Fuming Mouth - The Grand Descent

Chronique CD album (33:42)

chronique Fuming Mouth - The Grand Descent

Mais, mais…? J’avais demandé une grosse part de HM-2 Parmentier tout ce qu'il y a de plus classique, moi! Depuis quand est-ce que la chose s’assaisonne avec du Core-iandre? Appelez-moi le chef, que je lui taille sa toque en bonnet d’âne!

 

Oui, c’est vrai, je suis le premier à apprécier les mélanges exotiques. Sauf que les coreries modernes de jeunes bûcherons américains, dans mon clapier, j’évite. Et puis quoi: le Swedeath ça s’apprécie sec, sans Picon, ni glaçon, ni rondelle de citron! Alors quand Fuming Mouth vient déverser dans mon casque un premier album rempli d’un gros jus deathmetallique bien baveux, façon Grave / Dismember, mais farci de tout plein de réflexes modernes – vocaux écorchés apoplectiques plutôt que growl spongieux, rythmique qui trébuche et se décale, approche chaotico-noisy –, je proteste tel un Gaston  grognon: « M’enfiiiiin!!!? ». Et pourquoi pas de l’eau dans le St Emilion pendant qu’on y est? Ils ont manifestement beaucoup trop bu à la source Relapse Records les gugusses, et pas suffisamment traîné dans la cave des Sunlight Studios! D’ailleurs tiens, voyons voir… Et voilà: Kurt Ballou aux manettes, je l'aurais parié...

 

Mais on me dit que The Grand Descent n’est pas une première, et que les Black Breath et autres Gatecreeper trempent déjà dans ce crossover bourbeux depuis quelques années déjà. Et bien entendu, ces sacrénom de Sardanapales sont Américains! Ils nous ont déjà tout encorifié salement le Melodeath suédois avec leur Metalcore mélodique, ils ne vont pas recommencer avec le Swedeath nom d’une pipe! Si? Parce qu'il en faut pour tout le monde? Mouais...

 

Non parce que d’un côté on y croit, entre ces vocaux qui vont souvent s’abîmer le larynx du côté de Martin Van Drunen, ces départs fringants pleins de D-beat qu’on se croirait aux origines du genre (cf. « Out of The Shadows »), cette basse tectonique, ces coulées basaltiques old school qui collent aux bottes (« Dead Asleep »). Sauf que le tempo et l’allure font trop souvent dans le tortillon, voire le maladif. Tiens, sur « Fatalism », ou sur « The Great Equalizer » par exemple... c'est plus pensé pour le fan de Sludge poisseux et grésillant que pour le trve marécageophile tout ça! Et quand les morceaux ne s’embourbent pas dans des rythmiques doomy, on y pêche tout plein de contre-pieds et de stridences qui parleront aux fans de Dillinger plus qu'aux adeptes de Left Hand Path. Et quand nos oreilles trempent dans la 2e moitié plombée de « Out of the Shadows », ou dans l’oppressant trip de drogué qui démarre « Burning Hand », on a l’impression de patauger sous la Valley, pas de cavaler sous l’Altar (oui, on cause Hellfest. Et pourquoi pas?). Quand on ajoute à cela 1) la sale manie de noyer de nombreux morceaux sous les larsens 2) un milieu d’album peu enthousiasmant (lourdingue « The Great Descent », raplaplats « The Great Equalizer » et « Transfigurations »…) 3) un morne « Distant Voice » qui traîne la patte en chant clair, la morve au nez, jusqu’à un final dronesque insupportable 4) un accès Opetho-gothique qui tombe comme un cheveu sur la soupe aux grumeaux, à 0:29 sur « The Spirit's Chain »… Eh bien ça donne envie d’aller écouter du Crust, tiens, pour se décharger vraiment les nerfs.

 

Alors c’est vrai que les compos groovent parfois bien du popotin (« Nothing To Bleed »). Et que « Burning Hand » s’avère plusieurs fois carrément mortel, entre une mélodie Asphyxienne irrésistible, un tour de piste de basse qui tue à 2:38, et un engluement dans les sables mouvants vers 3:28. Et puis bien sûr, ce magma de HM-2 copieusement saturé, plus quelques bonnes idées de-ci de –là, ça nous caresse dans le sens du poil. M’enfin si on n’est pas dans le trip des 2 groupes ricains cités plus haut, de Nails, de Trap Them ou des adeptes du Math-Sludge-Noise (mais si ça existe…), dur d’apprécier cette mixture à sa juste valeur. Du coup la prochaine fois, je laisserai ce type de popote aux collègues…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: du Swedeath revisité à la sauce Sludge/Core/Kurt Ballou, c’est ce que propose Fuming Mouth sur son premier album. Du pain béni pour les fans de Black Breath et Gatecreeper. Du youpi, aussi, potentiellement, pour les amateurs de Nails, Trap Them ou Dillinger. Du « Ouh yeah ! », éventuellement, pour les fans d’Asphyx, Autopsy, ou de Doom moderne – s’ils n’ont pas peur des coreries extrêmes à l’Américaine. Et du « mouaif… », guère plus, pour les lapins fans de Swedeath pur et dur…

 

 

 

 

photo de Cglaume
le 23/09/2019

3 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 24/09/2019 à 19:36:00

Comment es-tu arrivé à chroniquer ce combo, mon Lapin ? On tape dans le Crusty HxC une peu has been en 2019, là, c'est tout. Pas ta came mon rongeur d'amour...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 24/09/2019 à 19:37:25

UN peu, crotte de Caribou…

cglaume

cglaume le 24/09/2019 à 20:05:49

Y a de la HM-2 ou pas ? Voilà...

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