Darkestrah - Sary Oy

Chronique Vinyle 12" (47:22)

chronique Darkestrah - Sary Oy

Sary Oy est le premier album de Darkestrah, initialement publié en 2004, et se voit aujourd'hui réédité en vinyle par le label canadien Shaytan Productions, qui a eu l'extrême gentillesse de m'en faire parvenir un exemplaire. Je ne vous en voudrais pas de ne pas connaître ce groupe formé au Kirghizistan puis relocalisé en Allemagne, terre plus propice au Metal que cette ancienne république soviétique.

 

Il n'est pas surprenant que cette première œuvre souffre de nombreux défauts qu'au regard de son origine il est facile d'excuser. La production est loin d'être nickel, sans être toute fois catastrophique, on peut entendre tous les instruments distinctement, et les éléments folkloriques ressortent plutôt bien. Les guitares électriques sont râpeuses mais manquent d'agressivité et la batterie ne sonne pas très naturelle.

 

Sary Oy est divisé en trois long titres, correspondant chacun à une sœur de la famille Oy, légende bien connue de cette région du globe.

 

Le morceau éponyme qui ouvre le disque, après une intro au Komuz et à la flûte, est du pur BM comme on en faisait au début des 90's, composé de peu de riffs, épiques, avec une petite dose de Folk. Rien de bien novateur en soi, mais une bonne introduction pour ce qui va venir.

 

"Jashil Oy" s'ouvre sur une très longue plage instrumentale, quasi entièrement au synthé dont le son peut rappeler les premiers Troll et Covenant, sans le talent de composition de Sverd et de Nagash. Quelques notes répétées ad nauseam avant qu'un riff BM ne débarque à la sixième minute, annonciateur d'un solo de temir komuz, sorte de guimbarde. Surprenant mais pas forcément très bien amené. Le morceau se conclut par une cavalcade en trémolo.

 

"Kysil Oy" et ses plus de 25 minutes, est le titre le plus varié et le plus intéressant. L'écriture y est plus inspirée pour un résultat plus cohérent replongeant une nouvelle fois dans les racines de la seconde vague scandinave de Black Metal (avec cette petite touche de Dark Ambiant qu'affichaient certaines formations comme Neptune Towers). Darkestrah, une nouvelle fois, n'hésite pas à incorporer des éléments issus du folklore kirghiz, en particulier ce chant diphonique, ou de gorge, si particulier.

 

Je n'aime pas donner de mauvaises notes, et je veux bien excuser le groupes eu égard aux conditions de réalisation de cet album, mais toute la bonne volonté du label et l'envie de bien faire du groupe n'arrivent pas à masquer l'aspect naïf de l'ensemble, que cela soit au niveau de l'inspiration que des enchaînements qui auraient mérité plus de travail. Mais les intentions sont bien présentes et le mélange proposer par le groupe est loin d'être inintéressant, les surprises sont nombreuses, mais le tout mériterait de mûrir un peu plus. "Kysil Oy" prouve qu'il en est capable.

photo de Xuaterc
le 22/03/2019

2 COMMENTAIRES

Seisachtheion

Seisachtheion le 22/03/2019 à 09:18:04

Sévérité rare de notre Xuxu, mais méritée...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 23/03/2019 à 19:25:23

Bonjour: j'aime bien The Great Silk Road. Voilà.

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