Depravity - Evil Upheaval

Depravity - "Evil Upheaval"
chronique Depravity - Evil Upheaval

Quand des formations d’honnêtes suiveurs techniquement irréprochables mais originaux comme un paquet de nouilles (disons Skeletal Remains, au hasard) déclenchent parfois des palpitations du corps caverneux chez les confrères, ici on s'intéresse aussi à des surprises nous attendant au détour du bois, ou de bandcamp disons.

Dans le rôle des grands méchant loups, là, bienvenue alors aux Australiens de Depravity.

 

La pochette de ce premier album annonce l'ambition : celle de nous arracher le slip. En effet, quoi de mieux qu'une vision d'une des bouches l'Enfer avec des démons bien dégueulasses pour attirer l'attention du promeneur curieux ? Un bouboum moulé dans mini-short chaloupant oui, mais c'est hors sujet.

Car Evil Upheaval n'est pas sexy et ne déchaînent pas la Bête comme un simple groupe de Black Metal ou un short en jeans. Comme tout très bon album de Death : Evil Upheaval est la bête.

Certes, les Australiens sont biberonnés à Incantation pour l'esprit de corruption et au bon Morbid Angel pour le doigté mais Depravity possède une qualité: l'ambition.

 

Première grosse mornifle : l’atmosphère fétide et malsaine qui s'exprime dès "Manic Onslaught". Elle demeurera omniprésente, même dans les moments les plus calmes (euh... disons l'intro de "The Great Divide"), extrayant sans mal la plaque de l'underground parfois simplement crapoteux. Juste, après "Insanity Reality" te crépite la face plus sûrement qu'un minigun manié par un ex-catcheur dans Predator...

Deuxième grosse baigne donc : la technique et le batteur surtout. Louis Rando, aux baguettes, a une grosse braguette, en ayant déjà officié dans The Furor ou Bloodlust. Son jeu tirant vers le Brutal Death ne cesse de dynamiser des compos à la sauvagerie bluffante.

Toutefois, considérer son talent de façon indépendante des autres membres du groupe serait outrageant pour le boulot de ses petits copains de chantier/charnier. Les solos revêtent ainsi toute la dimension blasphématrice (genre j'invoque ce gros débile d'Azazoth pour pulvériser ta mère) nécessaire à la pratique d'un Death de haute voltige... crédible.

Le chant, parfois redoutablement compréhensible pour tout ursidé, possède la bestialtitude du nécrophile expérimenté.

 

Cependant, ces qualités intrinsèques ne servent au final qu'un seul but. Oh non pas celui de se pignoler la manivelle comme un zoophile matant Les Animaux de la 8. Mais celui de l'intensité pure. Ainsi, toutes les intro nous collent les bourses dans un bain d'acide tel celle de "Repugnant" venue du fond des âges du genre.

 

Ultra féroce, référencé juste ce qu'il faut mais sachant personnaliser son propos pour ne pas en faire une simple bestiale agression macabre, Depravity exprime une assurance et une cruauté réservées aux grands dépeceurs.

Mike Crocodile Dundee s'efface donc face à Mick Taylor.

 

 

photo de Crom-Cruach
le 22/05/2018

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