Cult Of Occult - ANTILIFE

Cult Of Occult - "ANTILIFE"
chronique Cult Of Occult - ANTILIFE

-Culte (n.m) : Vénération, adoration pour quelqu'un, quelque chose. 

-Occulte (adj.): Qui agit ou qui est fait de façon secrète, dont les buts restent inconnus, cachés.

-In vino veritas, signifiant « dans le vin, la vérité » en latin est une maxime attribuée à Pline l'Ancien (entre autre, puisque chaque civilisation possède son vieux barbu affirmant qu'il faut picoler pour découvrir la vérité).

-Dépression : État pathologique marqué par une tristesse avec douleur morale.

 

Vous voilà désormais équipés pour aborder ANTILIFE, du quatuor lyonnais Cult of Occult sorti en Juin 2018 chez MusicFearSatan. Parce que non, je ne peux pas vous laisser partir à l'aveuglette dans l'écoute de leur quatrième album. Le risque étant de voir votre raison se faire pulvériser par la puissance de ce blackened doom monstrueux aux effluves éthyliques, gerbant la solitude et nimbé d'obscures lumières. Analyse.

 

On commence lentement, très lentement. Les parties de guitares sont assommantes, le rythme aussi léthargique et répétitif qu'une incantation de fanatiques drogués au milieu de la nuit. Le chant crasseux éructe toute la colère de n'être qu'humain, trop humain. « Je suis pris au piège dans cette cage, écrasant mes poings sur ces quatre murs. Je ne peux pas voir la lumière. Je ne trouve pas de porte ni d’échappatoire à cette prison. Je ne suis pas seul ; c'est pourquoi je déteste être ici. » On apprécie la rythmique commune entre basse et batterie lors des regains d'énergie, tels des spasmes, parsemant les quatre longues pistes (mais de durée normale pour le genre, me direz-vous).

Il faut attendre la deuxième piste, 'NI', pour plonger complètement (où se faire emprisonner, comme vous voulez) dans l'album. On se retrouve avec une cadence, certes légèrement plus élevée, mais surtout plus intense; comme si la porte de la crypte se refermait derrière nous, pour enfin libérer la puissance. On sent l'inspiration créatrice plus affirmée, plus sûre. Et quoi de plus dévastateur que le sentiment de rage lorsque ce dernier possède toute l'assurance nécessaire pour ne pas avoir à être mis en doute. 'TF' est en ça absolument magistral. D'une progression parfaite, on s'annihile complètement sur l'apothéose des dernières minutes.

Dans ce miasme boueux, Cult of Occult arrive pourtant à nous offrir quelques parties plus aériennes et mélodiques, principalement sur 'IE', arrivant tels de légers mais insuffisants filets d'air au visage d'un condamné. Je vous rassure, l'ensemble est très vite balayé par un furieux blast de batterie nous remettant dans le chemin de la déchéance.

 

 

 

Vous l'aurez compris, la thématique de l'album n'est pas vraiment celle du bonheur accompli.

Armé de mur d'ampli, Cult of Occult explore différents états psychologiques, entre lassitude morbide, folie, rejet de soi et arrive à nous entraîner dans ses délires. Ces messieurs sont dangereux. L'écoute prolongée de cet album nuit gravement à votre santé mentale, je ne vous le répéterai jamais assez. Mais je ne vois que difficilement comment se passer d'une composition d'aussi bonne qualité. Dilemme. On mourra tous un jour, alors autant en profiter.

 

 

 

 

photo de Vincent Bouvier
le 11/06/2019

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