keelhaul, aux Melvins, à Today is the day, à Kyuss et j’en passe et des meilleurs. Mais les groupes auxquels on pense sont plutôt Yob et surtout Meatjack. En effet, on retrouve pas mal de caractéristiques de la musique de ces derniers chez Chang Ffos : les changements extrêmes de tempos, l’aspect progressif de la musique, le relief dans les compositions, les envols mélodiques et les déferlantes ultra violentes et rapides… Oui, tout ça. En fait certains morceaux nous rappellent carrément certains passages de Days of Fire, magistral dernier album de Meatjack.

Mais si les croates n’arrivent pas à produire une musique aussi propre et puissante que Meatjack, ils y gagnent indubitablement en personnalité et en identité. Le son, déjà, n’est franchement pas monstrueux mais il arrive avec une guitare très crade et une basse ultra ronde (très très TRES en avant !) à créer le mur de son indispensable à ces musiques. La basse d’ailleurs, joue un rôle très important dans la personnalité du groupe : elle apporte beaucoup de mélodie et se dédouane très souvent de la ligne principale des riffs pour broder subtilement des variations du meilleur effet. Après la batterie et le chant font leur boulot. Plus dans la tradition propre au sludge et au doom, ils se montrent à l’aise dans tous les registres et dérivés du genre. On a bien droit aux matraquages de cymbales à 3 bpm (le charmeur de serpents) et aux accélérations chaotiques à la limite du contrôlable (Jethro). De même le chanteur hurle à tout va mais arrive aussi très bien à baragouiner, à psalmodier et même à pousser des lignes de chants incantatoires très doom.
Il ressort de tout ça un album dense, réfléchi, varié et parfois même passionnant. Et n’est-ce pas ce qu’un style de musique rigide comme le sludge à de mieux à nous offrir finalement ?
photo de Swarm
le 13/06/2009

2 COMMENTAIRES

sepulturastaman

sepulturastaman le 14/06/2009 à 06:50:16

C'est comme même bizarre ces groupes de sludge/doom qui accélèrent leur jeu, ça évite une certaine monotonie (et pourtant c'est ça qu'on aime dans le doom non ?). Les titres sur leur myspace donne envie d'en écouter plus, malgrés que pour (moi, et) ce que j'entends ça manque de répétition un peu comme pour kylesia.

((( viking jazz )))

((( viking jazz ))) le 14/06/2009 à 23:24:26

super groupe bien influencé, varié inventif, créatif, a voir sur scène en tout cas (vu sur la tournée française avec suma), le jeu du batteur est fou en tout cas!

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