Diabolical - Eclipse

Diabolical - "Eclipse"
chronique Diabolical - Eclipse

La honte. La grosse honte, tartinée d’ignorance crasse. Parce que la raison pour laquelle je me suis précipité sur Eclipse, c’est que j’avais lu le biniou tout de travers: il était marqué Diabolical, et mon cerveau a traduit Demonical. « Chouette: du Swedeath!!!! ». Bah voyons Raymond… Pour ma défense:

  • sémantiquement parlant, les 2 patronymes sont quand même assez proches l’un de l’autre. Ils sont même raccord sur l’initiale, ainsi que sur la rime (…riche!)

  • Le nom Diabolical ne m’était pas complètement inconnu, ni la pochette de A Thousand Deaths, que j’avais croisée de par les médias metal à l’époque de sa sortie

  • Sverker "Widda" Widgren, seul membre originel rescapé 21 ans après les débuts de la formation, a été membre de Demonical pendant 9 ans, jusqu’en 2017

 

Alors, au coin avec un bonnet d’âne, ou avertissement-2-heures-de-colle-avec-sursis le lapin?

 

Ce n’est donc clairement pas du Swedeath qui est proposé à l’auditeur sur ce 5e album, mais tout de même bien du gros Death de Suède, toutefois légèrement noirci d’une evil attitude lorgnant à la marge vers le Black, et par ailleurs gonflé aux hormones symphoniques – une chorale de 20 chanteurs, tout de suite ça donne un aspect plus dramatique à la messe noire! Ces chœurs emphatiques, ces mélodies aussi écrasantes que grandiloquentes, ce manque de modestie et cet académisme qui n’empêchent pas de vrais grands moments ne sont pas sans rappeler tour à tour et dans le désordre Septic Flesh, les Therion post-Lepaca Kliffoth, Hollethon ou encore Behemoth. Les pauses élégantes plus délicates en chant clair font quant à elles sonner en nous les cloches Mike Akerfeldt et Dan Swanö. Tandis que quelques langueurs miroitantes et glacées (le début de « Betrayal »), flirtant avec le Doom-Temesta, louchent vers la Finlande de Katatonia.

 

C'est évident, Eclipse a un impact certain sur l’auditeur: joué sur un bon dispositif HiFi, ce growl profond, ces envolées orchestrales, ces assauts fastueux en collent plein les mirettes. Et on aura d’autant plus tendance à se laisser aller à son enthousiasme que « We are Diabolical » est un porte-étendard aussi massif que distingué, que « Failure » ne sombre pas dans la facilité du tout-symphonique en faisant saillir des biscotos Death à la Hypocrisy, et que « Requiem » est un final terrassant qui combine l’opulence inhérente à un tomber de rideau réussi, et la puissance de feu nécessaire à la pulvérisation des rangs ennemis.

 

Si notre main est néanmoins retenue au moment d’attribuer une note à l’objet, c’est qu’après tous ces albums ayant déjà marié le faste symphonique et le feu du metal extrême, l’oreille se laisse moins facilement surprendre. Des passages ampoulés comme le début de « Black Sun » peuvent même presque sembler un peu téléphonés. Par ailleurs, contrairement à la rondelle toutes-tronçonneuses-dehors qui peut réclamer un moment d’accalmie via un interlude plus posé, on ne voit pas trop l’intérêt de l’instrumental B.O.esque « Tyranni ». Par ailleurs… Quoi? Comment? Le superbe « Requiem » n’est pas une nouvelle compo mais figurait déjà sur l’EP Umbra? Autant de raisons pour lesquelles on refusera finalement l’accès d’Eclipse à la symbolique marche du 8/10.

 

Néanmoins, même si on ne peut la qualifier d’excellente, l’impression finale laissée par cet album reste quand même TRES bonne. Si vous aimez les sombres palais dont les piliers colossaux se soustraient à la vue avant d’atteindre de lointains plafonds, si vous êtes clients de ces scènes de bataille filmées au ralenti sur fond de cantiques entonnés par des nonnes maudites, si vous aimez le vin de messe coagulé et la gravité des cérémonies de sacrement, essayez Eclipse, puis – logiquement – maudissez ma notation trop tiède…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: chœurs graves, pompe, solennité, growl profond, écho de cathédrale et emphase symphonique sont quelques-unes des mamelles du Death sombre et ambitieux proposé par Diabolical sur Eclipse. Les fans d’Hollenthon, Septic Flesh et du Theli de Therion devraient adorer, surtout s’ils sont sensibles aux mélanco-mélodies finno-suédoises. A savoir tout de même qu’ils ne trouveront ici à embaucher dans leur armée des ombres métallique qu’un efficace lieutenant plutôt qu’un nouveau général…

photo de Cglaume
le 16/07/2019

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 16/07/2019 à 15:41:19

J'avais bien aimé Neogenesis.

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