Firespawn - Abominate

Firespawn - "Abominate"
chronique Firespawn - Abominate

Il y a encore peu, si j'évoquais en mode Jeopardy un super-groupe suédois constitué de la crème de la crème, qui dure dans le temps, et dont on aurait pu s'attendre à ce qu'il use de la pédale Boss HM-2 mais-en-fait-pas-du-tout (Je suis...? Je suis...?), vous m'auriez spontanément cité Bloodbath – en nuançant toutefois votre propos d'un « … sauf que, mon Coco, le groupe était bien full Swedeath à ses débuts, mais le jus de Krisprolls qui coule dans ses veines a été coupé au coulis de plum pudding depuis que Nick Holmes s'est installé derrière le micro. »

 

C'est bien, vous avez les bonnes références: félicitations!

 

Sauf que dorénavant c'est Firespawn qui est devenu la bonne réponse à cette question pour un champion. Parce qu'Alex « Impaler » Friberg (Necrophobic...), Matte Modin (Skineater...), Fredrik Folkare (Unleashed...), Victor Brandt (Entombed A.D.) et L-G Petrov (Entombed pardi!) ont l'utérus en feu depuis 3 albums déjà, et que ça continue à meuler sévère dans leur crémerie, entre Death de champs de bataille polonais et dark Morbid Angeleries crâneuses.

 

« Quoi de neuf depuis The Reprobate? » vous demandez-vous, l’œil vitreux et la lèvre molle.

 

Une tracklist bien mieux maîtrisée, là où le 2e album se prenait les pieds dans le tapis d'une face B sentant fort la poudre mouillée et le canon enraillé. Sur Abominate, les vétérans répartissent plus intelligemment l'utilisation de leurs munitions et conservent ainsi une puissance de feu suffisante pour « Black Wings of the Apocalypse », assaut final qui s'avère aussi généreux en sulfatage lourd façon Vader qu'en menaces de gradé fort-en-gueule. Si par contre vous laissez le groupe répondre à cette question ("Quoi de neuf?", donc), il vous dira que la nouveauté majeure de ce nouvel opus tient dans une approche carrément plus Heavy. Et par là il n'entend pas « plus lourd », mais bien « plus Heavy Metal »... Et pourquoi pas « plus Glam » pendant qu'on y est? Je veux bien que les leads soient un poil plus mélodiques qu'auparavant (plus Death mélo en fait), que « The Gallows End » concède quelques secondes de micro à un chant vaguement clair, et que l'interlude « Cold Void » laisse de sombres ménestrels gratouiller leurs cordes électro-acoustiques « en mode de compatibilité Blind Guardian ». M'enfin inutile d'enfumer le métalleux: ce n'est pas cet album qui ouvrira au groupe l'accès à la playlist Deezer des fans d'Iron Maiden ou de Judas Priest! Même le petit Brandon, qui kiffe trop grave le dernier Amon Amarth, risque fort d'aller ronchonner sur Insta' qu'il s'est bien fait farcir le croupion en mettant son argent de poche dans ces 40 minutes d'averse de plomb.

 

Alors oui, Abominate accompagnera idéalement vos parties de jeux de plateau, et aidera vos troupes à prendre le corridor de Dantzig avec moins de pertes qu'en faisant tonner leurs canons au son du sempiternel Wagner. Sur le morceau-titre, vos fantassins s'empareront des tranchées ennemies avec l'énergie et le groove du gorille Six Feet Underien lourdement coiffé d'un casque vert. Boostée par « The Great One », l'avancée de vos blindés aura l'ampleur colossale d'un déplacement tectonique – de ceux qui ont affolé nos compteurs Geiger sur le dernier Slugdge. Graissées à la puissante mélodie conquérante de « The Hunter », vos pièces d'artillerie arroseront l'adversaire d'un feu fourni. Et harangués à l'aide des classiques mais roboratifs encouragements proférés sur « Blind Kingdom », vos p'tits gars se battront jusqu'au dernier.

 

M'enfin c'est aussi parce le manque de finesse du bidasse ne le décourage pas d'absorber tout le temps la même popote musicale qu'il boira sans broncher au goulot d'Abominate. Parce que cet album est à l'image du troufion-modèle: peu inventif, classique et efficace. Car l'allure gaillarde et les fanfaronneries blasphématoires Behemotho-Vital Remainsiennes d'« Heathen Blood » ne donnent pas l'impression que le fil à couper le Petit Jésus a été réinventé. Le piétinement de champs de bataille et les blasteries routinières (… mais néanmoins sympathiques) qui résument bien « Godlessness » ne donnent pas l'impression de débarquer sur un nouveau continent. Même chose pour « The Undertaker », dont la dynamique mélodique reste assez typique de la stratégie métallico-militaire scandinave.

 

Mais les vieux pots, la meilleure soupe, tout ça... Vous connaissez "la hache en son". Pas d'actes héroïques ici, pas de mouvements de troupes hyper audacieux, mais du massif, du gras, du ratatinage en règle – sans que l'on ait à froncer les sourcils, comme cela pouvait arriver sur les opus précédents. On parle donc ici de mieux. De franchement mieux même. Ajoutons donc une médaille sur la poitrine du soldat Firespawn: il l'a mérite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: on ne change pas une stratégie qui marche. On l'améliore, tout au plus. C'est donc exactement la tactique choisie par le général Firespawn, dont les troupes continuent d'arroser copieusement l'ennemi au son d'un Death metal guerrier, pas franchement inventif, mais rudement efficace. Et ce coup-ci, pas de coup de mou pendant la deuxième vague d'assauts. Bravo soldats!

 

photo de Cglaume
le 03/07/2019

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 03/07/2019 à 10:05:34

Il est sympa mais je peine à retenir autre chose que la voix de Petrov.

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