Funeral Oration - Eliphas Love

Chronique CD album (36:53)

chronique Funeral Oration - Eliphas Love

Il y a presque vingt-cinq ans, le jeune adulte que j'étais se rendait pour sa visite hebdomadaire à la Fnac de ma ville. En fouillant le bac des nouveautés, je tombe sur un digipak dont l'illustration représentait le détail d'une crucifixion.

Collé dessus, un sticker jaune fluo d'où émergent deux mots : "Black Metal". Quelques instants plus tard, me voici l'acquéreur de mon premier CD de ce style. Bien sûr, les premiers samplers offerts dans la presse spécialisée m'avaient déjà familiarisé avec, j'avais bien  tout en repiquant sur cassettes quelques albums, mais celui-ci était à moi, et le fait que Funeral Oration soit originaire d'Italie me conférait ce sentiment de ne pas faire comme les potes qui ne juraient que par la Norvège.  On peut dire sans hésiter que j'ai rentabilisé mon achat, ce Sursum Luna, qu'est-ce que j'ai pu l'écouter! Malgré le son dégueulasse, il y a un je-ne-sais-quoi dans les ambiances, le riffing et surtout du chant de The Old Nick. Alors, quand son label de l'époque, Avantgatde Music (un signe?), annonce le retour du groupe avec un nouvel album, mon sang ne fait qu'un tour.

 

Luca La Cara est toujours en charge des guitares, The Old Nick derrière le micro, tandis que la section rythmique a été renouvelée, Fabban étant parti re-former Aborym après la sortie de Sursum Luna. Metal Archives n'indique pas d'activité metallique pour les deux musiciens rescapés. J'étais donc plus que dubitatif dans la capacité de Funeral Oration à donner une suite à ce disque mythique pour moi.

 

Fort heureusement, les années passées n'ont pas émoussé la capacité du groupe à proposer un Black Metal de haute volée, à la personnalité forte, désormais entièrement chanté en italien. À l'abri des modes, il s'est préservé des penchants atmosphériques ou Post. La grande réussite du disque est d'avoir su conserver ce qui faisait son originalité en 1996 tout en modernisant son son. Hormis sur le début de l'instrumental "Marcia funebre", la batterie est extrêmement véloce, au service de riffs épiques en trémolo, parfois soutenus par des claviers discrets (le groupe a abandonné les nombreux intermèdes au clavecin qui entre coupaient son premier album).

 

Vingt-trois ans après, Funeral Oration n'a pas perdu son souffle épique ni sa verve et parvient à nous offrir un album majestueux d'une grande classe, prolongement moderne d'un Sursum Luna référentiel. Il y a bien longtemps qu'un album de pur BM ne m'avait pas donné envie d'appuyer de nouveau sur "Play" une fois le dernier titre terminé. Mettez ça sur compte de sa brièveté ou de la qualité de composition, le résultat est là, Eliphas Love possède un réel pouvoir hypnotique.

 

photo de Xuaterc
le 14/10/2019

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