Corbeaux - Kind words

Corbeaux - "Kind words"
chronique Corbeaux - Kind words

Sombre, amère, rageuse, sanguine, maladive, noire, chaotique : l'oeuvre "Kind words"  est à des lieues du précédent album des Corbeaux.

Les voici donc devenus d'étranges oiseaux migrateurs allant d'un style musical à un autre. Le post-rock déjà lourd et sombre d' "Hit the head" a mué en un violent, malsain et presque crasseux univers proche du noise-post-hardcore. 

La voix est plaintive, rugueuse, douloureuse alors que la section rythmique hache, vibre. Sur certains morceaux comme "The light has a voice", chaque corde, chaque coup sur une peau ressemble à la caresse d'un papier ponce sur une plaie. 


Bien qu'il y ait parfois quelques passages plus en rondeur (le très réussi "Helena Markos"), les rennais en viennent toujours à déferler puissamment (toujours "Helena Markos").

Que la basse ronronne bruyamment ou que les guitares se fassent plus hurlantes, on retient surtout la tension qui transpire sur ce disque. La piste totalement silencieuse "Mouth shut" devient alors une soupape salvatrice pour aborder le dernier morceau d'un disque d'une petite mais intense demi-heure.

Encore une fois, sur ce dernier morceau, comme sur le dyptique "Old tired horse" (et son terrible riff) et "Old dying horse", on subit une averse orageuse musicale portée par les vibrations d'une grosse basse et d'une guitare grésillante. Le ciel nous tombe sur la tête dans une atmosphère irrespirable durant les 6 dernières minutes histoire de pourrir un peu plus l'air ambiant.

 

Les adjectifs descriptifs et les mots deviennent vains lorsqu'il s'agit de parler de cette musique, certes identifiable à une forme brute de post-hardcore  aux multiples influences, mais finalement assez unique. Corbeaux est à l'image de l'animal dont il porte le nom : un regard noir, un peu flippant, des cris perçants qui brisent des silences pesants, capable d'une certaine majesté comme celle de se ruer avec joie à la moindre odeur de charogne. Aussi peu tendre et rugueux que la viande de l'oiseau qu'il affectionne, le groupe s'est endurci pour offrir une bruyante bande sonore aux agonies qui se voudraient silencieuses.

photo de Tookie
le 28/03/2017

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