Entrails - World Inferno

Entrails - "World Inferno"
chronique Entrails - World Inferno

Une Quatre Fromages accompagnée de Nastro Azzurro, c’est un peu toujours pareil, n’empêche: on se l’engouffre toujours avec le même plaisir renouvelé. La poignée de jeunes scientifiques surdoués accompagnée de militaires en mission spéciale sur une planète hostile, c’est toujours le même scénar’, n’empêche: on se mate le Nième DVD du genre avec une délectation, voire une avidité, intacte. Eh bien avec Entrails, c’est exactement le même phénomène: ce sont toujours les mêmes guitares qui bavent du goudron liquide, ce sont toujours les mêmes zombies qui errent dans la brume, c’est toujours la même pédale HM-2 qui fait trembler l’échelle de Richter sur ses fondations… Et pourtant, l’envie de s’en envoyer de nouvelles tartines ne faiblit jamais!

 

Sommes-nous donc d’irrattrapables rustauds ayant développé une phobie de la sophistication?

Ou bien d’irréductibles adversaires de la théorie de l’Evolution?

Ou bien d’incurables pantouflards cherchant le réconfort dans l’immuabilité du son made in Sunlight Studios?

 

Peu importe la raison. Ce qui compte, c’est que ces coulées de lave et ces gerbes growlées typiques du genre nous font toujours dresser les poils sur les avant-bras. Et ce même si l'ampleur des innovations apportées par cette 5e livraison des Suédois atteint des sommets dont l'altitude flirte avec les reliefs de Beauce.

 

Oui, c’est vrai, « Dead & Buried » tombe vite dans le raplapla, dans le gras indigeste, malgré un début gentiment enlevé et un bon break à la disqueuse, à 3:16. Je suis d’accord, « Into Eternal Fire » est méchamment bateau, et fait preuve d’un groove pataud digne d’un Six Feet Under from Stockholm. OK, les refrains ont la subtilité d’un coït de grizzlis. Oui, « The Hour of The Casket » démarre comme une course de gastéropodes dans un département de gériatrie...

 

M’enfin bordel: elle est également à moitié pleine la bouteille World Inferno!

 

Parce qu’en dehors du plaisir simple et bovin que procure la grande majorité des titres, on trouve cette fois encore notre lot de morceaux plus particulièrement croustillants. Ainsi « Serial Murder (Death Squad) » monte-t-il le niveau d’accroche mélodique aux proches alentours de son grand cousin At The Gates. Ainsi « The Soul Collector » déboise-t-il à tour de bras à l’aide d’un bon gros D-Beat de bucheron qui fait jaillir des rictus mauvais sur les visages ravis. Ainsi « Insane Slaughter » se permet-il des allures plus épiques, parce que le Swedeath se porte aussi à merveille à cheval, l’épée à la main. Et puis « Suffer » déboule comme un diable de Tasmanie dans la mêlée (ou comme un Obélix dans un régiment de légionnaires, si ça vous permet de mieux visualiser le carnage), faisant voler chicots et protège-cougnettes en des geysers de muqueuses contrariées.

 

Rien que pour cette grosse poignée de titres, ce serait être foutrement bégueule que de ronchonner sur cette nouvelle sortie (... parce qu’il y en a: j’ai les noms!).

 

Vous m’avez compris: World Inferno est à s’envoyer à fond dans les hublots en mangeant une pizza aux viscères devant le DVD d’Alien vs Starship Troopers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Entrails, c’est toujours pareil. A quelques grumeaux près. On y trouve toujours du passable, et du jouissif. Et la poignée de torgnoles vivifiantes que contient ce nouvel opus justifie que l’on se fade d’autres titres moins bandants. Enfin: si l’on voue un culte aux vieux Entombed, of course.

photo de Cglaume
le 07/09/2017

2 COMMENTAIRES

Tookie

Tookie le 07/09/2017 à 09:55:29

Du solide.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 07/09/2017 à 12:20:25

Bouarf te voilà bien généreux. De plus en plus en perte de vitesse les gaziers. Cette année mieux veau (meuh) se tourner vers Ursinne ou même Maim (et leur Ornaments Of Severity) pour trouver de la HM-2 d'intérêt. Et je ne parle pas évidemment du monstrueux VALLENFYRE (en fait si)...

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