Freitot - Freitot

Freitot - "Freitot"
chronique Freitot - Freitot

Non, vous faites fausse route: Freitot n’est ni l’anagramme de « Frottis », ni celui de « Fiérot ». Même si cette formation débute sa carrière en pratiquant un véritable examen génie-écologique (en recyclant de brillante manière des vieux de la vieille du Metal hexa-gonade), et si son premier album lui donnerait une raison tout à fait valable de se rengorger. Non, Freitot signifie « Mort libre » en Allemand – comme quoi il n’y a pas que Massacra pour incarner les bienfaits du jumelage franco-germain dans le domaine du Death croustillant.

 

Mais je mentionnais à l'instant des Grands Anciens de la scène françoise sans vous citer aucun nom. Quel taquin ce lapin! Aux commandes de ce bolide tout-terrain filant à travers les marécages du Death européen, on trouve donc un trio chic, un trio choc constitué d'Arno Strobl (Carnival in Coal, 6:33, Rock Hard, et tout plein de fiches cuisine sur Facebook), de Fabin Desgardins (Benighted), et de l’instigateur de tout ce raffut, Etienne Sarthou, plus connu pour agiter ses baguettes bien cuites au sein de la boulangerie Aqme.

 

« Arno Strobl? D’où cette pochette qui rappelle un peu celles des volumes 2 et 5 de la compil’ Combat Nasal? »

 

Ah oui tiens! Va savoir Charlélie…

 

« Bon et sinon, dis-nous: dans la bande-annonce de cette grosse production pleine de noms prestigieux, l’accent était mis sur le côté old school et les références suédoises… Dans les faits, qu’en est-il? »

 

Baignant encore dans les derniers Sentient Horror et Demonical au moment où Freitot me fut remis, le démarrage de « The Human Drawer » ne fit pas grand-chose pour m’extraire du bac à sable basaltique où je m’égayais alors. Gros riff grassouillet griffant l’humus de son groin, break bourdonnant de frelon grognon, passage à la vitesse supérieure sans shoot bourrin de blast, retour dans la ligne droite accompagné d’un growl gouleyant plein d’épais mucus (il a la santé le Arno, dis!): en fermant les yeux on aurait cru entendre les vagissements du Entombed à la saison des amours. Mais non, nos vétérans savent bien que la baignoire Swedeath déborde déjà de jeunes loups qui se chatouillent la pédale Boss HM-2 le soir au fond des bois. Ils ont donc décidé de se faire plaisir en balayant plus large, ce qu’un break bien Rock’n’Roll vient rapidement souligner, dès la barre des 1:45 franchie.

 

« On a de la bouteille, on connait nos classiques, on n’attend pas que cet album nous apporte la gloire: laissez-nous donc n'en faire qu'à notre guise les Cocos! »

 

Le message est simple et clair. Le trio tape donc un peu comme ça lui chante dans toutes les variantes du registre « Death 90s », sans s’astreindre à aucun régime particulier, mais en laissant néanmoins l’humeur du moment puiser le gros de ses riffs aux sources scandinaves du Death bourbeux, du Death mélo, mais aussi du Death groovy. Quand l’ambiance est au piétinement doomeux du pachyderme à lourde fesse, Bam, Freitot balance un « Mission » pesant, ou un « The Last Room on the Left » qui se balance de manière hypnotique. Quand la consommation d’un Mr Freeze provoque soudain l'envie de sortir de belles mélodies glacées, Bim, la lead déploie sa queue de paon en arrière-plan, au fond de « Lost in Meaning ». Quand ça manque d’arpèges délicats et d’un mouvement mélodique pendulaire, Tac, un petit « Father » et ça repart! Et puis quand l’heure est à balancer des gnons (« On a du poil sur le torse ou quoi les mecs? »), Bang, le Club des 3 dégaine le tube introductif « The Human Drawer » ou les au-revoir / défouloirs « Yoko ». Comme ça ‘y en a pour tout le monde... Et pour eux les premiers, nom de nom!

 

Bon, c'est vrai: de ce côté-ci des écouteurs, on ne sera pas 100% convaincu par « Father », qui ne déploie pas assez de puissance pour nous extraire du marasme général qui donne le ton au titre. Et puis on fera également la fine bouche sur le début retors et un peu bateau de « Love Is All Around ». Là, c’est dit. Par contre l’ambiance est quand même globalement plutôt au plaisir des sens, comme sur le très bon « The Human Drawer » déjà cité à de multiples reprises, sur toute la croustillante seconde moitié de « Love Is All Around », sur le groove lancinant de « The Last Room on the Left », sur la déflagration « Yoko », ainsi que sur la plus grosse réussite de l’album – à mon sens, aux côtés du tout premier titre –, « … And Your Enemies Closer », qui démarre tranquillou mais devient redoutable au bout d’une petite minute, notamment du fait d'un refrain bicéphale qui d’abord temporise, puis nous gicle au visage à l’occasion d’une grosse gerbe blastouillée.

 

Et je ne vous ai même pas parlé de ces petits soli délectables qui tombent en général comme des cerises sur le gâteau…

 

C’est simple: vous avez envie d'offrir à vos oreille un bon moment, détendu du caleçon mais salement tendu du son, sans prétention mais orchestré par une poignée de mercenaires jouisseurs dont le savoir-faire est mis au service d’un Death juteux comme on en faisait au siècle dernier? Pensez Freitot!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: ils s’agitent habituellement dans les sphères Nawak, Brutal Death et Metal « gentil ». Aujourd’hui ils unissent leurs forces pour raviver la mémoire du Death old-school – à la Suédoise surtout, mais pas que. Et ça marche! Alors viendez donc trempez vos bottes dans cette marmite de glaires visqueux et de mélodies ronronnantes, car sur Freitot « régressif » n’est clairement pas la contraction de « redite » et de « dépressif ».

photo de Cglaume
le 26/04/2018

2 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 26/04/2018 à 11:21:17

J'avais point vu le nom du chroniqueur. Amusant de l'avoir reconnu dès la première ligne tout de même...

cglaume

cglaume le 26/04/2018 à 12:03:22

:D

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