Drawers - This is oil

Chronique CD album (21 minutes)

chronique Drawers - This is oil
This is oil de Drawers est mieux encore plus texan qu'un épisode de Dallas. Il y a tout :
5 titres qui sentent le southern rock, un bon vieux stoner qui transpire.
Évidemment l'influence de Down est la plus prépondérante mais malgré les 7800 kms qui nous séparent de la ville du Texas, c'est sans doute la production la plus américaine des françaises!

Le petit riff introductif, teinté de blues, sur le titre éponyme de l'ep est une diversion de la déflagration qui suit. On pense alors à Kyuss et Pantera pour la lourdeur du riff : un petit instrumental en guise de mise en bouche.

Les quatre titres suivants démontrent que les meilleures démonstrations ne sont pas nécessairement les plus techniques. Le chant est groovy, sale, agressif avec des gros cris bestiaux (fin de "Everything to live", le début de "My ranch") et si bien maitrisé qu'on pense inévitablement à Phil Anselmo. Un régime permanent de whisky est peut être le secret d'un timbre si lourd que nous sommes nombreux à affectionner.
On profite même d'un soutien growlesque, d'un passage parlé ("My ranch") au milieu d'instruments qui s'en donnent à cœur joie.

Tout est lourd : depuis le son de la batterie qui emballe les rythmes ("Everything to live") et martèle (en intro de "My Ranch") sévèrement, jusqu'aux guitares dont le jeu s'apparente évidemment à cette scène proche encore une fois de Down, Pantera.
Le résultat est d'autant plus lourd sur "Everything to live" lorsqu'une guitare hache menu avec un son d'outre tombe face à la seconde qui se veut plus "légère".
On profite sur ce même titre de grosses coupures qui laissent place à un déferlement de gros décibels qui ne laissent pas indifférents les amoureux de cette musique.

Avec "My ranch" le groupe reprend ce principe de retirer le chant quelques secondes pour laisser s'insinuer dans nos têtes un petit riff rythmique pendant que la "lead" exécute un petit solo. Mais aucun véritable long solo ne nous est délivré dans ces 22 minutes.
Malgré tout, presque machinalement la tête bougera, le pied tapera surtout dans la dernière minute du troisième titre.

Sur "Alone" la basse est enfin un peu plus audible et ces quatre minutes sont les plus efficaces : un gros riff tout simple, une énorme base rythmique appuyée par un duo vocal très agressif. Pour "Whisky" il fallait en mettre un dernier coup...et ça commence avec un riff qui sonne thrash des 80's (version Metallica des débuts) rapidement écrasé par la lourdeur du groupe.
5 dernières minutes qui commencent bien et qui se terminent sur l'essoufflement du chanteur et quelques larsens...jusqu'à la dernière répétition d'un riff qui achève la bête.

Un sacré morceau que ces Drawers qui sont une preuve supplémentaire de la vivacité et qualité de la grande famille rock sur Toulouse. C'est certes court mais très bon : le concept n'a rien de nouveau, il est honteusement emprunté aux Etats-Unis...
Mais qui est mieux placé que des toulousains pour jouer du Southern métal en France ?
Drawers répond admirablement à la question par ce This is oil.
photo de Tookie
le 13/10/2009

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