Evocation - The Shadow Archetype

Evocation - "The Shadow Archetype"
chronique Evocation - The Shadow Archetype

Si le jus de carottes fermenté ne m’a pas trop cramé les méninges, c’est après avoir lu la chronique de Illusions of Grandeur, écrite par Olivier Badin dans Hard Rock Mag, que j’ai commencé – sur le tard, ok c’est bon, je sais – à aller renifler du côté du terrier d’Evocation. D’ailleurs l’album en question a fini dans mon carton « CD à chroniquer un jour ou l’autre », donc vous en réentendrez causer par ici si le grand méchant chasseur ne m'a pas tiré (!) avant. Evocation, c’est un vénérable vétéran figurant parmi la crème de la crème du Death suédois, bien qu’à la grande époque il n’ait rien sorti de plus consistant que 2 démos. Mais comme Tomas Skogsberg himself a confirmé son statut de grosses légumes du genre, on le croit sur parole.

 

Vous voyez le tableau: un lapin fan de Zombie-shooting en terres marécageuses, un combo acclamé par les Docteurs es-Boss HM-2, et le promo de The Shadow Archetype qui tombe du ciel par un beau matin de pas-l’printemps-mais-presque... Que croyez-vous qu’il advint? Salive, écoute, écoute encore, écoute toujours – bon alors, ils viennent ces frissons? – écoute, euh, écoute… Et puis bon: chronique quand même. Mais avec l’enthousiasme en berne. Tout flapi. Tout racorni.  

 

C’est quoi c’bordel là ho? Unleashed, Unleashed, lama sabactani?

 

Bon alors voilà l'topo: ce 5e album des Suédois ne propose nullement de ces coulées basaltico-gadouilleuses qui font bicher les fans d’Entombed. Eh non. Nada. Peau d'zob. Leurs chansonnettes s’inscrivent plutôt dans un Death épico-mélancolique situé à mi-chemin entre les sucreries Melodeath et les complaintes Amon Amarthiennes (… vous savez: quand le viking écrase une larmichette en entonnant « My Heart Will Go On… »). Et vérification faite, il s'avère qu'en effet, M. Badin parlait bien de Death mélo, et non de Death baveux. Arf. C’est pas qu’on n’est pas client du genre, mais à la base on n’était pas venu pour ça… Et le pire du pas drôle, c’est que non content de s'inscrire dans une démarche mélo-tristoune, le groupe nous sert un Death pataud aussi téléphoné qu’empoté, sans flamme, sans imagination et sans panache. 3 « sans », oui, c’est ça, comme à Sparte.

 

Je voudrais être objectif, ne pas tomber dans la chronique dézingueuse facile... J'vous jure. Mais honnêtement tout ici sent le déjà vu, le mid-tempo traîne-savate, la lourdeur poussive, le Death générique interprété sans conviction. Même les solos et les leads sont en grande majorité à la limite du minimum syndical. C’est triste, mais les morceaux offrant le moins le flanc à la critique sont l’intro et l’interlude « Blind Obedience ». Ainsi que – quand même – le petit tube « The Coroner », qui pèche néanmoins un peu par facilité. Que dire des autres titres? « Sulphur and Blood » repompe son seul riff intéressant au « For Victory » de Bolt Thrower. « Imperium Fall » offre l’espoir d’un coup de fouet punko-Impaled-Nazarenien, mais sombre vite dans l’insipide. « Dark Day Sunrise » clôt l’album sur une grosse déprime semblant émaner d’un Illdisposed rincé, sous Valium…

 

A quoi bon? Cela valait-il le coup de continuer maintenant que les frères Kenttäkumpu ont quitté le navire? Cela valait-il le coup d’embaucher Daniel Bergstrand au mixage, un ex-The Haunted (Per Moller Jensen) derrière les fûts et un ex-As You Drown à la guitare?

 

... Sans doute, si le groupe se fait vraiment toujours plaisir. Par contre pas sûr que les fans y trouvent leur compte. Même constat si l’on étend la remarque aux amateurs de Death mélo à gros biscotos. Parce que tout ça manque de fièvre, de niaque, d’envie de tartignoler la planète.

 

Bon allez, cessons de grommeler et passons plutôt à autre chose…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: un Amon Amarth qui déprime sévère au fond du drakkar. Un At The Gates qui sprinte sans passer la 3e. Un Illdisposed aux chenilles qui broient du noir… Voilà ce que l’on retient de l’écoute de ce 5e album d’Evocation. De Death mélo d'exception il n’est ici pas question. Ni de fougue, de danger ou de passion. The Shadow Archetype, ou l'archétype de l'album qui ne fait pas d'ombre à la concurrence. C'est ballot, du coup...

photo de Cglaume
le 01/06/2017

5 COMMENTAIRES

Tookie

Tookie le 01/06/2017 à 11:43:15

J'ai eu aussi beaucoup de mal avec ce disque. D'ailleurs, même la pochette m'a rappelé "The prestige" d'Ill disposed ("dans le mouvement" du crâne etc.) bref, y'a qqch qui ne tourne pas rond dans ce disque. C'est chiant, voilà tout.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 01/06/2017 à 12:39:55

Repomper Bobolt, c'est comme sucer un tank une deuxième fois : étrange idée...

cglaume

cglaume le 01/06/2017 à 14:07:18

Chiant, c'est ça: c'est le mot :(

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 01/06/2017 à 19:38:04

Moi j'ai juste causer de gâterie buccale à des chenillettes...

cglaume

cglaume le 02/06/2017 à 00:15:04

Zoophile va !

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