Deborah Kant - Terminal rail/Route

Chronique mp3 (38:24)

chronique Deborah Kant - Terminal rail/Route

Encore une sortie 2012 qui a faillie passer à la trappe par faute de trop de disques et pas assez d'oreilles. C'est un fait, on a pas assez de temps de vie imparti pour tout écouter, même si on sélectionne à fond. De plus le plaisir se transforme vite en boulimie qui pousse à l’écœurement quoique dans ce dernier cas de figure, tu peux entasser davantage dans les oreilles que dans ton estomac. Enfin, dans le cas présent, c'est que peu importe la période à laquelle on va causer du disque, il sera toujours d'actualité, c'est déjà ça de gagné !

 

J'aime Deborah Kant pour leur lucidité et leur flegmatisme à annoncer, de fait, dans leur bio qu'ils se sentent un peu dépassés par les flux et reflux des réseaux sociaux. -...Handicapés de la frime numérique, autoproduits, lents et ineptes dans ce monde de blogs,  interdépendants probablement forever,  pleins d’amour et d’acouphènes...- On en connaît d'autres (quelqu'un a dit Welldone Dumboyz ?!).

Bon, ce n'est pas volontaire ; ils génèrent cette sensation, de secret bien gardé, le truc pour les initiés. Ce n'est pas calculé, c'est la déformation du routard du blog, toujours prêt à s'enflammer pour un truc que personne d'autre, dans ses 22 copains facebook (les vrais, pas les 847 autres) n'a découvert... et la musique dans tout ça ?

 

Deborah Kant en est à son troisième album. Ils proposent une vision toute personnelle d'un noise rock allumé par des feux d'artifices psychédéliques, des envolées teigneuses comme dans les groupes des années 90. Tout ça repose sur une demi-douzaine d'albums de Sonic Youth méticuleusement choisis et disséqués. On a beau être un groupe culte et précurseur, on peut avoir eu des moments d'égarement aussi. Les lyonnais gardent le meilleur qu'ils connaissent par cœur avec des tics très familiers. C'est l'impression qui reste après l'écoute de cet album, cette familiarité et une passion non feinte qui émane.

Tant qu'à parler nineties, les catalogues de Big Cat et de Sub Pop ont également été visités. Si on pouvait envisager un hommage en bonne et due forme ou pire une pâle copie, le titre éponyme qui ouvre la plaque balaie cette idée du premier revers de riff. Deborah Kant apporte de la couleur à son noise rock -canal historique-, un éclairage étonnement psychédélique (Pink Floyd is not Grateful Dead!) ; paraît que la cave maternelle est bien fournie !


Les lyonnais mériteraient très certainement plus de reconnaissance. Comment est-ce possible qu'un Africantape, un Whosbrain ou un A Tant Rêver du Roi ne se soit pas penché sur leur cas ?
Mais ptêt bien que Debbie aime qu'on lui fiche la paix ! Bande de voyeurs !

 

photo de Eric D-Toorop
le 12/12/2013

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