Cohaagen - Hacking Time

Chronique CD album (44:34)

chronique Cohaagen - Hacking Time

Il est des groupes pour lesquels, chaque morceau te fait dire "tiens, ça me fait penser à du [remplacer par le groupe idoine]. Parfois, cela fonctionne, très souvent ça merdouille.
Chez Cohaagen, ça fonctionne plutôt pas mal, voire plutôt pas mal du tout. Alors, amis des néologismes pompeux et putassiers, je profite de cette chronique pour proposer aux inutiles grabataires de l’académie franchouillarde une nouvelle catégorie grammaticale : les adjectifs coreandco (ou adjectif Complémentaire relatif attribut nominatif direct cirConstancié).

Ces derniers parviendront, j’espère, à vous donner une petite idée (plutôt qu’une idée petite) de la musique proposée dans ce Hacking Time, premier album du combo parisien formé en août 2016, pas avare d’influences auto-proclamées (de Celeste (Miam) à Nirvana (Miam Miam) en passant par Slipknot (Oh?), James Cameron (Ah ?) et Arnold Schwarzenegger (wait…What !?!).

 

Et, effectivement, des influences, il en dégouline à grosses gouttes des quarante-quatre et quelques minutes de l'album. On trouve de l'énergie qui nous rappelle à ces bonnes grosses baffes convergiennes ("Lament Horizon"), des alternances d'ambiances opethiennes avec des parades martiales avartariennes ("John Wolf Christian") mais aussi du taquinage groovy hypno5esque et des parties vocales musiennes ("Gnosis"). Parfois punk et hardcore dans l'intention (permafrost), parfois plus calme, les morceaux sont d'une efficacité indéniable, sans grosse faiblesse d’écriture.

Les instrumentations sont léchées, très aériennes, riches mais savent aussi titiller du côté de styles plus lourds en se faisant joliment mastodonesques ("Carling").

La voix est deftonienne, parfois botchable et même presque defdumpiste. Et rappeler Defdump, c'est déterrer de bien jolis souvenirs musicaux de ma mémoire.

Il y a de l'intensité, de la sincérité dans ce Hacking Time comme "Brundefly" et son refrain thiéfainable notamment dans la voix (et ça, messieurs dames, c'est juste la classe à Dallas). Même prise aux tripes avec "Hellstar" avec sa retenue neurosiste, reposant sur un duo basse-batterie pas dégueu avant de nous prendre par surprise avec un pont légèrement chonesque en moins tapineur.

 

Le mixage des guitares est parfait, organique et vivant à souhait, quasi kurtbalouesque. La basse n'est pas en reste et se fait la part belle sur les ponts où les guitares lui laissent la place ("Permafrost", "Gozer").

On regrette que le mixage de la batterie soit un peu plus terne, que cette dernière soit plus en retrait, notamment les toms qui rendent un peu mou de la baguette et qui auraient mérité plus de claquant. Mais l’énergie des morceaux s’affranchit de cet écueil car, comme disait Jean-Patrice Tuveumonavi, "un morceau qui est bon, il sera bon même si le son n'est pas fantastique".


Cependant, quelques reproches ou incompréhensions de ma part.

"Zeti Reticula" qui offre une pause à base de synth pad pas inintéressante mais un peu hors contexte. Même coulpe pour "Gravitational Beam", dispensable intro électro qui n’introduit d'ailleurs pas de la meilleure façon le propos général de l’album. Vu et revu et sans intérêt pour moi. Je vous laisse choisir votre adjectif coreandco, pour ma part, ce sera enhancerien (pardon aux fans et aux enfants).

Enfin, impossible de trouver les paroles, quel dommage! D'autant qu'il semble y avoir un concept derrière l'album. Cela n'a évidemment aucune influence sur l'écoute, mais pour ceux qui souhaiteraient rentrer plus profondément dans l'univers du groupe, c'est dommage.

 

Hacking Time porte particulièrement bien son nom : Cohaagen a bricolé, assemblé des morceaux après un joli travail de reverse-engineering d’influences diverses (et de qualité) pour créer un album intense, sincère et bien construit de rock dopé au grunge, au hardcore et au metal, les côtés méchants et violents en moins.

Et si le style global ne sera probablement pas originel, il n’en est pas moins déjà original et personnel ce qui est plus qu’honorable pour le premier album d'un groupe qu’il faudra suivra d'un œil, voire des deux.


On aime : le mixage, la franchise musicale délivrée, l'originalité.
On n'aime pas: le batteur qui s'est fait un peu arnaquouille au mixage, les morceaux électro pas mauvais en soit mais qui ne sont pas à leur place (parce que quand la soupe est bonne, c’est quand même dommage d’y trouver des cheveux, même bien coiffés), les adjectifs coreandco incompréhensibles (promis, je ne le referai plus).

photo de 8oris
le 12/10/2019

6 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 12/10/2019 à 09:50:24

"tiens, ça me fait à du "
... penser ?

cglaume

cglaume le 12/10/2019 à 09:53:33

*** merci pour la madeleine prousto-defdumpienne !! **

8oris

8oris le 12/10/2019 à 16:02:19

C'est moche pour la faute. J'ai corrigé mais ca n'a pas l'air d'apparaître! :/
Pour Defdump, sacré groupe effectivement, malheureusement pas très connu et qui s'est éteint bien vite.

cglaume

cglaume le 12/10/2019 à 17:17:15

La correction apparaîtra dans une heure au plus tard (c’est le système de cache de Pidji qui veut ça)...

Dams

Dams le 17/10/2019 à 07:04:52

Merci pour la découverte, excellent album. Oui, cela fait penser à d'autres et oui cela fonctionne parfaitement !

Garth Algar

Garth Algar le 18/10/2019 à 12:03:59

Pas mal le clin d'œil à Schwarzy, Vilos Cohaagen étant le super méchant dans Total Recall, excellent film sf s'il en est !

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