Churchill (suisse) - Coda

Churchill (suisse) - "Coda"
chronique Churchill (suisse) - Coda

Ah, la Suisse. Cette douce et paisible contrée à la neutralité reconnue qui se distingue auprès du tout venant par ses monts enneigés, ses chocolats, sa tranquillité et sa scène post-core (sans oublier sa gnôle). À cette longue liste allant de Kehlvin à Cortez, en passant par Vancouver et Oregon Trail vient s'ajouter un petit dernier: Churchill. Formé en 2014, ce quatuor nous propose (enfin!) un EP. Quatre années pour trois pistes. Les clichetons sur la lenteur suisse ont de beaux jours devant eux. Toujours est-il qu'ils nous proposent Coda (2018) dont l'artwork, réussi, mélange efficacement les genres entre paysage désolé et néons délavés. Analyse.

 

"Blue", la piste la plus longue avec ses 10 bonnes minutes, introduit l'EP en imbriquant larsens et chants gutturaux à la limite des rituels chamaniques. Un bourrinage de fût donne très vite la dynamique nécessaire pour apporter sereinement les riffs grinçants. Tout est en place et concordant pour le coup de feu. Une fois l'ensemble lancé, le chant, étouffé, se pose naturellement. S'ensuit un passage de guitares libres, assez inattendu mais pas pour le moins déplaisant. C'est ce qui fait, à mon sens, l'intérêt de Churchill: L'affranchissement  des guitares. Le groupe arrive à mêler lourdeur monolithique et expressivité, vivacité. On a ici une excentricité qui fait du bien.

Puis la rotative repart, chargée d'une énergie nouvelle. Ça dévaste tout sur son passage. On n'a qu'une envie: que ça ne s'arrête pas. Arrive pourtant le dernier souffle, évacuant la tension, reprenant l'ambiance de départ.

Mais pas le temps de se reposer puisque "Frontier" nous attaque frontalement et nerveusement. Le rythme est plus élevé, le chant plus présent et expressif. L'ensemble garde sa puissance (et c'est franchement plaisant) jusqu'à l'arrivée d'un solo de guitare qui brise légèrement l'énergie instaurée. La guitare lead part dans une extravagance certes réussie, mais peut-être mal placée. On se fait très vite agripper par le chant qui s'impose de nouveau. Le désagrément est rapidement oublié (et pardonné!). La suite n'est que furie, rage et énergie.

Le dernier titre, "Coda", s'élance tranquillement avec une petite intro que leurs compatriotes de Tryptykon auraient très bien pu proposer. On reste dans cette veine énergique et crue proposée sur "Frontier". Les guitares sont dénudées et agressives. C'est un joyeux capharnaüm bien ficelé, et ce jusqu'à l'épuisement total du quatuor. Ils donnent tout et on ne leur en voudra pas. Bien au contraire. On termine donc sur un moment chant/basse/guitare (le batteur est déjà en syncope) pour tranquillement venir faire mourir les guitares.

 

Churchill nous propose donc un premier EP très prometteur, maîtrisant les fondamentaux tout en apportant une originalité très plaisante. Les guitares, au fil des titres et des minutes gagnent en liberté. On pourrait même aller jusqu'à parler d'indépendance. Le tout dans un ensemble cohérent et puissant. Que demander de plus?

On a donc hâte de pouvoir « s'encannailler après l'afterwork* » sur leur prochain album.

 

*expression venant du groupe lui-même.

photo de Vincent Bouvier
le 27/02/2019

1 COMMENTAIRE

cglaume

cglaume le 27/02/2019 à 11:30:54

Bienvenue Vincent !

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