Demonical - Chaos Manifesto

Demonical - "Chaos Manifesto"
chronique Demonical - Chaos Manifesto

Démo, Nicole? *

 

Ouh là, non: parce que le père Martin Schulman a quand même gratouillé sa basse 16 ans au sein de Centinex, avant de rempiler pour 12 ans sous la bannière Demonical. Alors après quasi 30 piges à trimer dans la sidérurgie à la Suédoise, on n'est plus trop obligé d'en passer par la case démo. Mais ça vous le saviez déjà vu que c’est quand même le 4e opus du groupe dont on vous cause en ces colonnes…

 

Des maux, Nicole? *

 

Alors oui, « dernièrement » – et plus précisément sur l’EP Black Flesh Redemption – la soupe au goudron de nos amis a commencé à nous picoter les oreilles. Poussif, en panne d’inspiration, on attendait bien plus de ce court manifeste dont le format, à la base, est quand même supposé intensifier l’effet « vitrification des tympans » (... pour une utilisation optimale du format court consulter Maître Puteraeon). D’autant qu’en son temps, Death Infernal nous avait violemment allumé la mèche, faisant remonter la sève dans nos vieilles articulations arthritiques et nous redonnant le goût des ébats visqueux dans les eaux saumâtres des marais entombediens.

 

Du mieux, Nicole? *

 

Un peu, oui. Même si on n'échangera pas forcément notre tablette de Viagra contre 2 barils de Chaos Manifesto. Bon, il faut quand même reconnaître que le Demonical nouveau tape fort et bien. OK ça ressasse beaucoup sans grande inventivité, mais le savoir-faire, la fougue et la chaleur de l’entreprise font qu’on y adhère sans trop tiquer sur la facilité de certaines grosses cordes particulièrement usées. Ainsi, grisé par l’allure, on boit au goulot « A Void Most Obscure » sans se soucier véritablement de l’impression de déjà-vu. Plus simple encore, et toujours plus bas dans les graves, on laisse « Sung To Possess » prendre ses quartiers dans la partie reptilienne de notre cerveau avec un sourire bêtement carnassier sur les babines.

 

Demi-Nicole? *

 

Depuis ses tout débuts, Demonical est connu pour injecter un peu de cette fierté guerrière et de ces mélodies épiques « à la Amon Amarth » dans sa tambouille basaltique. On pourra néanmoins regretter que la chose soit devenue un peu systématique. Ainsi sur Chaos Manifesto, c’est un peu trop mécaniquement que les grasses coulées de HM-2 alternent avec les envolées héroïques. Matez-donc: en position 2 nous est balancé le premier galop à dos de centaure en la présence de « Towards Greater Gods », puis quand vient la 4e piste nous somme sommés de nous mettre gaillardement en marche aux côtés de nos camarades de régiment au son de « Välkommen undergång ». Quand arrive « From Nothing » (le 6e morceau, c’est bien, tu suis), c’est l'heure de la déprime superbe du warrior à l’épée brisée, mais heureusement « Death Unfaithful » fait arriver les renforts du Gondor et on repart de plus belle en quête d’une mort héroïque nous rendant digne du Valha La Land. Voilà, c’est ça: Chaos Manifesto c’est demi-viking, demi-nical. Alors certes, ces hymnes pour chauffeur de drakkar caresseront dans le sens du poil la fibre belligérante des fans d’Unleashed et de la bande à Johan Hegg – notamment ce superbe final plein de testostérone. Mais tout ça sonne un poil téléphoné, et un « From Nothing » – pour se concentrer sur un unique exemple – pèse un peu lourd sur l’estomac.

 

Demon’ nique all? *

 

Non, ce 5e album ne permet pas à Demonical de prendre le leadership de la scène Revival Swedeath. Et pas seulement à cause du grand écart qu’il pratique entre cette mouvance et les terres Melodic Viking Death. C’est que, malgré une efficacité à toute épreuve, des fois les coutures se voient trop: la lead tortillonne à 2:10 sur « A Void Most Obscure » vient trop directement du répertoire d’Entombed pour que la pilule passe toute seule, tout comme le démarrage de « Torture Parade » emprunté sans vergogne à Dismember. Tout ça souligne avec un peu trop d’évidence que le carburant original commence à manquer cruellement à nos vétérans. Alors on ne boudera pas notre plaisir, parce que s’il n’invente rien, le chef cuisine sacrément bien. M’enfin on ira quand même plutôt se faire plaisir chez les voisins de Puteraeon et de Sentient Horror pour du frisson un peu moins réchauffé…

 

 

* et pourquoi je ne structurerais pas ma chronique autour de jeux de mot tout pourris d’abord?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: « C’est la même, chan-son, mais la différence c’eeeeest que toi tu n’es, plus làà! » Bon alors si si, on espère bien que tu es toujours là cher lecteur. Par contre côté Demonical, c’est bien toujours la même chanson. En plus caricaturale encore, à présent que la tracklist alterne méthodiquement entre morceaux purement Swedeath et hymnes Amon Amathiens. Pourtant, crénom, dur de ne pas se laisser entraîner par l’oreille et la nuque. ‘sont forts ces lascars!

photo de Cglaume
le 30/04/2018

0 COMMENTAIRE

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements