Digital Nova - Orphelins

Digital Nova - "Orphelins"
chronique Digital Nova - Orphelins

Pour être client de Digital Nova, va falloir commencer par aimer le metal rappé. 
Sans faire dans la frenchcore décérébrée des années 2000, le groupe fait le mariage des deux genres "ennemis" qui rappelle quand même les travaux de nos aînés du tout début du siècle. 

Il va falloir aussi aimer les albums tendus. 


Pendant la grosse quarantaine de minutes d'"Oprhelins", il y a une sale ambiance, un truc assez sombre qui plane et un chanteur, plutôt colère, qui a plein de choses à dire.

Bavard, bien mis en avant dans le mix (mais pas trop), le chant clair, le flow plutôt efficace, des parties gueulardes bien pétaradantes : c'est un joli panel vocal qui y passe. Même s'il y a un passage sur le titre éponyme ("Orphelins") maladroit, la performance est difficilement critiquable. Hormis peut-être sur quelques mots...

Plus on est bavard, plus on a de chances de dire et de faire de la merde. Il suffit de lire les longs articles de mon confrère Cglaume pour s'en rendre compte. 
Alors, inévitablement, il y a quelques maladresses, des gros filons, des phrases écrites pour faire mouche mais qui tapent à côté...mais il y a aussi de très bonnes idées qui accompagnent l'interprétation. 
Les thèmes ratissent larges, et les traitements de "Les dès sont jetés", "Immortels", "Le monde est beau" sont plutôt bien foutus. 
Sans avoir la plume d'un Reuno (Lofofora) ou d'un Kemar (No one is innocent) (bien que certaines lignes de chant rappellent ces derniers...sans en avoir le niveau), on ne tombe pas non plus dans la facilité mono-neuronale aux textes que peuvent parfois pondre des frontmen qui semblent beugler pendant un AVC. 

 

Question paroles ça n'est donc pas la merguez party, alors musicalement, faut pas s'attendre à ce que ça se la joue façon guinguette.
L'assombrissante tension qui traîne sur tout l'album est le fait de la section rythmique qui s'est fait un plaisir à ne JAMAIS faiblir. Pas de titre calme, pas de pause : Digital Nova tient son album de bout en bout avec un grosse patate sans jamais provoquer de lassitude. La basse bien lourde pèse de tout son poids sur les morceaux nous offre le plaisir d'être parfaitement audible.


Sans être révolutionnaire, sans surjouer, les musiciens sont efficaces. Le groupe s'est attaché les services studio d'un synthé pour orner et accentuer l'ambiance de certains titres : une bonne idée qui vient soutenir une guitare qui aurait pu se sentir un peu seule.
D'ailleurs, cette guitare fait aussi beaucoup pour la vitalité de l'album : si elle se fait parfois discrète, si elle n'est pas toujours en vedette, elle sait marquer de son empreinte tout un morceau. Sur "Un homme parmi les siens", avec le hachoir strident de "La peur", une tonalité différente sur "Orphelins" : il y a une réelle volonté de se renouveler à chaque piste sans tourner le dos au genre qu'affectionne Digital Nova : celui de faire du Mass Hysteria-like mais plus hurlant, puissant, remuant. 

 

Evidemment, quand on traîne ses instruments dans ce genre musical, on prend le risque de faire quelque chose de suranné, et souvent déjà trop entendu. Digital Nova évite ce dangereux piège, arrive à capter l'attention avec ses textes et son énergie sans jamais s'essouffler en 11 morceaux.
"Orphelins" ne fera pas changer d'avis les allergiques à ce style musical, mais il a tout pour contenter les fans du genre (et ils sont nombreux)... 

photo de Tookie
le 12/01/2017

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 12/01/2017 à 21:34:18

Tellement pas à la mode : cool donc

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