Eyes Of Verona - Ex-voto

Chronique CD album (45:00)

chronique Eyes Of Verona - Ex-voto

Je m'étais toujours juré de ne pas torcher une chronique en terminant par un stupide : "Ecoutez le groupe "Mécoul"*, c'est vachement rafraîchissant !"

"Rafraîchissant". On ne parle pas d'une grenadine ni d'un glaçon qui glisse, involontairement, hors de son bac pour atterrir malencontreusement dans ton slip. (si, c'est possible).
 

Involontairement, tout comme l'oubli de chroniquer cet album "Ex-voto" sorti en 2014. "Pardon, pas fait exprès, pas ma faute".

Il n'empêche qu'il fait du bien cet album longtemps oublié dans les limbes des "DISQUES A CHRONIQUER". Pas que le lectorat fan des groupes en colère soit la cible, mais y'a moyen que ça ne fasse pas tâche dans le lecteur CD / Mp3 / Autoradio (entourer la mention correcte).

 

Pour faire les présentations : une chanteuse. Pas une gonzesse venue faire du lyrique après avoir loupé le conservatoire. Ni une ronchonne piercée jusqu'au clito (enfin ça, ça ne nous regarde pas). Non, une nana qui fait du rock, qui y met pas mal de mélodique sans nous balancer de la rocaille vocale acquise à force de pomper deux paquets par jour de Gitane Maïs.
L'interprétation est excellente, les lignes de chant variées et même niveau écriture, c'est assez bien foutu avec quelques phrases qui s'impriment bien en tête. Comme si Jimmy eat world avait une chanteuse ("86400").

Parce que c'est ça Eyes of Verona : du rock, et pas grand chose d'autre. Tourné vers le mélodique, tendant parfois vers la bonne vieille pop un peu "facile" ("The end of Babel"), le groupe semble avoir la science infuse lorsqu'il s'agit de placer un bon refrain ou donner un coup d'accélérateur.
Les influences pop n'empêchent pas le groupe de s'enrichir de petits sons en dehors de l'orchestre classique (notamment avec un piano / glauckenspiel etc.) sans en faire des caisses.

La volonté du groupe est simple et claire sur "Ex-voto" : être efficace, moderne, transmettre des émotions simples en un minimum de temps (parce qu'on rentre toujours très vite dans le vif avec des compos 
très courtes...au format radio).
 

Alors, peut-être est-ce à force d'écouter des gens toujours dans une colère noire, ne pouvant chanter l'optimisme qu'à l'idée de s'ouvrir les veines, mais avec cet album, le groupe aurait franchement eu sa place sur les canaux d'écoute plus populaires...si seulement on avait les couilles en France de donner un peu place au rock...surtout que celui-ci est nourri à la pop !

Depuis le groupe Eyes of Verona a changé de chanteuse et de style. Il se peinturlure la gueule et fait du rock-electro pour ressembler à un ersatz (dans une version moins jouasse) d'Hyphen-Hyphen (et ce n'est pas un compliment dans ma bouche). C'est un peu triste d'avoir dû prendre un autre virage, mais ça leur permettra peut-être de mieux marcher, parce qu'on peut le dire avec le recul : cet album "rafraichissant" n'a pas percé au niveau de popularité que son accessibilité pouvait laisser l'espérer. Dommage, ç'aurait été mérité.

*Mécoul = mes couilles en ch'ti

photo de Tookie
le 20/10/2016

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