Downtown Brown - Masterz of the Universe

Chronique CD album (45:42)

chronique Downtown Brown - Masterz of the Universe

Après le coup double (de cœur, et de soleil) CaliFlorida, il était évident qu’il me faudrait sauter les deux pieds dans le grand bain Downtown Brown. Parce que les éclaboussures reçues lors de l’écoute de ce superbe album gorgé de Fusion estivale étaient aussi rafraîchissantes que suavement parfumées. Du coup, clic-clic-pianote-pianote: « Dis Monsieur Neil Patterson – le boss des lieux – tu me conseilles quoi pour la suite? ». Réponse sans tortillage de popotin: Grabbleton's Beach et/ou Masterz of the Universe. Et après vérification, ouh yeah, très bonne pioche! Qu’il s’agisse de la plage du crabe letton (mhhh?), ou plus encore, de la version des Maîtres de l’Univers amputée de Musclor et Skeletor, même constat: du miam en barre!  

 

Et c’est aujourd’hui à l’album à la pochette barbue et cosmique de passer l’épreuve de la dissection chroniquatoire. Enfin « épreuve » et « dissection » sont ici des mots bien trop connotés dramatiquement, vu qu’en l’occurrence on a le scalpel turgescent et les ciseaux tout émoustillés devant tant d’énergie joyeusement créative! A la fois plus pétillant et finement conçu que son balnéaire prédécesseur, Masterz of the Universe est un festival ininterrompu de fun et de groove gourmand. Certes la prod’ n’est pas du niveau de celle du dernier Red Hot (je vous balance ça au bluff, n’ayant pas écouté les californiqueurs depuis bien longtemps), n’empêche: album après album, on voit le groupe s’affûter, les compos et le son s’améliorant à chaque fois un peu plus.

 

Comment attraper un tel cocktail multifacette sans vous peser trop sur l’estomac? L’exercice est voué d’avance à l’échec, mais hasardons-nous en commençant à évoquer le(s!) style(s!) pratiqué(s!), en l’occurrence une Fusion hurluberludique entre Metal/Rock, Funk, Punk Rock de cour de récréation, Ska, Rap Metal – auquel s’ajoute cette fois un peu de Stoner bluesy instrumental, pas forcément ce que l’album propose de plus sexy d’ailleurs, sur « Rock’n’Roll Thunder ». Et puis du pur Nawak Metal également, sur l’effervescent « Talkin Spit », qui fait dans le nimp’ outrancier, pas hyper subtile donc, mais carrément bonnard.

 

Et sur les 10 morceaux restant, tel un môme devant l'étal d'un confiseur, on ne sait que choisir en premier. Les rondeurs sautillantes du très funky « Juzz Space » semblent s’imposer, ainsi que la grosse basse enjouée de « Pillz », qui laisse bientôt la place à plus de mordant Metal, ainsi qu’à une superbe envolée épique vers 4:24. Le délire Hip-Hop / fumette / cuivres « Hit The Bongos », qui ne dépareillerait pas sur un album de Fishbone, mais aussi le très bon melting-pot « Game of Life » qui mélange la disto d’Infectious Grooves avec du Funk Rock pour décapotable, du bon vieux scat et du Punk Rock pour skateur californien. Neil est toujours aussi excellent vocalement parlant, inventif, rigolard, mais également nuancé quand cela est nécessaire. Comme sur « Yo pt. 2 », la « luv song » de l'album, réussie cette fois encore, notamment grâce à de moelleuses parties « chamallow Rap ». Ainsi que sur « Lil B », qui alterne Hard Rock à gros shred et délicat ruissellement d’accords qui humidifient efficacement le palpitant (en même temps, étant instrumental, ce titre illustre mal ma déclaration d’amour aux cordes vocales de Neil. Mais bon, passons…).

 

En fin de compte, quand on y regarde de plus près, on se dit que c’est quasiment sur un pied d’égalité avec CaliFlorida que Masterz of the Universe tout à la fois 1) retarde la disparition de notre bronzage 2) ajoute des glaçons dans notre mojito 3) nous imprime le sourire indélébile de The Mask en travers de la trogne. Ce genre de musique lutte contre la dépression et permet de doubler les bouffeurs de Juvamine en haut des côtes. Si votre kiff c’est le Funeral Neurasthenic Doom ou le Sludge les-2-pieds-dans-la-glaise, Masterz of the Universe sera pour vous une manifestation de l’Antéchrist sur Terre. Si par contre les mots « Fusion » et « Nawak » vous allument des braises dans les prunelles, vous êtes partis pour une longue série de saltos arrière sur trampoline.

 

 

« Juzz Gimme juzz SPACE! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: fun, Funk, cuivres, Nawak, Punk rock, ouh yeah, Rap metal et bibopeloula sont sur un bateau dans l’espace. Personne ne tombe à l’eau (d’autant que dans l’espace ‘y en a pas lourd). Qui reste-t-il sur le bateau? Downtown Brown, bingo!

photo de Cglaume
le 17/10/2019

2 COMMENTAIRES

8oris

8oris le 18/10/2019 à 08:53:35

Je ne connaissais pas du tout. La chronique est bien meilleure que l'album qui est très sympa, inspiré, mélange effectivement beaucoup de style et s'écoute sans déplaisir. Dommage que le son soit vraiment trop ancré dans les années 90, ça désert énormément l'album .A part quelques titres (Talkin Spit), j'avoue ne pas avoir vraiment trouvé le tout tapant dans "nawak".

cglaume

cglaume le 18/10/2019 à 11:58:22

Appelons ça de la "Party Fusion old school légèrement nawakisante" si tu préfères :)

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