Church of misery - House of the unholy

Church of misery - "House of the unholy"
chronique Church of misery - House of the unholy

Ça commence délicieusement tout en wah wah qui grésillent sous les lourds amplis à lampes, chauffant vos oreilles rien que par leur son, exactement à la manière d'Electric Wizard, pour dire crânement "nous aussi on a été signé chez Rise above". Effectivement, comparez cet album à celui de "We live", vous serez bluffés dès les dix premières secondes.

 

Pour le reste, ils ont réussi à faire encore moins dans la finesse, avec un rock graisseux comme l'huile de vidange de ton hummer, vilain comme un repaire de gangsters rednecks. Et en plus ça respire le blues à plein nez. Cette monstruosité pataude est japonaise, et pourtant elle fait preuve d'une virtuosité pour simuler la classe d'un junkie occidental pourri au jack. Là où Boris reste japonais dans ses paroles, Church of misery respire le bayou à plein nez. Ils sont forts ces Japonais quand même.

 

Et puis, comment ne pas succomber à l'entrain d'un "El Padrinõ", lourdement envoyé par un riff de tueur. D'ailleurs, la tuerie, c'est leur obsession : serial killers, mass murderers, spree killers, tout ce qui aligne maladivement les collections de cadavres se retrouve dans le top de leurs compositions. Regardez donc la playlist, chaque morceau vous conte une de ces sauvages épopées des plus affreux jojos du genre. Et, même si le combo sévit depuis 1995, on peut décemment dire qu'ils ont misé sur le bon créneau d'inspiration, un créneau qui ne s'épuisera pas de sitôt.

 

Là où ça coince un peu, c'est surtout la voix, bien qu'elle ne manque pas de rappeler celle vomie par un égout du Bronx qui a le blues. En fait, elle éructe un peu trop de travers. J'imagine que le chanteur doit avoir du charisme sur scène et pas mal d'heures de vol au compteur (comprenez par là qu'il plane sous Jack et herbe folle), mais de temps en temps, canaliser ses beuglements pourrait aider à rendre la musique bien plus groovy. Mais c'est aussi leur marque de fabrique, et si l'ensemble paraît au premier abord un peu rebutant car très brouillon, l'écoute prolongée permet de passer par dessus ces défauts qui font la personnalité du groupe. Et le batteur est excellent de toutes façons alors de quoi se plaint-on ?

 

Eh ben, beaucoup de Black Sabbath là dedans. On n'en sort même pas, eh non, pas un autre groupe histoire de relativiser. "Shootgun movie" est une version accélérée de "Wicked world", et on retrouve beaucoup de plans piqués aux gars de Birmingham sur "Master Heartache". 

 

On retiendra tout de même un album génial, avec la fin de "The gray man" terriblement groovy et le chef d'œuvre "Badlands" qui, même si ce n'est pas le cas, serait un choix de marque sur la B.O. d'un film de mass murderer en action.

 

 

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photo de Carcinos
le 22/11/2010

1 COMMENTAIRE

Ukhan Kizmiaz

Ukhan Kizmiaz le 07/08/2011 à 17:46:07

ai bien aimé aussi...surtout les 3 premières ogives

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