Dirge - Lost Empyrean

Dirge - "Lost Empyrean"
chronique Dirge - Lost Empyrean

Dirge: n.m: Chant funèbre. Après 25 ans de bons et loyaux services, Dirge nous quitte en nous laissant une dernière oeuvre. Parce qu'il faut bel et bien parler d'oeuvre dès que l'on veut aborder les productions du groupe parisien. En toute sobriété. Mais quel autre groupe peut se targuer d'autant de fidélité envers son public en ce qui concerne la qualité de ses albums ? Le quatuor mené par Marc T. jouait dans la cour des grands, sans jamais en être remercié par le grand public. Après réflexion, c'est peut-être cela qui a sauvé le groupe. Garder la tête froide. Rester concentré, et ce, pour le plus ample plaisir des initiés qui ont su y déceler toute la qualité et le génie que Dirge, tout au long de sa carrière, a pu dévoiler. En fait, tant mieux pour nous.

Revenons donc, malgré la larme pointant au coin de l'oeil, sur Lost Empyrean sorti en décembre 2018.

 

L'entrée en matière est plus que franche. Aussi abrupte qu'un réveil en pleine chute. L'immersion est totale et immédiate et la complexité de la texture sonore annonce d'entrée de jeu la couleur : Dirge dévoile son art. L'oreille s'aiguise, seconde après seconde. Elle s'habitue à l'environnement de la même manière que l'oeil s'habitue à l'obscurité, pour y déceler toutes les nuances et subtilités chères au groupe.

On a ici une oeuvre pleine, variée et surtout condensée. Dirge va à l'essentiel et puise dans ce quart de siècle d'expérience pour ne pas s'ankyloser de fioritures inutiles (ce qui est concordant avec la frontalité de "Wingless Multitudes" en ouverture d'album). La consistance des guitares, industrielles et rotatives se mêle entièrement à l'ambiance éthérée et atmosphérique.

On ne parle même plus ici de lourdeur monolithique, mais de lourdeur astrale comme sur "Sarracenia", ou "Hosea". Alors que l'on s'évapore sur "Lost Empyrean", pour mieux s'atomiser sur "A sea of light", "Algid troy" nous balance entre humus et vide sidéral. On est clairement sur du métaphysique mis en musique. Et c'est rare dans le domaine. Trop rare pour ne pas être souligné.

 

Dire que Dirge nous propose un album abouti serait une facilité de langage. C'est le résultat de 25 ans de recherche, de travail obstiné et de sérieux. J'irai même jusqu'à dire que c'est le travail d'une vie. Alors on écoute Lost Empyrean avec indiscutablement beaucoup d'intérêt, mais surtout et avant tout, beaucoup de respect.

 

 

Note: 10/10 (ainsi que pour l'ensemble de la carrière!)

photo de Vincent Bouvier
le 15/03/2019

1 COMMENTAIRE

pidji

pidji le 15/03/2019 à 08:48:29

Excellent album en effet. Leur meilleur à mon avis. Dommage qu'ils se séparent...

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