For The Imperium - For the Imperium

For The Imperium - "For the Imperium"
chronique For The Imperium - For the Imperium

« Sur ce premier album vos oreilles vont croiser un large panel de styles, du Metal extrême à la Musique de film en passant par le Post-Rock émo et la Pop la plus accrocheuse »

 

C’est ce que dit en substance le sticker collé sur mon exemplaire du premier album de For The Imperium. Et pour une fois, le message délivré par un autocollant promotionnel vaut un peu plus que de la roupie de sansonnet (amis de la numismato-ornithologie, bonsoir!). Parce que cet acte de naissance s'avère être un véritable bouillon de culture, aussi technique qu’accrocheur, aussi inspiré qu’exubérant. Et le moins que l'on puisse dire, en effet, c'est qu'il ne reste pas sagement assis à sa place, au sein d'un genre unique et clairement défini.

Mais tempérons vite ce début de chronique aguicheur: la musique des Finlandais est très typée « Teen ». Ce qui signifie entre autre que celle-ci ménage de larges espaces à des refrains profonds mais laissant percer des accents boutonneux qui rappellent Periphery, ceci se manifestant par exemple via de trop fréquentes salves de Na-na-na et de Oh-oh-oh qui trahissent de sérieuses carences en testostérone. Par ailleurs quelques mosh parts bien grasses accompagnées de protestations véhémentes sentent un peu fort le Metalcore. Et puis les gugusses aiment bien de temps à autres jouer les sales mômes en enfourchant le skateboard Punk Rock.

 

... Là, ça c’était pour les contre-indications, histoire que nos lecteurs ne nous accusent pas d’essayer de les empoisonner ou de ne pas les avertir des risques d’allergies possibles.

 

Maintenant cela n’empêche pas For The Imperium d’être un extraordinaire coup de maître que les fans de Sikth ou Destrage ne peuvent pas – ne doivent pas! – ignorer. Car le groupe mêle une maîtrise instrumentale de folie à une énergie débordante, des accès chaotiques à la TDEP (ou plutôt à la IWABO vu le côté fun de l’entreprise) à des mélodies imparables, le tout habillé d’un son tout ce qu’il y a de plus moderne. A cela il faut ajouter de multiples changements de pieds, détours inattendus et expérimentations ponctuelles frôlant parfois la sphère Nawak Metal (cf. le chant d’otarie au début de « California Girl », et cet effet « CD niqué » au début de « Diedead »…) – ce dernier aspect étant encore renforcé par la prestation de l’incroyable Hakim Hietikko dont la nasalité légère peut rappeler Mike Patton, mais dont les cordes vocales vont également emprunter à Jonathan Davis (Korn), Vishwesh Krishnamoorthy (Scribe)… Et Spencer Sotel (Periphery), donc. Et ceci, la plupart du temps, sur des morceaux hyper denses de moins de 4 minutes, mais pourtant étonnamment digestes.

 

Et alors que vous croyiez avoir cerné les zozos, vous réalisez que le début de « Österbotten » aurait pu être écrit par / pour Elton John, alors que la fin du même titre semble sortir tout droit de la hotte de And So I Watch You From Afar. De son côté « Diedead » abrite un bon petit passage Black Sympho (à partir de 0:57), sans oublier que pas mal de morceaux recourent à des arrangements Electro (« California Girl », « Pike River »…), que « Hero » rappelle un peu le début ambiant de « Liberian Girl » de Michael Jackson, et que pas moins de 2 titres utilisent de généreuses orchestrations classiques avec force violons et violoncelles dramatiques.

 

... Le moins que l'on puisse dire c'est donc que l'on n'a pas franchement affaire ici au petit groupe de Garage Rock indé' du coin de la rue!

 

Pour ne rien gâcher, la chose est par ailleurs gavée de tubes (« California Girl » et son Electro rock tendu et vibrionnant, « Working Class Heroine » et son final grandiose, « Diedead » le fantaisiste, « Until The End » sur grand écran, « Pike River » et son Sweet Electro-Punk épique), et agrémentée d’une croustillante reprise du « He’s a Whore » de Cheap Trick. Et même sur un format plus long (5:30) et plus « dark émo » (« Elisa »), malgré quelques séances trop chamallow, les Finlandais réussissent à imposer le respect.

 

Quel dommage qu’après Titans Fall un groupe avec un tel potentiel ait décidé de complètement changer d’orientation pour se lancer dans la musique Electro dance floor… D’autres y trouveront sans doute leur compte, mais vu le talent insolent affiché sur ce début de carrière (salué par une signature chez Warner et des tournées en première partie de Devin Townsend et Children of Bodom!), j’avoue que je ne peux réprimer un Maiiiiiis-euuuuuuuh! de frustration.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: si l’on fusionnait Sikth, Destrage, Iwabo, Mike Patton et Scribe pour démultiplier leur créativité bouillonnante et leur énergie trépidante, la créature qui s’extirperait du labo où aurait été menée l’expérience aurait sans doute l’accent finlandais et le débit infatigable de For The Imperium sur ce premier album.

photo de Cglaume
le 15/11/2018

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